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Le président Giorgio Napolitano (g) avec les membres d'un des groupes de travail, le 2 avril 2013 à Rome
Paolo Giandotti ITALIAN PRESIDENCY PRESS OFFICE
</aside>ROME - Les groupes de travail institués par le président Napolitano pour débloquer l'impasse politique se sont constitués mardi mais cette solution temporaire est déjà contestée par Silvio Berlusconi qui redoute une manoeuvre dilatoire.
Le chef de l'Etat Giorgio Napolitano a sorti cette idée de son chapeau samedi face à une classe politique incapable de se mettre d'accord pour former un nouveau gouvernement.
Les législatives de fin février ont en effet débouché sur une équation insoluble: le centre gauche dispose de la majorité absolue à la Chambre des députés mais pas au Sénat, où trois forces de poids similaire se disputent le terrain: la gauche, la droite de Silvio Berlusconi et les contestataires du Mouvement 5 Etoiles de Beppe Grillo.
Une première commission de «sages» où figure notamment le constitutionnaliste Valerio Onida doit préparer des réformes institutionnelles urgentes: en premier lieu la loi électorale à l'origine de l'impasse actuelle, ainsi que la réduction du nombre de parlementaires et des coûts de la politique.
L'autre commission doit proposer des mesures pour faire repartir l'économie alors que l'Italie est en récession depuis six trimestres avec un chômage en forte hausse notamment chez les jeunes.
D'aucuns supputent que M. Napolitano voudrait ainsi faire émerger un pacte de gouvernement sur le modèle de l'accord appelé «construire des ponts» conclu aux Pays-Bas en octobre 2012 entre les libéraux de centre-droit du Vvd et les travaillistes de centre gauche du PvdA, plus de deux mois après des législatives qui, comme en Italie, n'avaient pas permis de dessiner une majorité claire.
«M. Napolitano a voulu lancer aux partenaires (de l'Italie) un signal rassurant» et il a aussi «un but pédagogique» pour montrer que «dix personnes intelligentes et de bonne volonté peuvent se mettre d'accord sur quelques objectifs utiles à l'avenir du pays», a estimé en première page du Corriere della Sera, l'éditorialiste Sergio Romano.
La stratégie du président de 87 ans pour apaiser les inquiétudes venant de l'étranger a fonctionné puisque mardi, les marchés ont rouvert dans le calme après la trêve pascale: la bourse était seulement en zone légèrement négative et le différentiel des taux obligataires avec l'Allemagne stable.
M. Napolitano avait été jusqu'à mettre sa démission dans la balance mais en a été dissuadé lors d'un entretien téléphonique avec le président de la BCE l'Italien Mario Draghi. Elle «aurait exposé le pays à un risque gravissime sur le plan de la crédibilité internationale», estime l'ex-président de la cour constitutionnelle Ugo De Siervo dans un entretien mardi à Repubblica.
Pour cet expert, l'intention de M. Napolitano est de calmer le jeu, d'«inviter les partis à davantage de responsabilité» pour poser les jalons vers l'élection d'un président doté des pleins pouvoirs. Le mandat du président actuel arrive en effet à échéance à la mi-mai et le processus parlementaire pour l'élection de son successeur commencera le 15 avril.
Mais alors que dans un premier temps, toutes les formations politiques même le M5S de Grillo avaient salué l'initiative de M. Napolitano, des voix discordantes ont commencé à se faire entendre.
Surtout en provenance du PDL de Silvio Berlusconi, galvanisé par de récents sondages qui le placent nettement en tête devant le centre gauche (32,5% contre 29,6%) si de nouvelles législatives avaient lieu immédiatement.
«La maison brûle, personne ne comprendrait de nouveaux reports et délais», a lancé le secrétaire général du PDL Angelino Alfano, en appelant le président à recommencer les consultations politiques pour former un gouvernement.
M. Berlusconi considère la situation comme «dangereuse» car il y «voit une tentative de Napolitano de gagner du temps, d'éloigner la perspective d'élections», selon Stefano Folli, spécialiste politique du Sole 24 Ore.
A 76 ans, le Cavaliere redoute aussi que l'opération ne permette au PD, la principale force de centre gauche, de nouer un accord avec l'ex-humoriste Beppe Grillo pour faire élire à la présidence, l'ex-Premier ministre Romano Prodi, le seul dirigeant de centre gauche à avoir réussi à le battre à deux reprises.
Selon les médias, M. Berlusconi, handicapé par de gros ennuis judiciaires qui pourraient lui valoir une ou plusieurs condamnations dans les mois à venir, y voit une menace insupportable. Il espère depuis des mois placer à la présidence un homme qui lui soit favorable ou au moins pas trop hostile.