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16.05.2012 22:45
Ratko Mladic, 70 ans, "a pris en main le nettoyage ethnique de la Bosnie", a affirmé Dermot Groome, représentant du bureau du procureur du Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie (TPIY), lors de sa déclaration liminaire: "Il a pleinement participé à une entreprise criminelle qui était en marche".
Cartes démographiques à l'appui, l'une datant d'avant la guerre de Bosnie (1992-1995) et l'autre d'après la guerre, Dermot Groome a décrit comment de nombreuses municipalités ethniquement mixtes ou à majorité musulmane étaient devenues serbes suite à la campagne de "nettoyage ethnique" dont il a décrit les "objectifs stratégiques".
"Le premier objectif était de séparer les Serbes des deux autres communautés nationales", les musulmans et les Croates, a assuré Dermot Groome, décrivant notamment comment un jeune garçon avait vu son père et son oncle tués lors de la guerre. "Des milliers de familles ont été forcées de quitter leurs terres", a-t-il ajouté.
Ratko Mladic et Radovan Karadzic sont accusés des mêmes crimes à La Haye. [Ranko Cukovic/Files - Reuters] Arrêté le 26 mai 2011 en Serbie après avoir échappé pendant seize ans à la justice internationale, Ratko Mladic, âgé de 70 ans, est accusé de crimes commis par ses troupes lors de la guerre de Bosnie, qui avait fait 100'000 morts et 2,2 millions de déplacés entre 1992 et 1995.
Ratko Mladic rejette ces accusations "monstrueuses". "Le monde entier sait qui je suis", avait-il lancé lors d'une audition l'année dernière. "Je suis le général Ratko Mladic, j'ai défendu mon peuple, mon pays, maintenant je me défends moi-même."
Ratko Mladic, qui plaide non coupable et encourt la prison à vie, doit notamment répondre du massacre de Srebrenica en juillet 1995, lors duquel près de 8000 hommes et garçons musulmans avaient été tués par les forces serbes de Bosnie, le pire massacre en Europe depuis la Seconde Guerre mondiale.
Une vingtaine de mères et veuves d'hommes et garçons tués à Srebrenica ont fait le déplacement à La Haye et se sont rassemblées devant le TPIY peu avant le début de l'audience, qualifiant Ratko Mladic de "boucher" et de "mal incarné".
Ratko Mladic est également poursuivi pour son rôle dans le siège de Sarajevo, au cours duquel 10'000 civils avaient été tués.
agences/vtom/mre