L'opposant russe Alexeï Navalny a été arrêté mardi soir par la police en pleine rue alors qu'il se rendait à la manifestation de soutien organisée par ses partisans après sa condamnation pour escroquerie, selon des images retransmises par la télévision indépendante Dojd.
Le charismatique blogueur au verbe nationaliste et pourfendeur de la corruption en Russie est assigné depuis février à résidence et n'avait pas le droit de se rendre à ce rassemblement.
Il avait pourtant posté un selfie sur Twitter alors qu'il se rendait sur place en métro.
L'opposant numéro un au Kremlin a été reconnu coupable par la justice russe de détournement d'argent au détriment d'une filiale de la société française Yves Rocher et condamné à trois ans et six mois de prison avec sursis. Un condamnation qui "semble avoir une motivation politique", a accusé l'Union européenne.
Son frère Oleg a lui écopé de trois ans et demi de prison ferme, lui aussi reconnu coupable d'avoir détourné de l'argent.
Dans la foulée, Alexeï Navalny a accusé la justice russe d'avoir condamné son frère Oleg à la même peine, mais ferme, pour faire "pression" sur lui.
"Pour quel motif vous le mettez en prison ? C'est quoi cette saloperie ? C'est pour faire pression sur moi ?", s'est exclamé l'opposant, martelant la table de ses poings avant de saluer son frère, emmené par des policiers.
Alexeï Navalny a appelé ses soutiens à descendre dans la rue pour protester, alors qu'une manifestation était attendue au pied de la muraille du Kremlin dans la soirée.
"Ce pouvoir ne mérite pas d'exister, il doit être détruit", avait lancé Alexeï Navalny en sortant du tribunal, accusant le Kremlin de "cibler ses proches" pour tenter de l'éliminer de la scène politique.
Accusé par ses détracteurs d'être soutenu par l'Occident, le blogueur, avocat de formation, était poursuivi avec son frère pour avoir escroqué une filiale russe de la société française de cosmétiques Yves Rocher en surfacturant leurs services alors qu'ils géraient une entreprise de transport.
L'entreprise française Yves Rocher avait déposé plainte, avant, finalement de la retirer, affirmant par la voix de Christian Melnik, directeur financier de sa filiale russe, n'avoir subi "aucun dommage" à la suite de sa collaboration en 2008 avec la société de transport des frères Navalny, Glavpodpiska. Ces derniers étaient accusés d'avoir détourné 27 millions de roubles (l'équivalent de 393.000 euros).