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Première tournée marathon pour le nouveau secrétaire d'État John Kerry

Dernière modification : 24/02/2013 lien
Première tournée marathon pour le nouveau secrétaire d'État John Kerry
Première tournée marathon pour le nouveau secrétaire d'État John Kerry
© AFP

Le nouveau secrétaire d'État américain John Kerry est attendu dimanche à Londres où il entamera une tournée marathon qui doit durer jusqu'au 6 mars. Le diplomate se rendra à Berlin, Paris, Rome, Ankara, Le Caire, Riyad, Abu Dhabi et Doha.

Par Dépêche (texte)
 

John Kerry entame dimanche son premier déplacement officiel à l'étranger depuis sa
nomination à la tête de la diplomatie américaine, un voyage placé sous le signe de l'écoute mais où ses interlocuteurs attendent ses idées sur la Syrie, l'Iran et le conflit israélo-palestinien.

Le secrétaire d'Etat atterrira dans la journée à Londres, première étape d'une tournée de 11 jours, qui le mènera dans diverses capitales européennes (Paris, Berlin, Rome) ainsi que de l'autre côté de la Méditerranée à Ankara et au Caire, et dans les pays du Golfe (Riyad, Abou Dhabi et Doha). Son retour aux Etats-Unis est prévu le 6 mars.

Nommé officiellement au secrétariat d'Etat au début du mois, John Kerry est bien connu hors des Etats-Unis. Ancien candidat démocrate à l'élection présidentielle de 2004, il a passé 28 années à la commission des affaires étrangères du Sénat
américain dont les quatre dernières à sa présidence.

A Rome, John Kerry rencontrera des membres de l'opposition syrienne ainsi que les représentants des pays qui les soutiennent, alors que le soulèvement contre le président Bachar al Assad entrera le mois prochain dans sa troisième année.

La Coalition nationale syrienne (CNS) s'est montrée désireuse de négocier un accord de paix pour mettre fin à une guerre civile qui a fait près de 70.000 morts mais veut que le chef de l'Etat démissionne et ne soit pas partie à un règlement quel qu'il soit.

Le président américain Barack Obama a limité l'intervention des Etats-Unis dans ce dossier à une aide non létale aux rebelles qui sont médiocrement armés par rapport à l'armée syrienne ou aux milices loyalistes, malgré les armes qu'ils reçoivent du Qatar ou d'Arabie saoudite.

Pour Jon Alterman du Center for Strategic and International Studies (CSIS), il y a peu de signes que les Etats-Unis soient sur le point de révéler un changement d'approche sur la Syrie.

Comprendre

"J'ai du mal à imaginer que c'est le moment d'innover stratégiquement pour les Etats-Unis sur ce dossier alors qu'il (Kerry) n'a toujours pas d'homologue au département de la Défense et que le nouveau gouvernement est toujours en cours de
constitution", commente Jon Alterman.

Malgré le soutien de Barack Obama, la nomination de Chuck Hagel au poste de secrétaire à la Défense pour succéder à Leon Panetta n'est toujours pas entérinée.

Pour Jon Alterman, il n'y a "pas d'indice d'une nouvelle stratégie mais des signes qu'il (Kerry) veut être impliqué et comprendre quelles sont les alternatives pour faire bouger les choses dans une direction différente".

Le premier voyage officiel de John Kerry coïncide avec la réunion que doivent tenir mardi au Kazakhstan les représentants des Six, les six pays (Etats-Unis, Royaume-Uni, Chine, France, Allemagne et Russie) qui négocient avec l'Iran pour tenter de convaincre Téhéran de réduire son programme nucléaire controversé.

L'Iran est soupçonné par les Etats-Unis et ses alliés de se servir de son programme nucléaire civil pour couvrir le développement d'armes atomiques. Cette éventualité est
considérée par Israël, officiellement seule puissance nucléaire de la région, comme une menace existentielle.

L'Iran affirme que son programme n'est qu'à visées civiles, comme la génération d'électricité ou la fabrication d'isotopes dans le domaine médical.

Selon Bruce Riedel du cercle de réflexion Brookings Institution, le roi Abdallah d'Arabie saoudite estime que c'est plutôt à lui d'écouter ce que John Kerry a à dire, en particulier sur l'Iran et le conflit israélo-palestinien.

"Le secrétaire (d'Etat) a la dure tâche de vendre comme quelque chose de neuf (...) une politique étrangère plutôt bien établie", estime Bruce Riedel.

"On ne s'attend pas vraiment à ce qu'il puisse sortir le conflit israélo-palestinien de l'impasse, obtenir de l'Iran qu'il renonce à son programme d'armement nucléaire et renverse le président Bachar al Assad", ajoute-t-il. "Les Saoudiens comprendront que Kerry essaie de mettre un nouveau visage sur une politique qui est maintenant bien connue mais ils rechercheront ce qui est nouveau."

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