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SNCM : Cuvillier et Valls favorables à un redressement judiciaire

 

 

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SNCM : Cuvillier et Valls favorables
à un redressement judiciaire
LES ECHOS | <time datetime="2014-07-05T08:17:23+02:00">LE 05/07 À 08:17, MIS À JOUR À 18:44   </time>lien

 

 

 

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  • <figure itemid="/medias/2014/07/05/1021907_sncm-cuvillier-et-valls-favorables-a-un-redressement-judiciaire-web-tete-0203621109510_660x440p.jpg" itemprop="associatedMedia" itemscope="" itemtype="http://schema.org/ImageObject"><figcaption itemprop="description">

Pour la SNCM, l’avenir passe par la voie du redressement judiciaire a déclaré le secrétaire d’Etat aux Transports, Frédéric Cuvillier. - AFP PHOTO / BERTRAND LANGLOIS



 
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Dans un entretien à « La Provence », le secrétaire d’Etat aux Transports, Frédéric Cuvillier, envisage le redressement judiciaire de la compagnie maritime en grève depuis le 24 juin. Manuel Valls approuve. Les syndicats crient au scandale.

Cette fois le mot tabou est lâché. « La voie du redressement judiciaire » favorisée par « la direction de l’entreprise » est « le seul moyen pour redonner un avenir à la SNCM, faire qu’elle redevienne un fleuron », déclare au sujet de la compagnie maritime en difficulté le secrétaire d’Etat aux Transports, Frédéric Cuvillier, dans les colonnes du quotidien régional La Provence paru samedi . Il vient d’écrire « dans ce sens » aux organisations syndicales.

C’est la première fois que cette hypothèse est publiquement évoquée comme une solution par le gouvernement, sommé par les syndicats de « clarifier » ses positions, alors que les grévistes dénoncent la trahison de l’Etat actionnaire qui détient 25% du capital de la SNCM. Interrogé lui aussi, Manuel Valls a confirmé qu'un tel scénario était, selon le gouvernement, la meilleure solution pour la compagnie maritime en grève depuis le 24 juin. "C'est important de tenir un langage de vérité à l'égard de des acteurs économiques (...) mais surtout à l'égard des salariés. C'est sur cette voie qu'il faut construire l'avenir de cette société", a déclaré le Premier ministre samedi sur RTL.

Le représentant CGT des marins, Frédéric Alpozzo, a vivement réagi. "Le redressement judiciaire, c'est un moyen de démanteler la SNCM, avec plus d'un millier de licenciements. Ce n'est pas acceptable pour nous. Il a fallu 12 jours de grève, précédés d'un préavis d'un mois, pour avoir ça?", s'est-il insurgé, qualifiant le ministre de "menteur et liquidateur". Maurice Perrin, le délégué CFE-CGC et représentant des actionnaires salariés au conseil de surveillance, a estimé pour sa part que Frédéric Cuvillier est "passé aux aveux". " Il négocie avec Bruxelles un périmètre très réduit de la compagnie , a-t-il lancé, (...) Si nous n'avions pas porté l'exigence de clarification et de vérité on nous aurait caché la vérité jusqu'en octobre. C'est un procédé honteux, scandaleux".

 

Le secrétaire d’Etat, qui avait rencontré lundi soir à Marseille les représentants des salariés, justifie ce choix par la double « épée de Damoclès » pesant sur la compagnie. Celle de la trésorerie qui « pèse sur la pérennité de l’entreprise à court et à moyen terme » et celle des « contentieux européens », la SNCM étant condamné par Bruxelles à rembourser 440 millions d’euros d’aides publiques jugées illicites.

« Négocier prend du temps et l’Etat ne peut prendre ces sommes à sa charge. Il n’a pas à le faire. Il ne peut, de toutes façons, légalement pas le faire. Cela veut dire que si l’on veut échapper aux contentieux, il faut changer l’organisation de la société. Il ne faut pas qu’il y ait une continuité d’activité dans les mêmes conditions. Continuer de la sorte aboutirait à une liquidation dont nous ne voulons pas. Chacun doit le comprendre sereinement. Il faut donc un plan de redressement maîtrisé. La situation décrite par la direction de l’entreprise laisse à penser que ce redressement passe par la voie du redressement judiciaire », explique ainsi le secrétaire d’Etat.

Il conclut enfin sur l’importance de « donner une chance de réussite à la mission du négociateur Gilles Bélier », qu’il a nommé lundi dans ce dossier. « Si l’on veut sauver la SNCM, tout le monde doit travailler ensemble », conclut-il.

AUSSI : DOSSIER La SNCM, un dossier brûlant

La position de Transdev

En se rangeant à l’option du redressement judiciaire, le secrétaire d’Etat fait finalement sienne la position de l’actionnaire principal, Transdev -détenu à parité par Veolia et la Caisse des dépôts, dont l’homme fort Antoine Frérot, PDG de Veolia, préconise depuis fin février la mise sous « protection » de la SNCM, pour « la mettre à l’abri des amendes de Bruxelles ». Sans appeler explicitement à la fin de la grève engagée le 24 juin _ la 3ème troisième depuis le début de l'année après celles de janvier et de mars _ et qui a provoqué des heurts jeudi à Porto Vecchio (voir la vidéo ci-dessous), Frédéric Cuvillier fait appel à la responsabilité de chacun car avec cette grève, la situation de la compagnie « s’aggrave de jour en jour ».

S’il ajoute enfin qu’il faudra « moderniser la flotte », Frédéric Cuvillier pointe ce que tout le monde savait. A savoir que la SNCM « n’est pas en mesure aujourd’hui de passer commande de nouveaux navires ». Le plan industriel de redressement de la SNCM initialement validé début janvier par l’Etat avait pourtant prévu un tel renouvellement de la flotte, tout comme une augmentation du temps de travail et un plan de départ de 500 postes (sur un effectif de 2.600 salariés), déjà lancé. Dans « La Provence », le secrétaire d’Etat évoque à ce sujet la nécessité de « financer un plan social solide, en plus des départs volontaires ».

La menace de l'exécutif corse

Le président de l'exécutif de Corse, Paul Giacobbi, en a appelé vendredi au gouvernement, dans les colonnes de Corse-matin, il a notamment demandé au Premier ministre, Manuel Valls, d'assurer la libre circulation maritime. "Si cet appel n’était pas entendu, a-t-il précisé, il va de soi que la CTC serait amenée à faire application dans les jours qui viennent de la décision de justice exécutoire depuis un an, qui fait obligation à l’entreprise SNCM de rembourser les aides accordées dans le cadre du service complémentaire. Ceci aurait pour conséquence d’interdire tous versements de compensation financière prévus par la DSP à concurrence de 200 millions d’euros."

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