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Le Point.fr - Publié le <time datetime="2013-09-27T15:56" itemprop="datePublished" pubdate=""> 27/09/2013 à 15:56</time> - Modifié le <time datetime="2013-09-27T16:02" itemprop="dateModified"> 27/09/2013 à 16:02</time>
Photo d'illustration. © Philippe Turpin / AFP
</figcaption> </figure></header><section class="col_article" style="margin-top:-30px">Par Patrice Laubignat et Sébastien Tortu
Le nombre d'inscrits à Pôle emploi a fortement reculé en août, où 50 000 demandeurs d'emploi sans activité sont sortis des listes qui recensent désormais 3,23 millions de personnes. Mais ce reflux d'une ampleur inégalée depuis près de 13 ans s'explique notamment par une explosion des "cessations d'inscriptions pour défaut d'actualisation" : ils étaient en effet 77 500 personnes de plus qu'en juillet (+ 38,8 %). D'où une extrême prudence, y compris de la part du ministère du Travail, mercredi, Michel Sapin estimant que "les résultats d'un mois ne [faisaient] pas un retournement". Et d'ajouter qu'"aucun incident dans le système d'information de Pôle emploi" ou "changement dans les modalités d'actualisation" n'avait "pu être identifié pour expliquer cette hausse exceptionnelle".
Chaque mois, un grand nombre de chômeurs disparaissent des radars de Pôle emploi sans que l'opérateur public ne connaisse le motif réel de leur sortie des listes et sache ce qu'ils sont devenus. Ainsi, derrière une radiation administrative ou un "défaut d'actualisation mensuelle" peut se cacher une reprise d'emploi, les demandeurs d'emploi n'étant pas tenus de le déclarer. Ce n'est donc qu'a posteriori que les motifs de cette sortie des listes peuvent être élucidés, via une enquête trimestrielle sur un échantillon représentatif de demandeurs d'emploi.
Vendredi, le ministère du Travail a publié les résultats de cette enquête portant sur le mois de mars 2013. Sur les 448 700 demandeurs d'emploi sortis en mars des listes de Pôle emploi, 45,6 % avaient repris un emploi, une part en recul de 1,2 point par rapport à décembre 2012. 17,6 % s'étaient immédiatement réinscrits à Pôle emploi, leur sortie correspondant à un problème d'actualisation de leur situation mensuelle (oubli, retard) et 10,7 % étaient entrés en formation. "Environ la moitié des personnes sorties pour non-actualisation de leur situation mensuelle ont en fait repris un emploi", précise la Dares.
Parmi ces demandeurs d'emploi ayant retrouvé un emploi en mars dernier, 44,2 % ont accédé à un contrat à durée indéterminée ou à un contrat à durée déterminée de six mois ou plus. Et plus de 8 sur 10 (83,2 %) étaient toujours en emploi trois mois plus tard, en juin 2013.
À ce stade, rien ne permet de dire si le nombre anormalement élevé de défauts d'actualisation constaté au mois d'août correspond à une explosion du retour à l'emploi ou au contraire à une épidémie de négligence de la part des demandeurs d'emploi. À moins que décidément, un bug informatique non identifié par les services du ministère ne se soit produit. Car, de fait, cette explosion laisse les spécialistes perplexes et, surtout, rien ne laisse supposer une reprise aussi inattendue de l'emploi. Ainsi, en juin 2013, l'emploi dans le secteur privé était en recul de 0,7 % sur un an, et le nombre de contrats intérimaires baissait de plus de 11 % par rapport à juin 2012. Réponse définitive lors de l'enquête portant sur les sorties de ce mois d'août, soit... dans 6 mois.