Suivi quotidien, flash d'actualités touchant l'économie,culture,environnement, société, politique,poésie, l'international.
Ségolène Royal n'est pas venue au congrès du PS pour rien : elle avait un message à faire passer à François Hollande. Il tient en quelques mots : « clarifier», « accélérer », redonner de « l'espérance ». L'ex-candidate à la présidentielle de 2007 n'avait pas participé à une réunion socialiste depuis sa défaite aux législatives de juin. Elle a fait son retour au sein du PS vendredi, mais elle n'a passé que quelques heures à Toulouse, choisissant d'intervenir dans une table ronde sur l'Europe, au côté d'invités étrangers. L'occasion de développer sa vision des défis qui se présentent à l'Union.
Si elle a plusieurs fois cité les noms de François Hollande et Jean-Marc Ayrault, adhérant à leur volonté de réorientation de l'Europe, Ségolène Royal les a aussi incité à tenir les promesses de campagne sur l'un de ces sujets de prédilection : la lutte contre la spéculation bancaire. « Il est temps de passer aux actes », a-t-elle lancé avant d'insister : « des propositions très concrètes ont été faites pendant la campagne présidentielle ». «Oui, nous avons promis de rendre public le nom des banques et des fonds de pensions qui ont spéculé sur la dette grecque et sur les assurance de la dette grecque, eh bien faisons-le ! Oui, nous avons promis d'interdire les ventes à terme de titres que les banques ne possèdent pas, eh bien faisons-le ! » Et de plaider pour l'interdiction des « bonus individuels » et des paradis fiscaux . « La finance doit redevenir ce qu'elle n'aurait jamais dû cesser d'être : une industrie des services financiers, au service de l'économie réelle, elle-même au service de l'emploi et du bien-être », a-t-elle déclarée.
La présidente de la région Poitou-Charentes a réservé ses commentaires sur la situation en France à la presse. Et elle avait décidée de se situer sur le seul terrain du contenu des politiques. Les couacs gouvernementaux ? Un « rodage ». Le rôle qu'elle aimerait jouer à l'avenir ? Celle qui a confié à l'hebdomadaire « le Point » vouloir faire partie du « dispositif global » du chef de l'Etat n'a pas réitéré ses propos à Toulouse : « Ne personnalisons pas les choses ». Ce qu'elle voulait, c'était parler de « l'avenir de la France ». « Il faut entendre ce qu'attendent les Français, c'est palpable », a-t-elle souligné en direction du gouvernement. Avant de glisser quand même : « Si je peux aider à cette vigilance... »
Pour Ségolène Royal, « les Français sont prêts aux sacrifices mais ils veulent avoir la garantie que ces sacrifices déboucheront sur un mieux être ». Dans le débat sur la compétitivité, elle est d'accord pour accorder davantage d' « agilité » (flexibilité) aux entreprises, assortie de garanties pour les salariés, mais la succession actuelle de plans sociaux est « inacceptable ». C'est pourquoi, elle a conseillé au chef de l'Etat de « clarifier les enjeux » de la crise actuelle « pour les Français », d' »accélérer les réformes de structures » et de « mobiliser la force créatrice des Français pour redonner une espérance commune ». « On est la France quand même ! » s'est-elle exclamée, renouant avec ses accents cocardiers de sa campagne de 2007.