La Suisse persiste et signe. Contrairement au Luxembourg et à l'Autriche qui sont prêts à échanger leurs informations bancaires de manière automatique, la confédération helvétique refuse de céder. «L'État doit absolument respecter la sphère privée, affirme le président suisse, Ueli Maurer, issu de l'Union démocratique du centre (UDC), un mouvement conservateur, dans une interview au Matin dimanche . C'est un moment dangereux pour la Suisse mais, contrairement au Luxembourg, nous ne sommes pas membres de l'Union européenne, nous répondons au standard de l'OCDE. Il n'y a aucune raison de changer de stratégie maintenant». Et d'ajouter: «Gardons notre ligne et ne nous laissons pas influencer par ce qui se passe en Europe». Une réponse ferme aux propos du ministre des Finances allemand, Wolfgang Schäuble, qui a demandé, cette semaine, dans une interview au Suddeutsche Zeitung, à tous les membres de l'Union européenne et aux Etats tiers, d'appliquer l'échange automatique.
Surtout, les propos du président suisse se veulent plus fermes que ceux de sa ministre des Finances. Certes, Eveline Widmer-Schlumpf, qui a quitté l'UDC pour le Parti bourgeois démocratique, refuse dans l'immédiat l'échange automatique d'informations, mais elle a laissé entendre que la Suisse pourrait revoir sa position. «Je suis persuadée qu'il est important de réfléchir à des variantes», a-t-elle déclaré au journal suisse Le Temps . Pour Ueli Maurer, seule «la pression intérieure» pourrait amener la Suisse à changer de position.
Mais le succès des États-Unis qui avait obtenu, il y a un an, du Parlement suisse d'obtenir des listes de clients des banques helvètes en cas de suspicion de fraude, pourrait donner de l'espoir aux Européens. «Le secret bancaire n'a plus autant d'importance qu'il y a deux ou trois ans, car la force de la place financière tient aujourd'hui aussi à la stabilité politique de la Suisse, à sa fiabilité et à sa crédibilité. Les banquiers me disent que c'est ce qui fait venir les clients étrangers», concède le président suisse. Jusqu'à quand la Suisse pourra résister à la pression fiscale?
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