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Le Point - Publié le <time datetime="2015-02-24T20:20" itemprop="datePublished" pubdate="">24/02/2015 à 20:20</time> - Modifié le <time datetime="2015-02-24T23:02" itemprop="dateModified">24/02/2015 à 23:02 lien </time>
Le dessinateur algérien Ali Dilem rejoint "Charlie". © IBO / Sipa
Le 7 janvier dernier, la rédaction de Charlie Hebdo était décimée par les frères Kouachi. Depuis, le journal a enterré ses morts et sorti le numéro des survivants. Cinq semaines ont passé et l'hebdomadaire satirique revient ce mercredi dans les kiosques, avec son numéro 1179. "Ceux qui restent" ont réussi à s'y remettre et deux nouveaux dessinateurs ont rejoint l'équipe, Pétillon et Ali Dilem.
Ali Dilem, la menace terroriste, il connaît. Dans le collimateur des islamistes durant la guerre civile algérienne, condamné à mort par une Fatwa lancée contre lui en 2004, le caricaturiste algérien publie ses dessins dans le Matin, de 1991 à 1996, puis dans Liberté, deux journaux indépendants algériens.
Libre, révolté, il cumule près d'une cinquantaine de procès pour diffamation, des procès qui lui ont déjà coûté neuf ans de prison et de nombreuses amendes. L'insoumis de 47 ans peut même se vanter d'avoir, depuis 2001, des amendements à son nom. Les amendements Dilem prévoient une série de mesures contre les journalistes qui offenseraient le président ou l'État.
Obstiné, Ali Dilem n'a jamais posé son crayon et son travail a été reconnu dans le monde entier. Lauréat d'une vingtaine de prix, il a notamment reçu en 2006 le Cartoonists Rights Network's Award for Courage in Editorial Cartooning (Prix du courage en caricature politique), décerné aux États-Unis. Proche de l'équipe de "Charlie", Ali Dilem saura sans aucun doute composer avec les risques que comporte son nouveau job.
Autre recrue, René Pétillon, dit Pétillon, au parcours plus traditionnel. Ce Finistérien, 70 ans cette année, s'est fait tout seul. Dès 1968, il signe dans la revue Planète puis L'Enragé, Plexus ou encore Pilote.
En 1974, il crée le personnage de Jack Palmer, piètre détective, toujours impliqué dans des histoires folles. Ses aventures sont l'occasion pour son papa de dresser un portrait satirique de la société. Jack Palmer se fait remarquer et traîne son incompétence dans les pages de Télérama, VSD, l'Echo des Savanes. Il est aussi l'anti-héros de ses propres albums, dont L'Enquête corse, prix du meilleur album à Angoulême en 2001.
L'année d'après, Pétillon remporte le Grand prix de l'humour vache qu'Ali Dilem obtient lui aussi en 2007. Caricaturiste politique pour le Canard Enchaîné dès 1993, l'impertinent Pétillon rejoint aujourd'hui Charlie, d'abord pour aider les copains. Il décrit pour l'équipe de France 3 Bretagne une "collaboration temporaire, pour quelques semaines, le temps que Charlie Hebdo recrute de nouveaux dessinateurs". Ils ne sont pour l'instant pas nombreux à vouloir s'y risquer.