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L'entreprise Lubrizol de Rouen, d'où s'échappaient mardi des émanations de gaz odorant. © Capture Google street view
Alors que les riverains se montrent très inquiets, l'entreprise assure que l'incident sera neutralisé mardi.
• L'INFO. Véritable vent de panique de Rouen jusqu'à la région parisienne. Une forte odeur de gaz de ville, provoquée par un dégagement gazeux dans une entreprise chimique de Rouen, a suscité l'émoi de très nombreux habitants. De son côté, l'entreprise classée Seveso, c'est-à-dire présentant des risques d'incidents majeurs, s'est voulue rassurante. Lubrizol assure, en effet, que ce nuage n'est pas toxique. Une position soutenue pat la préfecture de Seine-Maritime et le ministère de l'Intérieur.
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• L'odeur d'une boule puante. Plusieurs éléments avaient pourtant de quoi affoler les riverains. Ces derniers ont été nombreux à témoigner de maux de tête, de nausées après avoir inhalé ce gaz "à l'odeur d'une boule puante". Sur Twitter, les internautes, de Rouen jusqu'à Paris, ont fait part de leurs inquiétudes. Si bien le mot #gaz se plaçait en tête des trending topics, les sujets les plus discutés sur le réseau social, mardi matin.
"De l'intérieur de la maison (bien isolée) ça pue le gaz... et j'ai un mal de crâne pas possible", témoignage une internaute sur Twitter. "Ça y est le gaz arrive chez moi. Mon dieu mais ça passe sous les portes! Quelle infection !", ajoute une autre. "L'odeur s'incruste jusque dans les maisons, par les aérations ! C'est absolument insupportable", abonde un autre.
Produit à l'état naturel lorsque les matières organiques se décomposent, dans les marais, les égouts et même lors de la digestion, ce gaz dégage en effet une "odeur caractéristique" de putréfaction "qui est ressentie par les individus à de très faibles concentrations". Une odeur puissante et nauséabonde qui explique que la fuite de ce gaz, partie de Rouen, ait été sentie par de nombreux habitants de la Haute-Normandie et de l'Ile-de-France.
• Un produit pas toxique... Forcée de s'expliquer, l'entreprise assure que "le produit n'est absolument pas toxique". Il s'agit en réalité d'un gaz qui répond aux mêmes caractéristiques que "la molécule qui est introduite dans le gaz de ville pour lui procurer une odeur détectable", assure Nathalie Bakaev, chargée de la communication du site interrogée par Europe 1.
"On peut comprendre que les gens puissent s'inquiéter en comparant cette odeur là avec une fuite de gaz. Mais le problème est juste le caractère désagréable et incommodant de cette odeur, commente la chargée de presse. De leur côté, les pompiers de Paris assurent que le nuage devrait se dissiper "naturellement en fonction des conditions météorologiques".
•...mais des nausées ? Lundi matin, "le standard du Centre opérationnel départemental d'incendie et de secours (Codis) était pourtant toujours saturé à cause des appels concernant ces odeurs", a reconnu la préfecture. Même constat dans les départements de Haute-Normandie et d'Ile-de-France. Un riverain habitant à 30 km de Rouen, a confié à Europe1.fr avoir ressenti très fortement cette odeur. "C'était pire que si j'étais dans une station service. J'avais les yeux qui piquent, je me sentais un peu barbouillé, nauséeux", détaille-t-il avant d'ajouter, inquiet : "l'odeur s'est manifestée lundi à 15 heures, il est 7 heures du matin, et ça sent encore dans mon habitation."
Le ministère de l'Intérieur a indiqué que le méthanetiol était présent à "un seuil de concentration très faible" pour être dangereux et qu'il "ne présente pas de risques pour la santé". Le méthanetiol est cependant un produit classé officiellement comme "toxique par inhalation" et "dangereux pour l'environnement".
Selon l'Institut national de recherche et de sécurité, des cas d'intoxication aiguë ont en effet été rapportés dans le passé chez des travailleurs directement exposés à l'inhalation de méthanetiol. Tous témoignent d'une irritation pulmonaire, des nausées, des vomissements et diarrhées, voire des troubles de conscience et de la respiration pour les plus graves. A faible concentration, les manifestations chroniques sont essentiellement l'irritation des yeux, des muqueuses respiratoires et de la peau, précise la fiche de l'Institut.
• L'incident en phase de neutralisation. Pour l'heure l'entreprise tente de "trouver les causes de l'incident" et surtout de "travailler sur sa résolution". Selon les premières constations cette émanation de très fortes odeurs est liée à une mauvaise réaction chimique.
"Nous avons eu, lundi matin, une instabilité sur un de nos produits qui était contenu dans un de nos bacs. Cette instabilité provoque un dégagement d'odeur, fortement incommodante. Ce n'est pas une fuite, c'est en fait une réaction chimique instable actuellement", précise Nathalie Bakaev. La société Lubrizol, qui fournit des additifs pour les huiles pour moteurs, a toutefois "bon espoir que ça se termine dans la journée".