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Renault : les coulisses du départ de Carlos Tavares

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Renault : les coulisses du départ de Carlos Tavares
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<time datetime="2013-08-29T13:29:49" itemprop="datePublished">Publié le 29-08-2013 à 13h29</time> - <time datetime="2013-08-29T19:39:37" itemprop="dateModified">Mis à jour à 19h39     </time>

DECRYPTAGE Le numéro 2 du constructeur automobile s'était déclaré prêt à quitter le groupe français pour piloter General Motors ou Ford. Carlos Ghosn l'a pris au mot. Deux Carlos chez Renault, c'était un de trop.

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Carlos Tavares était le bras droit de Carlos Ghosn depuis 2011. (SIPA)

Carlos Tavares était le bras droit de Carlos Ghosn depuis 2011. (SIPA)

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Ils sont rentrés tous les deux de vacances, lundi 26 août. Ils se sont vus le lendemain, mardi. L’entretien, on l’imagine, a dû être bref, sinon houleux. Et la décision a été prise. Carlos Ghosn, PDG de Renault, a signifié à son numéro deux, Carlos Tavares, qu’il devait quitter ses fonctions.

Un départ qui ne constitue pas une surprise. A la mi-août, dans un entretien à Bloomberg portant sur la succession à la tête de General Motors, l’autre Carlos avait dit qu’il se verrait bien patron du géant de Detroit, voire de Ford. Pas par amour pour ces deux constructeurs, mais parce que la place de numéro un chez Renault était occupée. Et sans doute pour longtemps, puisque le mandat de Ghosn doit, selon toutes probabilités, être renouvelé au printemps prochain.

Carlos Ghosn n'est pas homme à partager le pouvoir

Comme Tavares n’a pas démenti ses propos chez Bloomberg, ses jours chez Renault étaient comptés. Par le passé, un autre dirigeant avait connu une mésaventure similaire. C’est Pierre Danon. Numéro deux de Cap Gemini en 2005, il s’était imprudemment porté candidat au poste de numéro un chez Accor. Et avait été aussitôt viré par le fondateur de la société de services, Serge Kampf. Comme Kampf, Ghosn est n’est pas homme à partager le pouvoir, ni à tolérer un concurrent sur son terrain de jeu.

Fin, long, nerveux, Tavares, 55 ans, est un immense bosseur qui n’a jamais caché son ambition.  A la manière d’un certain… Carlos Ghosn. Au début des années 2000, au moment où il triomphait chez Nissan, il avait dit que s’il n’obtenait pas la place de patron de Renault que lui avait promise Louis Schweitzer, il pourrait aller voir ailleurs. Et le nom de General Motors avait été prononcé. Mais les entretiens étaient à l’époque off. Et de toute façon, auréolé de sa réussite chez Nissan au Japon, Super Carlos était à l’époque intouchable.

Pour l'ex-vice Président de Nissan, l'avenir est au haut de gamme

Tavares n’a jamais été dans ce cas de figure. Vice-président de Nissan, il a succédé, un peu par surprise, à Patrick Pelata, viré en 2011, suite à l’affaire des vrais-faux espions de Renault. Un homme apprécié en interne et avec lequel Tavares a toujours entretenu des rapports tendus. Alors que Pelata a une foi immodérée dans la voiture électrique, Tavares porte une vision plus traditionnelle de l'automobile, centrée sur le haut de gamme, les voitures sportives avec Alpine, les motorisations hybrides. Devenir calife à la place du calife lui aurait permis de mettre en avant ses idées. Mais Carlos Ghosn ne l’a pas voulu. Tavares aura-t-il plus de chances du côté de Detroit ? Réponse dans les prochains mois.

 

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