
Le dépouillement des votes des élections législatives au Pakistan a commencé samedi 11 mai en début de soirée à l'issue d'un scrutin historique pour la consolidation démocratique marqué par une forte participation des électeurs malgré des attaques rebelles fatales à 17 personnes.
Les bureaux de vote ont fermé à 18 heures locales, soit une heure plus tard que prévu, la commission électorale (ECP) ayant prolongé le scrutin en raison de l'affluence et des retards d'ouverture dans certains endroits. La Commission a notamment annoncé que la participation avait été "énorme" au Pendjab, la plus importante province du pays. A la mi-journée, un de ses responsables l'avait déjà jugée "encourageante" au niveau national avec 30 %, en évoquant un taux final proche de 60 %, qui serait dans ce cas le plus important depuis 1977.
Trois attentats ont endeuillé l'ouverture du scrutin. Au moins huit personnes ont été blessées par l'explosion d'une bombe devant un bureau de vote réservé aux femmes à Peshawar. A Karachi, au moins 11 personnes ont été tuées et 36 blessées dans un attentat contre un candidat laïque de l'ethnie pachtoune, cible privilégiée des talibans pendant la campagne. Dans la province instable du Baloutchistan (sud-est), six personnes ont été tuées. Une troisième bombe, de puissance moyenne, a ensuite explosé à Mardan, près de Peshawar, blessant quatre personnes.
KHAN, SENSATION DE LA CAMPAGNE
Après la victoire des partis progressistes et laïques en 2008, la majorité des observateurs parient sur un retour de balancier vers le centre droit et sur la victoire de la Ligue Musulmane (PML-N) de Nawaz Sharif, magnat de l'acier issu de l'élite traditionnelle déjà deux fois élu premier ministre dans les années 1990.
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Mais le score du Pakistan Tehreek-e-Insaf (PTI, droite) du populaire Imran Khan, ex-légende nationale du cricket qui a tout au long de la campagne électrisé les foules, notamment les jeunes, alimente les spéculations. Imran Khan, sensation de la campagne, surfe de surcroît sur une vague de sympathie depuis qu'il s'est fracturé des vertèbres en chutant de plusieurs mètres lors d'un meeting cette semaine.
"Nous voulons du changement, nous n'en pouvons plus de ces vieux politiciens qui reviennent chaque fois au pouvoir et ne font rien pour le pays. Je vais voter Imran Khan car il est jeune, énergique et veut changer les choses en éliminant la corruption", a déclaré Abdul Sattar, 74 ans, venu voter malgré des difficultés à se tenir debout.
VOTE CONTROVERSÉ À KARACHI
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Le vote était particulièrement controversé à Karachi, dans la capitale économique et bouillante mégalopole du sud. La Jamaat-e-Islami (JI) et le PTI y ont notamment accusé le MQM, au pouvoir dans la ville, d'avoir "terrorisé la population et truqué le suffrage". La JI a annoncé qu'elle boycottait le scrutin à Karachi et dans plusieurs autres bastions MQM de la région.
Plus de 86 millions d'électeurs étaient appelés à voter pour choisir leurs 342 députés à l'Assemblée nationale et leurs représentants dans les quatre assemblées provinciales. Ce scrutin est considéré comme historique car il va permettre à un gouvernement civil de passer la main à un autre après avoir terminé un mandat complet de cinq ans, une première dans ce pays créé en 1947 et à l'histoire jalonnée de coups d'Etat militaires.