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Procès à Oslo : Breivik planifiait trois attentats à la bombe

Amel Brahmi, avec AFP | Publié le 19.04.2012, 09h44 | Mise à jour : 14h14

Oslo (Norvège), jeudi. Au quatrième jour de son procès, Anders Behring Breivik a renoncé à son salut extrémiste.

Oslo (Norvège), jeudi. Au quatrième jour de son procès, Anders Behring Breivik a renoncé à son salut extrémiste. | AFP/DANIEL SANNUM LAUTEN
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Au quatrième jour de son procès, les déclarations d'Anders Behring Breivik sont sans cesse plus effrayantes et provocantes. Jugé pour le massacre de 77 personnes l'été dernier en Norvège, il a révélé jeudi que son objectif initial était de perpétrer une série d' : «Le plan, c'était trois voitures piégées suivies d'une fusillade», a-t-il déclaré.

Alors qu'il expose son idéologie en puisant des références historiques inattendues dans l'encyclopédie en ligne Wikipédia, les psychiatres présents dans la salle d'audience prennent des notes sans interruption. Il apporte des éclaircissements sur le but de son fameux manifeste, qu'il a lu longuement mardi. Il souhaitait « réconcilier» diverses théories : le national conservatisme, le national socialisme et une «Christianité militiante». Des éclaircissement également sur 2083, date de sa «déclaration d'indépendance pour l'Europe». Cette année larquera le 400e anniversaire de la défaite des Turcs aux portes de Vienne en 1683, une bataille qui arrêta l'expansion de l'empire Ottoman sur la vallée du Danube.


Éclaircissements historiques
Selon un journaliste britannique du Telegraph, l'événement qui marquerait le mieux le recul de l'empire Ottoman en Europe est la bataille de Lépante en 1571, où l'armée Ottomane essuie une lourde défaite, la toute première, contre l'Espagne et l'Italie. L'année marque le début de la fin de la domination de cet empire sur la région.
On peut également citer la bataille de Navarin, en 1827, où la
, le Royaume-Uni,et la Russie attaquent l'armée ottomane pour défendre la Grèce, sous domination turque depuis quelques années. Cette victoire conduit à la création du royaume de Grèce. Elle marque le recul définitif de l'empire Ottoman en Europe et le début de la suprématie européenne dans la région.

 
Douze ans de préparation

Le tueur, qui ambitionne de s'imposer dans ce procès comme un philosophe politique, provoque l'exaspération du procureur. Après avoir présenté son propre manifeste, Breivik explique qu'il n'est pas totalement d'accord avec la totalité de son contenu. «Vous avez tué 77 personnes au nom de ce manifeste et vous nous dites que vous n'en approuvez pas la totalité ?» lance le magistrat, irrité.

Breivik révèle qu'il a préparé son attaque pendant douze ans. Il a décidé de passer à l'action à l'âge de 20 ans, en 1999, mais a mis sept ans à identifier une cible précise. En 2006, il a commencé à viser le quartier du
, à Oslo, pour finalement agir cinq ans plus tard. 

Il s'en prend de façon répétée aux psychiatres. Un «conte de fées», une «fiction» : c'est ainsi qu'il décrit le rapport rendu par deux d'entre eux, statuant qu'il n'était pas sain d'esprit.

Pas de salut d'extrême-droite

A l'ouverture de cette quatrième journée d'audience, Anders Behring Breivik, s'est abstenu de faire son salut extrémiste. Mercredi, son avocat Geir Lippestad avait annoncé qu'il lui demanderait de renoncer à ce geste - bras droit tendu, poing fermé - jugé provocateur par les familles des victimes et les survivants. «On a le sentiment d'être piétiné, avait déclaré Trond Blattmann, président du Groupe de soutien aux victimes. Ce salut illustre un total manque de respect pour les victimes et leurs proches».

Avant de rejoindre sa place, Breivik s'est entretenu quelques instants avec les membres de sa défense. Une fois ses menottes retirées, il est resté debout, s'attirant un rappel à l'ordre de la juge. Il s'est alors assis dans le box des témoins sous les objectifs des caméras sans répéter son salut. Il a ensuite continué à répondre aux questions de l'accusation, abordant la période de sa vie, en 2006, où il a commencé à s'isoler pour pouvoir préparer ses attaques.
Dans le manifeste idéologique diffusé juste avant les attaques le 22 juillet 2011, l'extrémiste de droite de 33 ans explique que ce geste représente «la force, l'honneur et le défi aux tyrans marxistes en Europe».

«La peine de mort plutôt que 21 ans de prison»

Le principal point d'interrogation du procès porte sur la santé mentale. S'il est déclaré pénalement responsable, Breivik encourt 21 ans de prison. Cette peine peut être prolongée indéfiniment s'il reste considéré comme une menace à l'issue de cette période. Si les cinq juges du tribunal d'Oslo le déclarent irresponsable dans leur jugement attendu en juillet, il risque l'internement psychiatrique, potentiellement à vie.

Le 22 juillet, Breivik avait fait exploser une bombe au pied de la tour qui abrite les bureaux du Premier ministre travailliste, absent à ce moment-là. Huit personnes avaient été tuées. Ensuite, déguisé en policier, il avait froidement tiré pendant plus d'une heure sur des membres de la Jeunesse travailliste réunis en camp d'été sur l'île d'Utoya, près d'Oslo, faisant 69 autres victimes, essentiellement des adolescents.

Une sanction de 21 ans de prison est «pathétique, ridicule» a déclaré Breivik mercredi. Le tueur a déclaré qu'il respecterait néanmoins une décision telle que la peine de mort.


VIDEO. La dure épreuve des survivants de la tuerie
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AUDIO. Un rescapé soulagé de le voir jugé

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Une sympathisante de Brevik empêchée d'entrer
Une sympathisante allemande d'Anders Behring Breivik a été expulsée de Norvège après avoir tenté de pénétrer dans le palais de justice d'Oslo au premier jour du procès. La jeune femme, dont l'identité n'est pas révélée, n'a pas pu passer les contrôles de sécurité. Après 24 heures en détention, elle a été reconduite à l'aéroport mardi et renvoyée en Allemagne, a indiqué l'officier de police Jan Kvarme à la chaîne de télévision TV2.
La sympathisante, interviewée par TV2 alors qu'elle faisait la queue devant le palais de justice lundi, disait avoir promis à Breivik d'assister à son procès pendant deux semaines. Elle avait confirmé avoir échangé des lettres avec lui. Elle disait être arrivée à Oslo dimanche et être de Stuttgart.
«Après avoir effectué des vérification avec des autorités étrangères, nous avons reçu la confirmation que cette femme avait été condamnée à plusieurs reprises pour troubles à l'ordre public dans son pays, a précisé Jan Kvarme. Nous avons donc décidé qu'elle était indésirable dans le pays». «Nous n'avons aucune information laissant penser qu'elle est bien sa petite amie», a précisé l'officier de police, répondant à des rumeurs. Selon un militant antiraciste qui surveille les entrées du palais de justice depuis lundi, quelques extrémistes de droite norvégiens ont été repérés entrant dans le palais de justice pour assister aux audiences, dans les places réservées au public.

LeParisien.fr

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