De la même manière, le Premier ministre Manuel Valls affirme, dans le JDD, vouloir «compenser l'effet négatif (de l'inflation) sur les petites retraites».
Vendredi, l'annonce par Marisol Touraine, la ministre des Affaires sociales, que les pensions inférieures à 1200 euros par mois ne seraient pas revalorisées au 1er octobre, du fait de la faible inflation, avait attisé encore un peu plus les tensions entre le gouvernement et sa majorité à l'Assemblée nationale, et déclenchéla colère des syndicats, CFDT et CGT en tête. Le Parti Radical qui pourrait être utile lors du vote de confiance à la déclaration de politique générale du gouvernement, mardi, à l'Assemblée avait immédiatement demandé «un coup de pouce pour les retraites de moins de 1 200 euros». Or, jusqu'à présent, le ministère des Affaires sociales avait annoncé que la revalorisation, sans en préciser le montant, ne toucherait que le minimum vieillesse, c'est à dire les personnes percevant 792 euros par mois.
6,5 millions de personnes concernées, mais un coût relativement modeste
Pour justifier le calcul des revalorisations, le gouvernement se base traditionnellement sur le niveau de l'inflation. Or la hausse des prix est moins importante que prévue. Elle n'est que de 0,5% cette année, au lieu de 1,1% prévue, et ne devrait être que de 0,9% en 2015, contre 1,5%. Mécaniquement cela «conduit à une stabilité des pensions», a confirmé le ministère.
En avril dernier, la question de la revalorisation ou non des petites retraites avait contribué à creuser le fossé entre le gouvernement et les frondeurs lors de l'examen du budget rectificatif de la Sécu. Ces derniers avaient réclamé que les pensions des plus modestes soient épargnées par le gel des pensions décrété jusqu'en octobre 2015. Au terme d'un débat houleux, le gouvernement avait finalement plié...
Une revalorisation des petites retraites pour prendre en compte les 0,5% d'inflation aurait coûté une somme relativement modeste, de l'ordre de 150 millions d'euros, même si 6,5 millions de personnes sont concernées. Reste maintenant à savoir quelle forme prendra ce «coup de pouce». Selon nos informations, le geste, dont on ne connait l'ampleur, pourrait se limiter au minimum vieillesse. Il concernerait alors uniquement près de 600.000 allocataires.
C'est le Premier ministre lui-même qui se réserve l'annonce définitive, très vraisemblablement lors de son discours de politique générale, mardi. Histoire sans doute de convaincre quelques uns des députés de gauche pas encore décidés à lui accorder leur confiance.