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Sandy : une facture qui pourrait dépasser les 20 milliards de dollars

Sandy : une facture qui pourrait dépasser les 20 milliards de dollars
Par Karl de Meyer | 30/10 | 19:13 | mis à jour à 19:27     lien

Des centaines de milliers de New-Yorkais privés de courant ou de téléphone. Les tunnels inondés, le métro paralysé pour plusieurs jours. Les dégâts totaux de la tempête pourraient dépasser 20 milliards de dollars, dont 5 à 10 milliards pourraient être assurés.

Sandy : une facture qui pourrait dépasser les 20 milliards de dollars

Les rues et les avenues de Manhattan, habituellement si animées, offraient un visage de dystopie, ce matin, sous les violentes averses que la tempête Sandy a semées dans son sillage. C'est clairement le New Jersey et l'Etat de New York qui ont le plus souffert des intempéries. Le cyclone, qui a fusionné avec une tempête continentale après être remonté des Caraïbes, a abordé les côtes, lundi soir, au niveau d'Atlantic City, le « Las Vegas » de la côte Est.

Dans la plus grande ville du pays, des centaines de milliers de personnes ont été privées d'électricité, les réseaux de télécommunications ont connu des ratés, avec plus d'un million de personnes privées de câble ou de téléphone. Des milliers de sites web ont dû s'arrêter, car les centres de données dont ils dépendent n'ont plus été alimentés en électricité. Surtout, de nombreux quartiers ont été inondés, dans le sud de Manhattan, car aux effets du vent se sont ajoutés ceux des forts coefficients de marée. Un incendie a ravagé quatre-vingt maisons dans le Queens. De nombreux tunnels entre Manhattan et les autres boroughs sont inondés. « Le métro new-yorkais a 108 ans mais il n'a jamais fait face à une catastrophe aussi dévastatrice que celle de la nuit dernière », a déclaré Joseph Lhota, directeur de l'autorité de contrôle du métro, la MTA. Il faudra plusieurs jours pour pomper toute cette eau et remettre en service les lignes touchées, qui permettent à des centaines de milliers de New-Yorkais de venir travailler à Manhattan. Deux réacteurs nucléaires de la région ont été arrêtés. L'un au bord de la rivière Delaware, dans le New Jersey ; l'autre au bord de l'Hudson, à une cinquantaine de kilomètres au nord de New York. Les opérateurs des centrales ont assuré qu'elles étaient « stables ». La compagnie de chemins de fer Amtrak a annulé ses liaisons ferroviaires sur la côte et plus de 12.000 vols intérieurs et internationaux ont été annulés. En clair, la région entière est désorganisée.

Le président Obama a déclaré l'état de « catastrophe majeure » dans les Etats de New York et du New Jersey, ce qui permet de débloquer des aides fédérales plus facilement. Avec Sandy, le président sortant a l'occasion de souligner sa stature présidentielle, à une semaine de l'élection du 6 novembre. Avec le risque, si les secours sont mal organisés, d'en payer le prix (voir ci-dessous). Jusqu'ici, Barack Obama n'a commis aucune erreur. Le gouverneur républicain du New Jersey, Chris Christie, pourtant volontiers critique à l'égard du candidat démocrate, a même assuré que « le président a été formidable ».

Les conséquences économiques de la tempête sont encore difficiles à chiffrer. La société Eqecat, spécialiste de la modélisation des risques, estime que les dégâts pourraient se monter à quelque 20 milliards de dollars, sur lesquels 5 à 10 milliards seraient assurés. La société Kinetic, elle, table sur une fourchette plus serrée de 7 à 8 milliards de dollars de dégâts assurés. Une ardoise a priori gérable pour l'industrie de l'assurance et de la réassurance. Il est plus compliqué de prédire l'impact économique total. Les transports sont totalement désorganisés, plusieurs compagnies pétrolières ont fermé leurs terminaux, et les ventes de détail devraient souffrir, à quelques jours de Halloween. Les économistes de Wells Fargo jugent que la tempête pourrait coûter 0,1 % à 0,2 % de point de PIB au quatrième trimestre. D'autres analystes misent sur un effet « reconstruction » qui pourrait se traduire, in fine, par un léger surcroît de croissance au dernier trimestre.

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