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Paris : une quarantaine d'interpellations lors du rassemblement pro-palestinien

 
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Paris : une quarantaine d'interpellations lors du rassemblement pro-palestinien

Le Point.fr - Publié le <time datetime="2014-07-26T15:09" itemprop="datePublished" pubdate="">26/07/2014 à 15:09</time> - Modifié le <time datetime="2014-07-26T18:20" itemprop="dateModified">26/07/2014 à 18:20    </time>lien 

Une vingtaine de personnes ont été placées en garde à vue samedi, et les forces de l'ordre ont fait usage de gaz lacrymogène place de la République.

<figure itemprop="associatedMedia" itemscope="" itemtype="http://schema.org/ImageObject">Les manifestants pro-palestiniens sont réunis à Paris pour dénoncer l'offensive israélienne sur la bande de Gaza.<figcaption>Les manifestants pro-palestiniens sont réunis à Paris pour dénoncer l'offensive israélienne sur la bande de Gaza. © Kenzo Tribouillard / AFPLE POINT.FR (SOURCE AFP)</figcaption></figure></header>

Une quarantaine de personnes au moins ont été interpellées samedi en marge de la manifestation pro-palestinienne interdite à Paris, où les forces de l'ordre ont fait usage de gaz lacrymogènes face à un groupe qui leur lançait des projectiles, a-t-on appris de source policière et constaté sur place. Des jeunes, certains cagoulés ou le visage masqué par des foulards, jetaient également divers projectiles, des pierres notamment, sur des vitrines de magasins place de la République. Un abribus a été détruit.

Vers 17 heures, une vingtaine de personnes avaient été placées garde à vue, selon un premier bilan provisoire. Alors que le défilé avait été interdit par la préfecture qui invoquait le risque de violences, quelque 5 000 personnes s'étaient rassemblées depuis 15 heures place de la République, point de départ initialement prévu du cortège, mais sans chercher à défiler. Les forces de l'ordre avaient toléré le rassemblement, sans chercher à le disperser, mais en maintenant un important dispositif de sécurité autour de la place.

Les journalistes de l'Agence France-Presse ont vu des personnes lancer des cannettes en direction des forces de l'ordre, qui ont riposté en faisant usage de gaz lacrymogènes, face à un service d'ordre du rassemblement manifestement dépassé.

Interdiction confirmée par le Conseil d'État

La justice administrative a confirmé à la mi-journée l'interdiction de la manifestation décidée par la préfecture, qui invoquait notamment les violences lors de précédents rassemblements dans la capitale. Peu après, le ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve, appelait solennellement, une ultime fois, les organisateurs à renoncer à leur initiative, avertissant qu'ils seraient tenus pour "responsables d'éventuels débordements (...) et passibles de sanctions pénales".

Mais plusieurs milliers de personnes se sont retrouvées malgré tout place de la République. La foule agitait des drapeaux palestiniens et bannières rouges du Nouveau Parti anticapitaliste (NPA), qui avait appelé à braver l'interdiction. La place était bouclée par un important dispositif des forces de l'ordre. Environ 2 000 policiers et gendarmes ont été mobilisés dans la capitale.

"Israël hors de Palestine, il est fini le temps des colonies", "Israël assassin, Hollande complice", "Israël, casse-toi, la Palestine n'est pas à toi", "nous sommes tous des Palestiniens", scandaient les manifestants. De jeunes hommes hissés sur une colonne ont activé des fumigènes aux couleurs de la Palestine et brûlé un drapeau israélien, sous des applaudissements. 

"Plus que légitime"

"Cette manifestation est illégale, mais pour nous elle est plus que légitime. Il s'agit de manifester notre solidarité avec un peuple qui est en train de se faire massacrer," renchérit Hugo, jeune militant du NPA, dont la figure emblématique Olivier Besancenot était aussi présent sur la place. "Nous voulons défendre notre point de vue. Or, on ne peut agir pour la Palestine qu'en parlant et en manifestant", assure Sarah 19 ans, autocollant "la Palestine aux Palestiniens" sur le tee-shirt.

En fin de matinée, Alain Pojolat, du NPA, s'attendait à la venue de "plusieurs milliers de personnes". "Pour nous, tout débordement aujourd'hui sera la faute à l'interdiction par la préfecture de police d'une manifestation qu'on était parfaitement à même d'organiser sereinement", a-t-il souligné.

"Haine de l'autre"

Le président François Hollande avait dit le 14 juillet qu'il n'était pas question de laisser "s'importer" en France le conflit israélo-palestinien, au lendemain de débordements près de synagogues, dans le quartier parisien de la Bastille, à l'issue d'une manifestation autorisée. Mais la ligne diplomatique de la France a été critiquée par certaines voix comme étant pro-israélienne.

Le Premier ministre Manuel Valls a en tout cas voulu adresser un message d'apaisement aux musulmans de France. Il s'est rendu vendredi soir à la mosquée d'Évry-Courcouronnes, une des plus grandes du pays, pour la rupture du jeûne du ramadan, assurant qu'il n'y avait pas "deux poids, deux mesures" à leur détriment. "Quand des casseurs se réclament d'une forme dévoyée de l'islam, ce sont les musulmans qui souffrent les premiers, car ces actes nourrissent des amalgames insupportables", a-t-il justifié. "Des manifestations s'organisent, c'est un droit fondamental ! Mais rien, jamais, ne pourra justifier la violence, la haine de l'autre."

Selon des sources policières, les forces de l'ordre avaient reçu des "consignes de fermeté" pour intervenir "très rapidement et interpeller" en cas de non-respect de l'interdiction de manifester ou de "slogans ou manifestations antisémites". Mais aucune intervention n'a été immédiatement lancée place de la République, où les manifestants restaient statiques, sans chercher à défiler. À Barbès, la police a procédé en début d'après-midi à quatre interpellations de personnes qui appelaient à participer à la manifestation interdite. 

Des restrictions à la "liberté de réunion"

De leur côté, les ONG Amnesty International et Human Rights Watch se sont toutes deux inquiétées des restrictions à la "liberté de réunion". Ailleurs en France, environ 10 000 personnes ont manifesté à Lyon. Des manifestations étaient prévues dans plusieurs grandes villes, comme chaque week-end depuis le début de l'offensive israélienne à Gaza.

En 19 jours, elle a déjà fait au moins 1 000 morts côté palestinien et 39 côté israélien. Une réunion d'acteurs internationaux s'est tenue samedi à Paris, appelant à prolonger le cessez-le-feu humanitaire entré en vigueur en début de matinée.

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