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Petroplus: avec cinq offres de reprise, les salariés gardent espoir

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Petroplus: avec cinq offres de reprise, les salariés gardent espoir
Créé le 06-02-2013 à 08h25 - Mis à jour à 14h55    lien
 

Les 470 salariés de Petroplus à Petit-Couronne (Seine-Maritime) attendent avec impatience de connaître les détails des cinq offres de reprise de leur raffinerie en difficulté qui leur seront présentées mercredi après-midi.
(c) Afp

Les 470 salariés de Petroplus à Petit-Couronne (Seine-Maritime) attendent avec impatience de connaître les détails des cinq offres de reprise de leur raffinerie en difficulté qui leur seront présentées mercredi après-midi. (c) Afp

ROUEN (AFP) - Les 470 salariés de Petroplus à Petit-Couronne (Seine-Maritime) attendent avec impatience de connaître les détails des cinq offres de reprise de leur raffinerie en difficulté qui leur seront présentées mercredi après-midi.

Le ministère du Redressement productif Arnaud Montebourg a annoncé mardi que cinq offres avaient été déposées auprès de l'administrateur judiciaire, dont deux "paraissent sérieuses et financées".

Les salariés de la raffinerie reprennent ainsi espoir, le porte-parole de l'intersyndicale CGT-CFDT-CFE/CGC, Yvon Scornet, précisant même à l'AFP qu'il y a "plus que deux offres sérieuses".

Le syndicaliste CGT se voulait toutefois prudent. "On nous donnait pour mort il y a deux jours. Maintenant on est vivant. Mais on n'est pas sauvé", a-t-il dit.

Avant le début d'un comité d'établissement prévu à 14H30 avec l'administrateur judiciaire, les salariés se sont réunis devant la raffinerie pour un point d'information de l'intersyndicale, qui sera reçue vendredi au ministère de l'Energie pour négocier une participation de Shell, l'opérateur historique, à une reprise, a annoncé Nicolas Vincent, représentant de la CGT à Petroplus.

"Tant que le tribunal n'aura pas choisi un repreneur, je ne serai pas complètement rassuré", a affirmé à l'AFP José, 52 ans. "Comme le dit Yvon (Scornet), on a eu tellement de montagnes russes...".

"On attend d'en savoir plus", renchérit Stéphane Debarie, 50 ans, dont 34 sur le site. "On reste prudents. Un des points positifs, c'est l'engagement de l'Etat avec le Fonds stratégique d'investissement. Et puis, il y a un repreneur qui a pignon sur rue, l'Egyptien. Mais on arrive au bout de notre trésorerie et le contrat avec Shell est terminé", note-t-il.

Selon M. Scornet, le tribunal de commerce devrait dire d'ici la fin de la semaine s'il programme une audience pour examiner les offres. Le greffe a indiqué à l'AFP mercredi matin qu'aucune date n'était encore fixée.

L'espoir des salariés est nourri par l'engagement du gouvernement via Arnaud Montebourg mardi sur RTL de participer "de façon minoritaire" à une reprise, même si le Premier ministre Jean-Marc Ayrault a insisté sur le fait que l'Etat ne s'engagerait qu'à condition qu'il y ait une "offre crédible".

Pour le PS, il s'agit d'un "acte fort de volontarisme industriel", "parce qu'il s'agit d'activité stratégique - le raffinage et l'indépendance énergétique de la France".

Des gens qui connaissent l'industrie

L'offre la plus médiatisée est celle de l'égyptien Arabiyya Lel Istithmaraat, qui "a souhaité que l'Etat participe à concurrence de 20 ou 25% maximum au capital social tout en assurant que "l'offre sera maintenue si l'Etat refuse".

C'est ce qu'a indiqué son représentant en France, Michel Billard de la Motte, sur Europe 1 mercredi matin. L'Egyptien promet un investissement "certainement au-delà de 100 millions d'euros".

D'après Nicolas Vincent, interrogé mardi par France 3 Haute Normandie, le gouvernement est prêt à engager le Fonds stratégique d'investissement (FSI) au côté de l'Egyptien dans la reprise de Petroplus.

La deuxième offre considérée comme sérieuse par le ministère du Redressement productif est celle du Suisse Terrae. M. Scornet a toutefois indiqué mercredi avoir été surpris mardi de leur présence car il n'avait plus eu de contact avec eux "depuis un mois et demi". "Ce sont des gens qui connaissent l'industrie", a-t-il estimé.

Une troisième proposition est considérée comme sérieuse aux yeux de l'intersyndicale: celle du libyen Murzuk basé dans la ville du même nom dans le sud de la Libye. "Je les ai au téléphone tous les jours", a indiqué M. Scornet.

Mardi matin sur RTL, le ministre du Redressement productif Arnaud Montebourg l'avait qualifiée de "piste sérieuse" mais le soir le ministère ne l'avait pas citée parmi les offres "sérieuses et financées".

Quatrième proposition: NetOil, basé à Dubaï et contrôlé par l'homme d'affaires libano-américain Roger Tamraz, qui selon M. Scornet, garantit l'emploi comme l'Egyptien et le Libyen.

Enfin, selon l'intersyndicale, un groupe nigérian FJ Energy a également déposé une offre.

Outre ces cinq propositions de rachat, M. Scornet a également évoqué une sixième proposition émanant d'une société française baptisée Damana pol et qui propose de se mettre à disposition de tous les autres dossiers de rachat pour une contribution au financement via un "investissement salarial ou populaire".

Ouvert en 1929, le site de Petit-Couronne est menacé depuis plus d'un an : dans la foulée de l'effondrement de sa maison mère Petroplus, la raffinerie a déposé son bilan le 24 janvier 2012. Elle a été placée en liquidation judiciaire le 16 octobre. La poursuite de l'activité est prévue jusqu'au 16 avril.

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