La tension est en effet à son comble dans le pays ravagé par la guerre. Mi-mars, les talibans ont en effet appelé à perturber le scrutin. Ces dernières semaines, les extrémistes ont semé la terreur en multipliant les attaques. Il y une dizaine de jours le Serena, hôtel de luxe central de Kaboul, qui était la cible d'une violente attaque. Neuf personnes, ont trouvé la mort, dont un journaliste de l'AFP.
L'objectif pour les islamistes «étudiants» : dissuader les électeurs de se rendre aux urnes. «Nous avons ordonné à tous nos moudjahidines (combattants, ndlr) d'utiliser toutes les forces à leur disposition pour perturber cette élection fantoche», déclaraient les talibans dans un communiqué diffusé sur leur site internet mi-mars. Les rebelles prévenaient également qu'ils viseraient tous les «militants» et «travailleurs».
Aucune violence signalée pour l'heure
Le chef de l'Etat a voté peu avant 8 heures, heure locale, (5 h 30) ce samedi dans une école de Kaboul, la capitale afghane. Contrairement à la dernière élection présidentielle de ce pays de 28 millions d'habitants, en 2009, aucune violence n'était signalée une heure après l'ouverture des bureaux de vote.
«Nous vivons un jour important pour notre futur, pour le futur de notre pays», a solennellement souligné Hamid Karzaï. «J'appelle le peuple afghan à se rendre dans les bureaux de vote, malgré la pluie, le froid et les menaces des ennemis (...) pour permettre à ce pays de franchir une nouvelle étape sur la voie de la réussite», a martelé l'actuel Chef de l'Etat. Plusieurs Afghans sont décidés à défier les talibans, comme le souligne Edouard Guihaire, journaliste de l'AFP à Kaboul.
Autre que la menace talibane qui pèse sur cette élection indécise, les observateurs craignent également les fraudes et l'abstention, qui avaient été très importantes lors de la précédente présidentielle, en 2009.
Huit candidats en lice pour la présidence
Hamid Karzaï se retire après dix ans à la tête du pays. Le président Afghan règne en effet sur la scène politique depuis 2001, soit la chute du pouvoir taliban. Parmi les huit candidats à sa succession, on compte trois anciens ministres du président, qui se sont imposés comme favoris :Zalmai Rassoul considéré comme le candidat du pouvoir sortant, Ashraf Ghani, un économiste réputé, et Abdullah Abdullah, opposant arrivé en seconde position lors de la présidentielle de 2009. En lice également, Abdul Rasul Sayyaf, Pachtoune réputé très proche de l'Arabie saoudite, l'un des plus célèbres chefs de guerre afghans.
Les quatre derniers candidats sont Gul Agha Shirzai, homme d'affaires, ancien gouverneur et chef de guerre, Hedayat Amin Arsala, ancien conseiller du président Karzaï, Qutbuddin Helal, conservateur et Daoud Sultanzoy, ancien parlementaire.
Les résultats préliminaires de ce premier tour seront connus le 24 avril prochain, avant un possible deuxième tour le 28 mai. Le départ d'Hamid Karzaï augure un changement pour l'Afghanistan. Il s'accompagne d'un retrait progressif des forces de l'Otan (d'ici fin 2014).
VIDEO. Les ânes transportent du matériel de vote

