"Le plan ne va pas assez loin dans la sécurisation de l'emploi", commente Frédéric Dijoux, délégué CFDT chez Renault. Comme lui, les syndicalistes ne montrent pas un grand enthousiasme après l'annonce du plan pour l'automobile présenté mercredi par le gouvernement. "Le législateur doit mettre en place des instruments de sécurisation pour que la filière fasse un tout et pas que des silos isolés. Le gouvernement doit être plus ambitieux pour arrêter l'hémorragie de l'emploi", poursuit Frédéric Dijoux.
"Le plan est insuffisant. Il faut des mesures d'urgence. L'hybride, c'est bien gentil mais demain sera trop tard", a estimé pour sa part le secrétaire général de la CFE-CGC, Bernard Van Craeynest. "On ne peut pas se permettre de réduire encore la production car on risque de passer sous le seuil critique et cela risque de faire disparaître des sous traitants de manière irrémédiable. Il faut des mesures pour accélérer l'innovation et la recherche. L'argent mis sur la table n'est pas suffisant".
Les syndicalistes de PSA sont, eux, plus amères. "Montebourg pour résoudre nos problèmes nous propose des mesures bidons. Et Varin est un vendeur de rêves. Quand va se faire la réindustrialisation ?" s'interroge Tania Susset, de SIA PSA. "Le plan est écœurant et indécent. Le gouvernement ne met sur la table que des soutiens aux patrons, il n'y a rien de concret pour les salariés. L'interdiction de licencier, c'est cela qu'il fallait imposer", ajoute Jean-Pierre Mercier, de la CGT du constructeur automobile.
"Une goutte d'eau" pour les ONG
Les associations environnementales, elles, ne sont pas plus satisfaites. "Vu la part dérisoire des voitures électriques en France, on doute de son efficacité", a estimé Sébastien Blavier, en charge des questions climat à Greenpeace. "Ce n'est pas ça qui va limiter les émissions de CO2".
Les véhicules électriques et hybrides restent marginaux en France: ils ont représenté 1,2% des immatriculations (dont 0,2% pour l'électrique) pour les six premiers mois de 2012 contre 0,6% sur la même période en 2011, selon les données du Comité des constructeurs Français d'automobiles (CCFA). "Le très fort accent mis sur les véhicules électriques ou hybrides semble disproportionné et n'est qu'une goutte d'eau face aux réels enjeux de la transition énergétique dans les transports", ont estimé dans un communiqué Greenpeace, le Réseau action climat (RAC-France) et Agir pour l'environnement.
De plus, la volonté gouvernementale de renforcer le bonus malus des véhicules thermiques basé sur les émissions de CO2 revient à encourager les véhicules diesel qui émettent moins de CO2 que les véhicules à essence, selon les ONG. Ce qui constitue "une erreur stratégique", selon Sébastien Blavier, en raison de l'impact sur la santé des particules fines émises par le diesel.
Globalement, le plan gouvernemental est "insuffisant en qui concerne l'efficacité des véhicules", regrettent les trois associations, qui estiment qu'améliorer l'efficacité énergétique des véhicules thermiques est la meilleure voie pour accroître les exportations et relancer la filière française.




