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Pas assez de femmes sur les plateaux! Indécrottable, le CSA remet le couvert

Pas assez de femmes sur les plateaux! Indécrottable, le CSA remet le couvert

 

 

 

Et revoilà le sempiternel refrain. Périodiquement, ressort de la naphtaline, la question de la place des femmes à la télévision,  un débat, exaspérant dans son procédé et sa monotonie, qui finit pas sonner musicalement menteur. Ce salmigondis d’indignations revient périodiquement à la surface. Et avec lui, des manifestes signés de doigts durillonnés par des pasionarias de la cause.

Ainsi de Sylvie-Pierre Brossolette, journaliste et nouvelle venue au CSA, qui vient de s’emparer de la question, comme d’un os à ronger. Interrogée par Le Parisien, notre consœur, chroniqueuse politique émérite passée par L’Express et le Point, part en guerre contre la sous- représentation des femmes à la télévision, – et notamment parmi les experts convoqués sur les plateaux pour y soliloquer: un univers où la testostérone aurait définitivement supplanté l’ostéogène.

 Pour cela, ce même membre du CSA s’appuie sur un chiffre : 35%. C’est-à dire le pourcentage de cette minorité visible à l’antenne. Et d’en conclure que cet état fait, insupportable, devra être corrigé. Quitte à passer par la loi et à imposer aux chaînes, des quotas, et ce de manière coercitive.

 On en reste un peu coi.

Raisonner en effet de manière strictement arithmétique, sans regarder sérieusement comment ce métier a évolué, depuis quelques années, notamment avec l’explosion d’un paysage télé atomisé, témoigne d’abord d’une méconnaissance du secteur.

Il suffit de balayer le spectre pour s’apercevoir que les jolis minois y pullulent. Démesurément même sur les chaînes d’infos, où selon des critères discutables et machistes, un bataillon de jeunes et affriolantes journalistes, aux mensurations indiscutables, squattent l’antenne.

Plaisanterie terminée, regardons la réalité. Tout a changé en quelques années au sein, des chaînes, où le talent aidant – une notion qui reste à mes yeux le seul critère à retenir- un grand nombre de signatures s’est imposé. Qu’il s’agisse de Nathalie Saint-Cricq à la tête du service politique de France 2, d’Anne Claire Coudray, récemment installée au 20 de heures sur TF1, de Natacha Polony chez Laurent Ruquier, quand Sophie Lapix, Audrey Pulvar, Laurence Ferrari, Caroline Roux, Alessandra Sublet ou Maïtena Biraben, sur France 5 et Canal+, et on oublie des dizaines d’autres, ont tour à tour imposé leur griffe.

 Au nom de quel raisonnement abscond, relevant de seules statistiques, faudrait-il renverser la table et ne plus faire du talent et de la compétence le seul critère objectif? Françoise Giroud, Michèle Cotta, Catherine Nay, Anita Hauser, Christine Clerc, Jacqueline Chabridon, Catherine Pégard, Danièle Molho, Anne Sinclair, Géraldine Muhlmann…Journaliste politique, Sylvie-Pierre Brossolette est parfaitement bien placée pour savoir que depuis 40 ans les plus grandes journalistes de ce secteur ont été des femmes. Une génération à laquelle elle appartient et dont les carrières ne se sont pas construites sur les traversins de la République, mais à la force du poignet et de leur seul talent. Naida Nakad, Marine Jacquemin, Patricia Allemonière, Catherine Gentil et j’en oublie là aussi… Depuis 20 ans les plus grands reporters de guerre, envoyées sur le front, sont des femmes. Ont-elles du faire valoir des statistiques pour s’imposer? Ou ont-elles simplement du talent et du courage ?   

 Combien de consœurs ne méritent pas leur carte de presse ! Et combien de confrères sont la honte de ce métier! Le journaliste n’est pas affaire de laborantins et de recettes quantifiées. Et c’est toute la richesse de ce métier, que de laisser s’épanouir les meilleurs. Comme d’écarter les plus médiocres: homme ou femme.

 Après avoir maladroitement tancé France 2, pour la diffusion, amplement justifiée, d’images difficiles sur le conflit malien, – sans lesquelles, ce reportage n’aurait eu aucun sens-, le CSA viendrait maintenant s’immiscer dans l’organisation de ses rédactions? Jusqu’à imaginer le casting des experts habilités à venir sur les plateaux de télés, selon leur sexe. Et en fonction de savants calculs d’apothicaires, qui donneraient aux femmes une prime, au nom d’une discrimination supposée! Laissons aux chaînes, aux journalistes et à leurs responsables, la liberté de choix. Et aux femmes la liberté d’organiser leurs destins et carrières.       

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