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Selon Washington, la NSA a bien intercepté illégalement des e-mails

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Selon Washington, la NSA a bien intercepté illégalement des e-mails

Le Monde.fr avec Reuters | <time datetime="2013-08-21T06:43:26+02:00" itemprop="datePublished">21.08.2013 à 06h43</time> • Mis à jour le <time datetime="2013-08-22T00:08:33+02:00" itemprop="dateModified">22.08.2013 à 00h08</time>

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Manifestation de soutien à Edward Snowden, le 27 juin à Kiev.

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Washington a reconnu mercredi 21 août que la National Security Agency (NSA) avait bien violé la loi encadrant la surveillance des communications électroniques entre 2008 et 2011. Des dérives liées à "un problème technologique (...) et non à un excès de l'(agence)", a expliqué un responsable sous couvert d'anonymat.

La justice a secrètement mis fin en 2011 au programme, jugé illégal au regard des protections constitutionnelles garanties aux Américains. C'est cette décision, rendue par un magistrat de la Foreign Intelligence Surveillance Court (FISC), le tribunal secret chargé de superviser les écoutes et valider ou rejeter les programmes de la NSA, qui a été déclassifiée par le gouvernement.

Pendant trois ans, alors qu'elle interceptait les données internationales passant par les réseaux de fibre optique américains, l'agence n'aurait pas été capable de séparer les communications d'étrangers et celles d'Américains. Quelque 56 000 courriers électroniques de citoyens des Etats-Unis auraient ainsi été récoltés, selon le Washington Post. La loi exige pourtant des mandats individuels dès que la surveillance concerne des nationaux ou des étrangers se trouvant sur le territoire américain.

 75 % DU TRAFIC SOUS SURVEILLANCE

Mercredi, le Wall Street Journal (WSJ) a également affirmé que la NSA conservait le contenu de certains e-mails envoyés par des citoyens américains et filtrait les appels locaux passés par Internet. Dès lors qu'elle dispose d'un mandat signé par un juge, l'agence est en mesure d'intercepter pratiquement toutes les informations qui existent en ligne, conclut le titre.

Par ailleurs, le quotidien américain révèle qu'elle a également la capacité de surveiller 75 % du trafic sur Internet aux Etats-Unis. Citant d'actuels et anciens responsables de la NSA, le journal souligne que ce chiffre est supérieur à celui qui avait été fourni par les autorités après les révélations d'Edward Snowden sur les programmes de surveillance américains.

Début août, la NSA jurait dans un communiqué de sept pages ne s'intéresser qu'à 1,6 % des données circulant sur Internet, dont seulement 0,025 % est "effectivement sélectionné pour un examen".

"Autrement dit, si l'environnement mondial des communications était représenté par un terrain de basket classique, la collecte de la NSA équivaudrait à une surface de la taille d'une pièce de 10 cents sur ce terrain."

RÉVÉLATIONS EN CASCADE

Ces nouvelles révélations de la presse anglo-saxone viennent s'ajouter à une liste qui s'allonge chaque semaine. Auparavant, le Washington Post, s'appuyant sur une analyse d'un audit interne, rapportait que la NSA avait commis des "milliers" d'infractions aux lois sur le respect de la vie privée depuis qu'elle a été dotée de nouveaux pouvoirs en 2008.

Mardi, le quotidien britannique The Guardian, parmi les premiers à diffuser les documents secrets obtenus auprès de l'ancien consultant Edward Snowden, a raconté les pressions du gouvernement britannique, qui l'a notamment obligé à détruire des disques durs.

David Miranda, le mari du journaliste Glenn Greenwald arrêté à Londres par la police, a indiqué son intention de porter plainte contre le ministère de l'intérieur. Il avait été arrêté à sa sortie de l'avion, questionné pendant huit heures et cinquante-cinq minutes dans l'aéroport londonien d'Heathrow, avant d'être délesté de ses effets personnels, puis relâché.

Son récit pourrait figurer sur le site Schedule 7 Stories ("Histoires de l'article 7"), qui compile les témoignages de "communautés suspectes" victimes de contrôles aux frontières jugés abusifs au nom de l'article 7, clé de voûte de la législation antiterroriste britannique.

Lire nos explications : "NSA : l'arrestation du compagnon d'un journaliste relance le débat sur les lois antiterroristes"

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