Suivi quotidien, flash d'actualités touchant l'économie,culture,environnement, société, politique,poésie, l'international.
Les décisions définitives seront rendues dans les heures qui viennent par le président de la République et le Premier ministre. Les contours exacts du rétablissement partiel de la retraite à 60 ans seront ensuite présentés mercredi en Conseil des ministres. Qui sera concerné par cette « mesure de justice », promesse de François Hollande ? C'est l'objet des derniers arbitrages.
Les marges de manoeuvre sont plus importantes que prévu. L'équipe de campagne avait calibré la mesure pour qu'elle concerne les personnes qui ont commencé à travailler jeunes (18 ou 19 ans) et qui ont suffisamment cotisé (41 annuités). Le débat porte sur la façon dont on comptabilise ces annuités. Le candidat Hollande avait indiqué qu'on tiendrait compte du service national, à hauteur de quatre trimestres, ainsi que des congés maladie et maternité, jusqu'à quatre trimestres également. Il estimait alors que 130.000 personnes par an seraient concernées, soit un nouveau retraité sur cinq environ, pour un coût de 5 milliards d'euros par an en régime de croisière, en 2017. Cette dépense serait financée par une hausse progressive des cotisations : un point de plus en cinq ans.
En réalité, si l'on appliquait des conditions aussi strictes, la population bénéficiaire serait beaucoup plus réduite. C'est pourquoi l'exécutif s'apprête à élargir l'accès au dispositif. Il pourrait notamment tenir compte de l'intégralité des congés maternité. Il pourrait aussi comptabiliser dans les 41 annuités certaines périodes de chômage. Mais pas toutes, car ce serait trop coûteux. Les syndicats pointent la situation des seniors au chômage qui ont suffisamment cotisé mais qui ne peuvent partir en retraite faute d'avoir atteint l'âge légal.
Quels que soient ses contours exacts, la mesure devrait coûter beaucoup moins cher que prévu, aux alentours de 2 milliards d'euros en 2017 pour l'ensemble des régimes de base, avec environ 100.000 bénéficiaires après élargissement. L'exécutif se trouve donc face à un choix crucial. Soit il décide d'augmenter quand même les cotisations d'un point, en soulignant que les régimes de retraite de base en auront besoin, la prolongation de la crise aggravant leur besoin de financement. Soit il annonce une hausse de cotisation plus mesurée. Cette deuxième hypothèse laisserait plus de marge aux partenaires sociaux qui gèrent les retraites complémentaires, pour augmenter les cotisations qui financent l'Agirc et l'Arrco. Le rétablissement partiel du départ à 60 ans va en effet aussi accroître leurs dépenses.
