- L’affaire du Carlton de Lille gagne la sphère politique - 02 min 23 s
Fabrice Paszkowski, chef d'entreprise et homme d'affaires nordiste, a été mis en examen vendredi soir pour proxénétisme aggravé en bande organisée. Il a été placé en détention provisoire. Il est également poursuivi pour association de malfaiteurs, escroquerie et abus de biens sociaux.
Virginie Dufour, qui dirige une société d'événementiel, aurait organisé et payé trois voyages d'autres personnes mises en cause dans cette affaire à Washington pour rendre visite au patron du FMI entre décembre 2010 et mai 2011, en compagnie de jeunes femmes, selon plusieurs médias. Le chef d'entreprise David Roquet, mis en examen et écroué, mais aussi l'ex-compagnon de Mme Dufour ainsi que le commissaire divisionnaire lillois Jean-Christophe Lagarde y auraient notamment participé.
Les trois hommes et DSK se seraient par ailleurs livrés à plusieurs parties fines avec des prostituées à Paris, selon des PV d'audition de M. Roquet publiés par Le Figaro. Mme Dufour avait été présentée aux juges d'instruction vendredi matin. Elle a été remise en liberté et placée sous contrôle judiciaire, selon la source judiciaire. Elle devra répondre de proxénétisme aggravé en bande organisée, association de malfaiteurs et escroquerie, mais a été laissée libre. Son ancien compagnon, un homme d'affaires du Pas-de-Calais, lui aussi déféré dans l'après-midi, était toujours devant les juges vendredi soir.
Le commissaire Lagarde nie toujours toute infraction
Le commissaire Jean-Christophe Lagarde a été mis en examen vendredi pour proxénétisme aggravé en bande organisée et recel d'abus de biens sociaux. Il a été placé sous contrôle judiciaire. "Le commissaire Lagarde a toujours expliqué qu'il n'avait commis aucune infraction dans cette affaire et il maintient ce soir n'avoir commis aucune des infractions qui lui sont reprochées", a déclaré à la presse l'un de ses avocats, Me Olivier Bluche. Le fait d'impliquer le commissaire Lagarde "était au coeur du système de défense d'un certain nombre de protagonistes de cette affaire qui avaient cru bon d'associer son nom à cette affaire", a ajouté Me Bluche.
Placé en garde à vue jeudi par l'Inspection générale de la police (IGPN), les enquêteurs avaient cherché à déterminer dans quelle mesure M. Lagarde avait été impliqué dans l'organisation de déplacement de prostituées et de parties fines dans un hôtel parisien avec la participation supposée de Dominique Strauss-Kahn. "Il va mieux. Vous imaginez bien que la garde à vue en règle générale n'est facile pour personne. Encore moins pour un commissaire de police, devant ses propres hommes. (...) C'est effectivement très pénible. Il a su faire face, il a fait preuve de beaucoup de dignité", a déclaré son autre avocat, Me Julien Neveux.
Eiffage met à pied un salarié
Vendredi, le groupe Eiffage a mis à pied vendredi le directeur d'une filiale, David Roquet, dont les dépositions sur des parties fines à Paris avec DSK et des visites au patron du FMI à Washington ont donné une nouvelle dimension à l'affaire de proxénétisme au Carlton de Lille. Cet homme a été mis en examen la semaine dernière. Eiffage a indiqué dans un communiqué qu'il se "réserve d'utiliser toutes les voies de droit pour faire en sorte que son image ne soit pas mise en cause au titre d'actes individuels qu'il condamne fermement".
L'hôtel Murano de Paris, cité dans l'enquête, a de son côté nié vendredi toute implication, soulignant que ses chambres et salons sont des lieux privés. L'hôtel de luxe parisien est nommé dans l'enquête en cours comme un lieu de parties fines auxquelles auraient participé le commissaire Lagarde et l'ex-patron déchu du Fonds Monétaire International. Joint vendredi soir par l'AFP, le directeur de cet établissement haut-de-gamme de Paris, qui refuse que son nom soit publié, reconnaît que Dominique Strauss-Khan est "client" du restaurant, qui bénéficiait de salons privés au même titre que d'autres clients importants.
"Si les faits allégués sont avérés, cela s'est fait à notre insu", a-t-il expliqué, "choqué" et "gêné" que le nom de son hôtel soit cité dans cette affaire. "Les chambres et certains salons sont des lieux privés", insiste-t-il, "on ne sait pas ce qui s'y passe".