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SNCM : l?Etat cherche une?sortie de crise

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SNCM : l’Etat cherche une sortie de crise
Par Paul Molga | 05/01 | 10:39 | mis à jour à 19:33

Les bateaux de la compagnie sont toujours à quai. Les salariés réclament un engagement plus ferme de l’Etat.

La grève s’est poursuivie hier à Marseille, à la SNCM, mais aussi à la Méridonale. - DR

La grève s’est poursuivie hier à Marseille, à la SNCM, mais aussi à la Méridonale. - DR

De notre correspondant à Marseille.

Le ministre des Transports parviendra-t-il à désamorcer la bombe que ses services ont allumée il y a quelques jours en proposant aux partenaires sociaux de la SNCM de dénoncer le plan de redressement de l’entreprise qu’ils ont pourtant validé à une large majorité voilà quelques semaines ? En attendant, la grève s’est poursuivie hier à Marseille, à la SNCM, mais aussi à la Méridonale. Devant la désorganisation provoquée, le Syndicat des transporteurs corses (SPTC) a, de son côté, annoncé l’arrêt du chargement de fret entre l’île et le continent. L’Office des transports de Corse réclame, lui, un service minimum aux compagnies.

« L’Etat doit clarifier sa position, s’emporte Frédéric Alpozzo, responsable de la CGT des marins, notamment sur les règles sociales qui doivent s’imposer à toute entreprise de transport de passagers opérant depuis les ports français. Il doit aussi accompagner le renouvellement indispensable de la flotte. »

Démenti de Christian Garin

Approuvé par deux tiers des salariés à l’issue d’un scrutin suivi par 72 % d’entre eux, le plan de retour à l’équilibre élaboré par Marc Dufour, président du directoire de la SNCM, et validé par son conseil d’administration, prévoit d’économiser 70 millions d’euros par an pour retrouver une rentabilité en deux ans grâce à la suppression de 500 postes et une hausse de la productivité de 25 %. Pour y parvenir, la compagnie a besoin de 4 nouveaux navires plus rapides, moins gourmands et mieux adaptés au transport mixte de fret et de passagers. Mais ni Veolia-Transdev, principal actionnaire, ni l’Etat qui contrôle 25 % du capital, ne sont prêts à débourser seuls les 600 millions d’euros nécessaires, et la condamnation de la compagnie à rembourser 440 millions d’euros d’aides d’Etat, indûment perçues selon la Commission européenne, écarte d’éventuelles candidatures de reprise.

Présenté ce week-end comme chevalier blanc de la SNCM, l’ancienne figure de prou des armateurs français, Christian Garin, a ainsi démenti s’intéresser au dossier. « J’ai bien proposé d’intervenir sur le financement de la nouvelle flotte avec l’appui d’un puissant industriel européen (le « JDD » a évoqué le norvégien Siem déjà présent à Marseille avec la Comex), mais c’était il y a huit mois, explique-t-il aux « Echos ». Ni l’Etat ni Veolia n’ont donné suite et nous avons refermé le dossier. Le contexte a changé. Je ne connais personne qui ferait une proposition semblable aujourd’hui. »

Réunion cruciale vendredi

Les salariés et la direction veulent pourtant y croire. « La SNCM compte 280 millions d’euros d’actifs, la collectivité Corse lui doit 60 millions, elle est parvenue à remettre de l’ordre dans le mille-feuille historique d’accords sociaux qui l’empêchait de se mesurer au marché concurrentiel et dispose avec la nouvelle délégation de service public (DSP) d’une garantie de près de 65 % de son chiffre d’affaires pendant dix ans, analyse un expert maritime. Il lui manque un matériel naval homogène et performant qui permette des économies d’échelle. La seule question qui vaille est donc de savoir qui financera cet investissement. »

A quelques mois des municipales, la réunion ministérielle promise vendredi par Frédéric Cuvillier, s’annonce donc cruciale pour la paix sociale à Marseille que la gauche espère reconquérir. Le financement de l’achat des navires devrait donc figurer en tête de l’ordre du jour. « Toutes les initiatives seront bonnes », a souligné le ministre des Transports, qui a évoqué l’implication possible de la Caisse des Dépôts et de la BPI dans le montage financier de l’opération.  

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