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Scandale : PSG, Obsèques du manager Nick Broad

PSG. Obsèques du manager Nick Broad : de qui se moquent les joueurs du PSG ?

Modifié le 31-01-2013 à 12h44

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Temps de lectureTemps de lecture : 3 minutes

Avatar de Erwan Glener

Par 
fan de foot mais pas supporter

LE PLUS. Ils étaient trois. Seulement trois joueurs du PSG ont assisté aux obsèques de Nick Broad, leur ancien nutritionniste, décédé dans un accident de voiture, alors qu'ils avaient promis que tout le groupe serait présent. Peut-on encore expliquer tant de désinvolture ? Chez les observateurs, c'est l'incompréhension.

Édité par Henri Rouillier  Auteur parrainé par Aude Baron

Zlatan Ibrahimovic lors du match du PSG contre Valenciennes, le 11 décembre 2012 (BAZIZ CHIBANE/SIPA)

Une partie des joueurs du PSG lors d'un match contre Valenciennes, le 11 décembre 2012 (BAZIZ CHIBANE/SIPA).

 

Chaque personne à son propre rapport à la mort, à la perte d’un simple collègue ou d’un ami. Chacun vit un deuil à sa manière et il est difficile de juger tel ou tel comportement, de donner un sens à une présence ou à absence. Le problème avec l'absence d’une grosse partie de de l’effectif du PSG aux obsèques de Nick Broad, performance manager des Parisiens, c’est qu’elle laisse un goût amer.

 

Cinéma tragique


Le dimanche qui suit l’accident de voiture tragique qui coûta à la vie à Nick Broad, le PSG se déplace à Bordeaux. Un déplacement compliqué pour un club de parisien endeuillé, qui a vu lors de la dernière journée, Thiago Motta se faire expulser et Thiago Silva sortir sous blessure.

Un peu à la surprise générale, et cela 48 heures avant le match, le PSG demande le report de la rencontre. Une requête rejetée sans surprise par la Ligue.

 

Brassards noirs, mines tristes, les joueurs du PSG arrivent à Chaban-Delmas moralement atteints. Le réalisateur du match n'hésite pas à filmer les larmes de Carlo Ancelloti lors de la minute de silence. Un peu de pathos oui, mais on ne doute pas à cet instant de l'émotion qui peut régner au sein de l’effectif parisien. On parlait même d’un Mamadou Sakho encore choqué, incertain pour le match, Nick Broad se tuant au retour d’une visite chez le défenseur parisien.


On s’attendait donc mardi à la présence de tout l’effectif parisien, la direction, le staff technique et tout l’effectif, les stars ou les sans grades, tous unis dans la douleur de la perte d’un collègue et ami comme ils l’avaient été une semaine auparavant, certains joueurs ayant même annoncé aux médias leur présence aux funérailles de leur collègue.

C’est un tweet de Christophe Berard, journaliste au Parisien, qui fait office de douche froide. Le journaliste annonce que seulement trois joueurs de l’effectif ont accompagné Carlo Ancelloti et Leonardo, bien que le PSG ait affrété un avion pour l’occasion.... 3 joueurs.

 

 

Un soupçon d'hypocrisie


Certains joueurs absents auraient argué le besoin de récupérer avant un match important contre Toulouse, d’autres auraient été vus plutôt fringants, au concert des Enfoirés à Bercy, comme on peut le voir sur le blog de Mamadou Sakho.


Tout laisse à croire que le staff et les supporters n’ont pas apprécié ce désistement soudain de la quasi-totalité de l’effectif du PSG. Déjà parce qu’il donne une image déplorable d’un club parisien déjà considéré par certains comme un nouveau riche omniprésent médiatiquement à l’effectif sans âme, et prétentieux, ensuite parce qu’il n'élève pas le club en tant qu’institution.

 

C’est malheureusement dans les drames que parfois le lien entre les joueurs et un club se créé, que se fédère un groupe, et que naissent les grands clubs. Ici on a l’impression que les joueurs parisiens ont joué la comédie durant une semaine, espérant un report du match plus pour des raisons sportives (il manquait Thiago Silva) que morales, et trompant au passage, ce qui est plus grave, leur staff et leurs dirigeants.


Le Bayern Munich, le Real Madrid, Manchester United ou même l’AC Milan, ces clubs dont veut s’inspirer le PSG en terme de notoriété ne sont pas juste une accumulation de noms d’egos et de salaires, c’est "plus que ça" comme le dit en substance le slogan du FC Barcelone : "mes que un club".

 

Où sont passées les valeurs ?

 

Dans ces clubs, on fait front dans l’adversité. Quand Guardiola annonce son départ de Barcelone en conférence de presse, c’est tout l’effectif (sauf Messi) qui est assis aux premières rangs. Quand Ribéry est englué dans ses affaires extra-sportive, le Bayern surprotège le joueur et prend en charge sa communication. En échange, le joueur calme ses ardeurs de départ, souhaitant même rester au club bavarois jusqu’à la fin de sa carrière. Et quand l'exubérant José Mourinho, entraîneur du Real, met sur le banc lker Casillas, capitaine et figure historique du club, on n’hésite pas plus à la direction et chez les socios à réclamer sa tête.


Le club, son histoire, ses valeurs, sont plus importantes que les turpides des joueurs et les coups d’éclats médiatiques des entraîneurs.


L'absence des joueurs du PSG à l’enterrement de Nick Broad démontre que le club de la capitale n’est pas encore ce grand club européen dont rêve le Qatar et ses supporters. Ce n’est aujourd’hui qu’un très riche club de foot, encore jeune, constitué d’un effectif prestigieux et talentueux, mais pas encore d’un collectif solidaire et respectueux du club.

 

Le club, et ce n’est pas le seul en France, est encore à la recherche de valeurs, et malheureusement, les valeurs ça ne s'achètent pas.

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