La compagne de Luka Karabatic, Jeny Priez, a été mise en examen mardi 2 octobre à Montpellier pour "escroquerie" et remise en liberté sous astreinte d'une caution de 13.000 euros dans l'affaire des paris sur le match de handball Cesson-Montpellier en mai, a-t-on appris de source judiciaire.
Trois parieurs, interpellés dimanche à Montpellier, ont été également été mis en examen pour "escroquerie" et "complicité d'escroquerie" à Montpellier un peu plus tôt dans la journée par les deux magistrats en charge du dossier sur un match de handball présumé truqué, a-t-on appris de source proche du dossier.
Ces trois personnes, dont les identités n'ont pas été précisées, ont été remises en liberté sous contrôle judiciaire après paiement d'une caution.
Les deux compagnes de Luka et Nikola Karabatic, arrivées vers 11 heures au palais de justice seront présentées en début d'après midi aux magistrats instructeurs, a précisé la même source.
Les deux frères arrivés, plus tard vers 12 heures chacun dans une voiture, l'un le visage caché (Nikola) et l'autre à visage découvert (Luka) doivent être présentés ensuite.
Deux autres joueurs du club héraultais, le Serbe Mladen Bojinovic et le Français Samuel Honrubia sont également arrivés au palais de justice.
Lundi, le procureur de la République de Montpellier, Brice Robin, avait précisé que dans cette affaire des paris sportifs litigieux entourant le match de Championnat de France Cesson-Montpellier du 12 mai, 18 personnes - dont neuf joueurs évoluant tous à l'époque à Montpellier - avaient été placées en garde à vue.
Les joueurs mis en cause sont Luka et Nikola Karabatic, Mickaël Robin, Primoz Prost, Samuel Honrubia, Wissem Hmam, Dragan Gajic, Mladen Bojinovic, Vid Kavticnik. Lundi soir, trois d'entre eux - Mickaël Robin, Vid Kavticnik et Wissem Hmam - ont été remis en liberté à Nanterre, tandis qu'un autre joueur héraultais, Issam Tej, a été placé en garde à vue à Montpellier.
Devant le palais de justice héraultais, les journalistes attendaient depuis 7h30 avant l'arrivée des joueurs en garde à vue depuis dimanche au service central des courses et jeux, notamment l'icône du hand français Nikola Karabatic, double champion olympique et double champion du monde.
Lors d'une conférence de presse aux accents de réquisitoire, Brice Robin a affirmé lundi que"de très fortes suspicions" pesaient "sur le non-respect de l'éthique sportive à l'occasion de ce match litigieux".
"Des liens très étroits ont été tissés entre les joueurs et leurs parieurs. Pour ceux qui doutaient d'un pacte, il y a matière à se poser des questions très légitimes", a-t-il souligné, détaillant le rôle joué notamment par les compagnes des frères Karabatic.
Selon le procureur, seule la compagne de Luka Karabatic, frère de Nikola -l'animatrice de télé Jeny Priez, interpellée dimanche- a admis devant les enquêteurs "avoir parié" pour son compagnon, à sa demande et "avec l'argent de celui-ci". Les autres suspects ont gardé le silence, réservant leurs déclarations pour les juges. Selon des avocats de joueurs, ceux-ci ont parié, bien qu'ils en aient l'interdiction, mais n'ont pas truqué le match.
"D'évidence, ils ont commis une erreur grave. Il faut qu'elle soit punie de manière exemplaire car c'est quelque chose qui n'est pas supportable", a estimé mardi au micro de "RTL" le sélectionneur de l'équipe de France, Claude Onesta, au sujet des internationaux Nikola Karabatic et Samuel Honrubia avec qui il a remporté le titre olympique cet été à Londres.
Selon une source proche du dossier, des écoutes téléphoniques auraient permis aux enquêteurs d'entendre les joueurs suspectés expliquer qu'ils avaient décidé de gagner de l'argent le 12 mai car ils étaient certains que leur équipe perdrait la rencontre, sans conséquence pour leur club déjà assuré d'être champion.
Selon "RTL", d'autres écoutes ont révélé la panique qui s'est emparée des joueurs et de leurs proches une fois que le pot-aux-roses a éclaté au grand jour.
Les paris incriminés se sont élevés à 87.880 euros et ont rapporté 252.880 euros. Des montants 40 fois supérieurs à l'ordinaire et portant "à 99,94%" sur un score défavorable à Montpellier à la pause, selon le procureur, ce qui avait alerté la Française des Jeux.
Ces paris avaient été pris dans seulement trois endroits (Montpellier, Rennes, région parisienne) et réalisés par tranches de 100 euros en liquide, ce qui permet au parieur de rester anonyme pour percevoir ses gains.
Par ailleurs, les clubs de handball de Nîmes et Istres, relégués en D2 en fin de saison dernière, joints mardi ont indiqué qu'ils n'avaient pas saisi la Ligue de handball au sujet du match Cesson-Sévigné/Montpellier.
