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Le Point.fr - Publié le <time datetime="2014-06-11T06:11" itemprop="datePublished" pubdate="">11/06/2014 à 06:11</time> - Modifié le <time datetime="2014-06-11T06:47" itemprop="dateModified">11/06/2014 à 06:47 </time>lien
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</aside></section>D'importantes perturbations étaient attendues mercredi dans les chemins de fer à l'occasion d'une grève nationale à l'appel de quatre syndicats de cheminots de la SNCF qui protestent contre le projet de réforme ferroviaire examiné la semaine prochaine par les députés. "Le nombre de grévistes sera important, notamment chez les contrôleurs et conducteurs", dont 55 % se sont déclarés prêts à faire grève, a prévenu la direction de la SNCF.
Globalement, plus de quatre cheminots sur dix (46 %), parmi les catégories ayant l'obligation de se déclarer, se sont dits grévistes, a-t-elle précisé. La grève a démarré mardi soir, mais l'essentiel des perturbations est prévu mercredi. À cette grève, s'ajoute une manifestation des taxis, dans le cadre d'une journée européenne de protestation contre la concurrence des voitures de tourisme avec chauffeur.
Face à cette situation, la SNCF a prévu un dispositif "assez exceptionnel" d'information : SMS aux clients TER, volontaires dans les gares pour aider les voyageurs, numéros verts, invitations à reporter son voyage ou à pratiquer le covoiturage. Sur les grandes lignes, seulement un TGV sur deux ou trois, selon les axes, devrait circuler. Le trafic sera également perturbé en régions et en Ile-de-France, avec seulement un TER et un Transilien sur trois.
En Ile-de-France, où circulent trois millions de voyageurs par jour, "la situation va être rude", a prévenu Bénédicte Tilloy, directrice générale SNCF Transilien. Sur le réseau Paris-Nord et Paris-Est, 70 % des conducteurs ont affiché leur intention de faire grève. La grève est reconductible par périodes de 24 heures, la poursuite ou non du mouvement devant être votée lors d'assemblées générales de cheminots. "Ce sont les cheminots qui décident", a prévenu la CGT-Cheminots.
Le Medef a appelé les grévistes à "prendre leurs responsabilités" en nouant un "dialogue constructif" avec le gouvernement et à ne pas reconduire leur mouvement "néfaste pour l'économie". "Alors que la situation économique de notre pays est très dégradée et nécessite une thérapie de choc, il importe de tout faire pour soutenir l'activité économique des entreprises, donc l'emploi", déclare l'organisation patronale.
La CGT et SUD-Rail, premier et troisième syndicat à la SNCF, rejoints par FO et First, ont appelé à cette grève pour obtenir une modification du projet de réforme ferroviaire qui doit être examiné par l'Assemblée nationale du 17 au 19 juin. Destiné à stabiliser la dette du secteur ferroviaire et à préparer son ouverture totale à la concurrence, ce projet prévoit de regrouper la SNCF et Réseau ferré de France (RFF), qui gère le réseau.
Pour les syndicats, le projet ne règle pas le problème de l'endettement et ne va pas assez loin dans la réunification des deux entreprises, séparées en 1997. "En l'état actuel, le texte ne convient pas", estime la CGT. "Il faut que le gouvernement annonce un report ou une substitution du texte." Pour SUD-Rail, "cette réforme ne vise qu'à répondre aux exigences de la libre concurrence". Selon FO, les cheminots refusent de "voir sacrifier leurs acquis sociaux sur l'autel de l'ouverture à la concurrence".
La réforme est "indispensable" et vise à "sauver le rail", a plaidé le secrétaire d'État aux Transports Frédéric Cuvillier. "Nous sommes à des niveaux de dette de plus de 40 milliards et si rien n'est fait, en 2025 nous serons à 80 milliards de dette." Rapprocher la SNCF et RFF est "indispensable", car "il faut d'abord que ceux qui s'occupent des infrastructures (...) travaillent avec ceux qui les utilisent. Aujourd'hui, ce n'est pas le cas", a-t-il ajouté.
Uni dans une plateforme revendicative avec la CGT et SUD-Rail, l'Unsa, deuxième syndicat, a préféré ne pas s'associer à la grève dans l'attente de rencontrer jeudi M. Cuvillier, tout en déposant un préavis de grève pour le 17 juin. Le secrétaire d'État recevra à part la CFDT-Cheminots pour laquelle ne rien faire "serait pire que tout". "Il faut que le système ferroviaire soit réformé" afin d'éviter une situation similaire à celle du fret, en déroute depuis son ouverture à la concurrence, selon la CFDT.