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Réforme territoriale : la guerre des clochers

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Réforme territoriale : la guerre des clochers

Le Point.fr - Publié le <time datetime="2014-07-12T10:11" itemprop="datePublished" pubdate="">12/07/2014 à 10:11</time> - Modifié le <time datetime="2014-07-12T14:25" itemprop="dateModified">12/07/2014 à 14:25      </time>lien 

La nouvelle carte des régions n'est pas encore votée qu'un peu partout les rivalités ressurgissent entre les villes. Enjeu : laquelle sera la capitale ?

<figure itemprop="associatedMedia" itemscope="" itemtype="http://schema.org/ImageObject">L'hôtel de ville d'Orléans.<figcaption>L'hôtel de ville d'Orléans. © Ana Rollinger / AFP</figcaption></figure>
 
 
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C'est la question qui fâche. Une fois qu'une nouvelle carte deFrance sera adoptée, il va falloir choisir les capitales de chaque région. Le gouvernement a promis de s'occuper de la question. Casse-tête en perspective ! Même dans une région née du mariage entre Rhône-Alpes et Auvergne où, pourtant, le leadership écrasant de Lyon paraît avoir d'emblée réglé l'affaire. Mais que faire du conseil régional flambant neuf inauguré récemment à Clermont-Ferrand, et qui a coûté plusieurs millions ? 

Autre interrogation : les citoyens accepteront-ils d'être administrés par un centre de décision situé à des heures de transport de chez eux ? Inquiétudes qui traversent la France... "Comment va être traité le sort du collège de Merlines, bourg du Limousin, depuis Bordeaux, où l'on ne sait même pas le situer sur la carte ?" lance ainsi de son côté la députée corrézienne PS Sophie Dessus (qui a été élue sur l'ancienne circonscription de François Hollande), pourtant favorable à la fusion Limousin-Aquitaine proposée par la commission des Lois de l'Assemblée nationale.

Des siècles d'histoire en jeu

Si Strasbourg s'impose naturellement sur l'ensemble Alsace-Lorraine, il est certain que Nancy et Metz ne se laisseront pas "annexer", pardon, écarter (attention aux références du passé) sans coup férir... Et ce n'est pas qu'affaire de patriotisme local. Des siècles d'histoire sont en jeu. Plus préoccupants, les impacts économiques, colossaux...

Le maire PS de Rouen, Yvon Robert, n'a ainsi pas attendu longtemps avant de positionner sa ville face à Caen et surtout au Havre. Peu après l'annonce de la réforme territoriale, il a dégainé : "En janvier 2015, notre agglomération deviendra la Métropole Rouen Normandie, capitale d'une région de 3,4 millions d'habitants." Voilà qui est envoyé.

Mais risqué. Très risqué, même, dans certains cas. Le maire d'Orléans, Serge Grouard, a ainsi très mal pris l'annonce - "incongrue", juge-t-il - du nouveau maire de Tours, Serge Barbary, UMP comme lui, qui a proposé sa ville comme capitale, ou plutôt, lâche l'élu orléanais avec un rien de mépris, comme "chef-lieu de l'éventuelle région" Centre-Poitou-Charentes. Les deux Serge de l'UMP locale ajoutent un chapitre piquant à la longue histoire des rivalités entre leurs deux villes... Serge Grouard a réagi vivement dans un communiqué du 10 juillet : "Il s'agit d'une mauvaise manière notamment à l'égard d'Orléans, qui est capitale de la région Centre, et aussi d'ailleurs à l'égard de Poitiers qui est capitale de la Région Poitou-Charentes."

Dilemme capital

Mais il en est certains qui profitent de la situation pour avancer leurs pions. Le cas le plus spectaculaire ? La prise de position du nouveau maire de Montpellier Philippe Saurel, socialiste en rupture de ban, élu aux municipales au nez et à la barbe des appareils politiques - et en premier lieu de son ancienne maison, le PS. Le président de la région Languedoc-Roussillon, Christian Bourquin, refuse tout net un quelconque rapprochement avec Midi-Pyrénées ; son ancien collègue Philippe Saurel, lui, s'y montre favorable. La peur d'une absorption par Toulouse ? L'édile voit au contraire dans cette fusion une chance. Par cette grâce, Montpellier deviendrait une métropole au 1er janvier prochain - la loi autorise les intercommunalités de plus de 400 000 habitants à l'être si elles se situent au centre d'une aire urbaine de plus de 650 000 habitants. Et la grande région nouvellement créée s'appuierait sur deux pôles : Toulouse à l'ouest, et Montpellier à l'est. Certes. Reste le point central : il faudra bien choisir une capitale...


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