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Poutine remet de l'ordre en nommant un technocrate aux Finances

Poutine remet de l'ordre en nommant un technocrate aux Finances

Anton Silouanov remplace son ancien patron Alexeï KoudrineKoudrine dit être parti en raison d'un désaccord politiqueLes économistes craignent des dépenses supplémentaires (Actualisé avec détails sur Silouanov, communiqué de Koudrine)

Le Premier ministre russe, Vladimir Poutine, a nommé mardi un technocrate au ministère des Finances, mettant fin à la période de flottement qui a suivi son annonce d'une candidature à l'élection présidentielle en 2012.
Anton Silouanov, l'un des sept vice-ministres des Finances et cadre du ministère depuis deux décennies, remplace son ancien patron Alexeï Koudrine, sacrifié lundi par Vladimir Poutine.
Le président Dmitri Medvedev a demandé la démission de celui qui contestait le projet du duo de l'exécutif de s'échanger les responsabilités l'an prochain.

Mais Alexeï Koudrine dit être parti en raison d'un désaccord sur la politique économique du gouvernement et a révélé avoir présdenté sa démission une première fois en février.
Anton Silouanov, 48 ans, n'assurera probablement qu'un intérim de six mois et sa première mission sera de présenter devant la Douma le budget préparé par son prédécesseur.
"C'est un bon spécialiste et sa candidature a évidemment été choisie avec Dmitri Anatolievitch Medvedev. C'est une décision commune", a dit Poutine lors d'une réunion gouvernementale.


Le Premier ministre a précisé que le premier vice-Premier ministre Igor Chouvalov récupérerait le poste de vice-Premier ministre chargé des questions économiques.
Anton Silouanov ne jouit pas du crédit international que s'était construit Alexeï Koudrine depuis onze ans. Au ministère des Finances, il supervisait les budgets des 83 régions russes et les aides aux régions.


PREMIÈRE DÉMISSION EN FÉVRIER
Le plus grand pays du monde a dorénavant un président qui apparaît comme un homme de paille, un ministre des Finances inconnu et un Premier ministre confronté à des élections législatives et présidentielle dans les six mois. L'élection de Vladimir Poutine en mars prochain fait cependant peu de doutes.
Vladimir Poutine, 58 ans, souhaitait mettre fin à l'incertitude politique en annonçant samedi qu'il briguerait un troisième mandat présidentiel et ferait de Dmitri Medvedev son Premier ministre et le chef de file du parti au pouvoir, Russie unie, lors des législatives du 4 décembre.
La première conséquence a pourtant été le conflit au grand jour entre Medvedev et Koudrine, ce dernier affirmant qu'il ne participerait pas à un gouvernement dirigé par l'actuel président.
La démission de Koudrine, réclamée par Medvedev, était censée ressouder la majorité autour du projet de Poutine et mettre en garde les autres cadres tentés par la critique.
Mais elle accroît l'incertitude sur l'économie, soulignent les spécialistes, qui craignent des dépenses supplémentaires à l'approche des élections, maintenant que ce tenant de la rigueur budgétaire est parti.
Les finances publiques russes sont déjà très dépendantes des prix du pétrole. Les revenus de l'énergie constituent la moitié des ressources de l'Etat.

Alexeï Koudrine a dit mardi dans un communiqué avoir déjà proposé de démissionner en février. "Ces derniers mois, malgré mes objections répétées, certaines faites en public, des décisions ont été prises en matière budgétaire qui ont sans aucun doute augmenté les risques" pour l'équilibre financier du pays, a-t-il dit.


"CHANGEMENTS TECTONIQUES"
L'oligarque Mikhail Prokorov, qui a quitté ce mois-ci la tête d'un petit parti en dénonçant les manoeuvres du Kremlin, affirme que Vladimir Poutine est actuellement critiqué en coulisses par les milieux politique et économique.
"Il est clair que la raison de la démission de M. Koudrine n'est pas un conflit personnel avec le président mais un conflit de conception, d'idée sur le futur du pays", écrit-il sur son blog.
"Je pense que nous sommes à l'aube de changements très importants, peut-être tectoniques dans la conscience des élites, y compris les élites dirigeantes", poursuit l'oligarque.


Medvedev et Poutine dirigent la Russie en tandem depuis que l'ancien président a dû renoncer au Kremlin en raison de la limite constitutionnelle de deux mandats consécutifs.
Vladimir Poutine est cependant le véritable homme fort du duo et pourrait diriger le pays jusqu'en 2024 s'il remporte à nouveaux deux élections présidentielles consécutives. Le mandat présidentiel est désormais de six ans.

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