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Russie : pas de trêve olympique pour la répression de l'opposition

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Russie : pas de trêve olympique
pour la répression de l'opposition

Publié le 21.02.2014, 14h41 | Mise à jour : 15h47

 Les opposants à Poutine sont arrêtés devant le tribunal de Moscou. 

Les opposants à Poutine sont arrêtés devant le tribunal de Moscou. | AFP / Vasily Maximov
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Pas de trêve olympique pour Vladimir Poutine. Quelque 200 opposants au russe ont été interpellées, ce vendredi, devant le tribunal moscovite qui a jugé coupables huit manifestants accusés de violences lors d'une contre Poutine, au 2012, a annoncé un porte-parole de la police moscovite cité par l'agence Ria Novosti.

Cette affaire, dans laquelle les accusés étaient passibles de 5 à 6 ans de camp, est, pour l'opposition, emblématique de la répression en Russie.

Les huit prévenus - Andreï Barabanov, Stepan Zimine, Denis Loutskevitch, Iaroslav Belooussov, Artem Savelov, Sergueï Krivov, Alexandra Doukhanina et Alexeï Polikhovitch - étaient poursuivis pour avoir participé à des «troubles massifs» et pour «violences envers les forces de l'ordre» lors de cette manifestation le 6 mai 2012. Le Parquet a requis entre cinq et six ans de détention. L'énoncé des peines a été reporté à lundi. L'opposition a d'ores et déjà appelé à un rassemblement sur la place du Manège, située près du Kremlin, à cette occasion.

«Un jugement cruel ne résoudra pas les problèmes mais en créera plutôt de nouveaux et brisera la vie de nos clients», a déclaré l'un des avocats de la défense, Dmitri Agranovski, à la sortie du tribunal.

Pour Khodorkovski, une «nouvelle page honteuse dans l'histoire de la Russie»

De son côté, l'ex-oligarque et critique du Kremlin Mikhaïl Khodorkovski, qui a passé dix ans en prison avant d'être gracié en décembre et contraint de facto à l'exil, a estimé dans un texte publié par la radio Echo de Moscou que le jugement des huit manifestants serait à coup sûr «répressif et sévère» et qu'une «nouvelle page honteuse s'inscrirait dans l'histoire de la Russie», avec l'envoi en prison d'innocents.

VIDEO. Russie : interpellations en marge d'un procès d'anti-Poutine    VIDEO


Un millier de personnes s'étaient rassemblées devant le tribunal pour soutenir les prévenus, aux cris de «Liberté». Parmi elles, les deux jeunes femmes du groupe contestataire Pussy Riot récemment libérées de prison, Nadejda Tolokonnikova et Maria Alekhina, et l'opposant Alexeï Navalny. Parmi les manifestants interpellés figurent Maria Baronova et Vladimir Akimenkov, qui avaient été inculpés à la suite de la manifestation de mai 2012. Ils avaient, avec huit autres accusés, été amnistiés en décembre 2013, à l'occasion des 20 ans de la Constitution.

фоторепортаж с приговора по болотному делу http://www.novayagazeta.ru/photos/62372.html  дополнил задержанием Тани Полихович





Une trentaine de personnes au total ont été inculpées dans «l'affaire Bolotnaïa», du nom de la place du «marais» au centre de la capitale russe, où avait dégénéré la manifestation du 6 mai 2012 contre l'investiture, le lendemain, de Vladimir Poutine pour un troisième mandat de président. Certains l'ont été pour avoir jeté des bouteilles en plastique sur des policiers, d'autres pour avoir renversé des cabines de toilettes publiques ou résisté aux forces de l'ordre.

Deux manifestants déjà envoyés en camp de travail

D'après le code pénal russe, la notion de «troubles massifs» signifie «atteinte à l'ordre public par une foule, incendie volontaire, destruction de biens, utilisation d'armes à feu, d'explosifs». Il n'y a cependant eu ni morts ni blessés graves ni coups de feu ou incendie volontaire au cours de cette manifestation. La plupart des inculpés sont des citoyens ordinaires qui n'appartiennent à aucun mouvement politique, tel Iaroslav Belooussov, étudiant en sciences politiques à la prestigieuse université d'Etat de Moscou.

Selon le Parquet, 82 policiers avaient été blessés au cours des affrontements dont l'origine reste controversée, l'opposition accusant les forces de l'ordre de les avoir provoqués pour justifier un tour de vis contre toute velléité de contestation. Des dizaines de manifestants avaient également été blessés.

L'affaire de la place Bolotnaïa a déjà conduit à la condamnation de deux opposants -qui avaient reconnu leur culpabilité- respectivement à quatre ans et demi et deux ans et demi de camp de travail.

Quant au dirigeant du Front de gauche Sergueï Oudaltsov, il est, lui, poursuivi pour avoir selon l'accusation, organisé des troubles massifs. Un crime passible de 10 ans de camp. Son procès, ainsi que celui d'un de ses proches, Leonid Razvozjaev, s'est ouvert mardi à Moscou. Le leader du Front de gauche a dénoncé devant le tribunal des accusations «fabriquées de toutes pièces» et visant à «neutraliser les opposants les plus actifs» contre Vladimir Poutine.
 

LeParisien.fr

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