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Eric Woerth. AFP<aside class="inside-art" id="js-article-inside-art"><section class="obs-article-brelated">
Pour Eric Woerth, l'affaire Bettencourt est terminée. L'ancien ministre du budget de Nicolas Sarkozy et trésorier de sa campagne a été relaxé ce jeudi 28 mai dans les deux volets de l'affaire Bettencourt dans lesquels il était poursuivi : le dossier de trafic d'influence dans lequel il lui était reproché d'avoir accordé la légion d'honneur à Patrice de De Maistre en échange de l'embauche de sa femme Florence. Et le dossier d'abus de faiblesse – le volet principal de l'affaire – dans lequel il était soupçonné d'avoir en février 2007 touché 50.000 euros de Liliane Bettencourt par l'intermédiaire de Patrice de Maistre. Cette remise d'argent présumée avait été dénoncée par l'ancienne comptable Claire Thibout. Il s'agit de l'enveloppe qui a tant fait scandale dans l'affaire.
La relaxe d'Eric Woerth pour trafic d'influence est détaillée en 20 pages de jugement. Sa relaxe dans le volet principal d'abus de faiblesse tient quant à elle en 4 pages très motivées. Les juges bordelais ont tenu à porter clairement sur le papier les raisons de leur décision.
Les magistrats soulignent d'abord que l'ancien ministre était poursuivi "pour l'infraction de recel sans que ne soit visée l'infraction d'origine reprochée à patrice de Maistre", que les deux hommes ont toujours "contesté avoir reçu des sommes d'argents en espèces" et que les enquêtes judiciaires "n'ont pas permis de découvrir ces remises"… Suit le long détail des rendez-vous entre les deux hommes et un argument de poids soulevé par la défense d'Eric Woerth : "la somme n'a pas pu provenir du compte [sur lequel Claire Thibout avait l'accréditation] puisque le livre de caisse" montre que le solde ne le permettait pas.
Le jugement, cependant, expose crument les parts d'ombre :
Les juges s'étonnent sur plusieurs points :
Conclusion claire sur les faits :
Conclusion claire sur les conséquences juridiques :
Les juges soulignent par ailleurs qu'il n'est pas possible de retenir le délit de recel de blanchiment de fraude fiscale.
Ils glissent au passage que la bonne qualification, si délit il y avait eu, aurait été "recel de financement illicite de parti politique". Mais un non-lieu pour cause de prescription a été rendu en 2013 dans ce volet très politique. "Dès lors, envisager une telle requalification n'est pas juridiquement possible".
"Une relaxe doit être prononcée", concluent le président Denis Roucou et ses assesseurs Anne-Marie Vollette et Sylvia Pons. "Ce que nous disions est consacré par l’œuvre de la justice, et dans les deux dossiers", s’est félicité Jean-Yves Le Borgne, l’avocat d’Eric Woerth, ajoutant que "c’est un long parcours judiciaire qui se termine" pour son client.
Mathieu Delahousse