Suivi quotidien, flash d'actualités touchant l'économie,culture,environnement, société, politique,poésie, l'international.
jeudi 17.05.2012, 05:03 - La Voix du Nord
La lutte des ex-Samsonite, voilà « un combat très symbolique, exemplaire » et accessoirement une belle accroche pour un Jean-Luc Mélenchon en quête d'une légitimité locale à l'approche des législatives. ...
Sur invitation des anciens salariés du site Samsonite d'Hénin-Beaumont, le candidat Front de gauche de la 11e circonscription du Pas-de-Calais s'est rendu hier à la quatrième audience du procès en appel des repreneurs de l'usine. Un dossier qui, selon lui, incarne « le poison mortel que le capitalisme financier s'injecte à lui-même (...). C'est toujours la même histoire : il faut combattre les corrompus mais aussi chasser les corrupteurs. On juge les repreneurs, les exécuteurs de basses oeuvres qui ont pris leur part, mais jamais ceux qui sont derrière. »
Comme annoncé, une trentaine d'anciens salariés avaient fait le voyage en bus depuis Rouvroy. Devant les micros et les caméras, ils ont dit leur joie de voir ce soutien de poids : « On a peur d'être oublié, que la justice se passe sans nous, confie Annie. À part le maire de Rouvroy, on n'a pas eu tellement de soutiens des politiques, alors avoir celui Jean-Luc Mélenchon, c'est une très bonne chose... » Après avoir attendu plus d'une heure les anciens salariés pris dans les embouteillages parisiens, le candidat a accompagné le cortège à l'audience et a assisté aux débats pendant une petite heure.
Plutôt vifs, les débats. Non pas du fait de la présence plutôt discrète du leader du Front de gauche dans la salle, mais bien du fait d'avocats ferraillant et s'invectivant, obligeant le président de la chambre, Alain Guillou, à lancer un appel au calme. Résolument offensif, Fiodor Rilov, avocat de la CGT et des collectivités locales, parties civiles dans cette affaire, a réclamé un supplément d'information s'agissant des responsabilités de Samsonite dans la faillite et surtout, de Bain Capital (le fonds d'investissement actionnaire majoritaire de Samsonite quand le site héninois a fermé). Car, dit-il, « c'est par centaines qu'il faut compter le nombre d'entreprises que Bain Capital a charcutées, dépecées, et cela pour préparer la revente des Samsonite... »
Du côté des avocats de Samsonite, Me Asselineau a assuré que le groupe « n'a jamais voulu fermer le site d'Hénin-Beaumont », et que le projet de production de panneaux photovoltaïques « était quelque chose de crédible qui permettait de sauvegarder l'emploi ».
Le procès doit s'achever mercredi. Pas sûr pour autant que les salariés parviennent à faire le deuil de leurs emplois sacrifiés... •
HERVÉ NAUDOT