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Rudes négociations sur le plan d'aide à Chypre

Actualités
Rudes négociations sur le plan d'aide à Chypre
Par Anne Bauer | 15/03 | 07:00

Les ministres des Finances et le FMI doivent boucler cette nuit les grandes lignes d'un plan d'aide à Chypre de 10 à 13 milliards d'euros.

Pour son premier sommet européen, le nouveau président de Chypre, Nicos Anastasiades, a confirmé son souhait de conclure au plus vite un programme d'aide pour son pays. Hier soir, il a pu mesurer la détermination de certains leaders à imposer à Chypre de strictes conditions avant de débloquer la moindre aide. Même s'ils ont donné mission à leurs ministres des Finances de conclure cette nuit à Bruxelles l'essentiel du programme d'aide. Ce sera le cinquième de la zone euro, après la Grèce, l'Irlande, le Portugal, et le renflouement du secteur bancaire espagnol. Hier, le président de l'Eurogroupe, Jeroen Dijsselbloem, a ainsi annoncé qu'une solution était à portée de main, car l'aide nécessaire pourrait être réduite de 17 milliards à un montant plus proche de 10 milliards. Alors la dette peut devenir soutenable et le FMI pourra participer au programme, comme le souhaitent nombre de pays. La directrice du FMI, Christine Lagarde, est attendue ce soir à Bruxelles. Pour Nicos Anastasiades, il y a deux limites à ne pas franchir : ni « haircut » ni taxe sur les transactions financières. Le président consent à augmenter les impôts, à privatiser, à assainir les comptes publics et à diminuer le nombre de fonctionnaires mais il refuse que les créanciers ou les déposants des banques soient mis à contribution du sauvetage des banques, en plaidant que, pour l'île, le secteur des services financiers est vital pour sa survie économique.

Augmentations d'impôts

Plusieurs augmentations d'impôts sont à l'étude : le taux de l'impôt sur les sociétés pourrait être porté de 10 % à 12,5 % minimum, la fiscalité de l'épargne pourrait être renforcée, avec des taxes sur les intérêts d'emprunt, voire sur les dépôts bancaires. Mais l'essentiel de la négociation devrait porter sur la possibilité, ou non, de confier à la Grèce la gestion des filiales grecques des banques chypriotes, dont les encours douteux atteignent 23 milliards. Si la Grèce peut prendre en compte leur recapitalisation, cela diminuera d'autant les besoins chypriotes. Des négociations sont engagées avec Moscou pour compléter le plan européen, en restructurant le prêt de 2,5 milliards à Chypre ou en participant à la recapitalisation des banques de l'île.

Anne Bauer, Les Echos
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