Deux jours avant la désignation du directeur de Sciences Po et près d'un an après le décès de Richard Descoings, la confusion s'est installée: un des deux conseils de l'Institut a repêché mercredi un candidat non officiellement retenu, tandis qu'étudiants et personnels dénonçaient une procédure «verrouillée».
Une succession qui fait débat
La succession de Richard Descoings, disparu brutalement début avril 2012 à New York, a été riche en rebondissements. Fin novembre, la ministre de l'Enseignement supérieur, Geneviève Fioraso, avait refusé d'avaliser une première procédure, critiquée pour son opacité, au moment où la Cour des comptes confirmait des dysfonctionnements dans la prestigieuse école. Elle avait rejeté la nomination du directeur de la scolarité Hervé Crès, considéré comme le candidat des présidents des deux conseils de l'école, Jean-Claude Casanova (FNSP) et Michel Pébereau (IEP), lequel vient de céder sa place.
Ils réclament une procédure «plus transparente»
La ministre avait alors nommé un administrateur provisoire, Jean Gaereminck, chargé d'organiser une nouvelle procédure «ouverte, transparente et incontestable». Un comité de recherche a été créé pour sélectionner les candidats: 32 se sont présentés, 6 ont été présélectionnés, sans que les noms ni les projets ne soient dévoilés.Etudiants, enseignants et salariés de Sciences Po, mobilisés mercredi soir en assemblée générale, réclament une procédure «plus transparente».
L'assemblée générale a voté plusieurs résolutions, réclamant notamment la démission de Jean-Claude Casanova, président du Conseil d'administration de la FNSP et un débat public entre les candidats avant la désignation, prévue vendredi, par les deux conseils qui chapeautent l'école. Ils ont aussi demandé que les projets des 32 candidats qui ont postulé soient rendus publics et que soit affirmée la prééminence du Conseil de direction de l'Institut d'études politiques (IEP), dont les membres sont élus, sur le CA de la FNSP, dont les membres sont cooptés.
