Les collaborateurs de Jean-Marc Ayrault et Anne Hidalgo, ont relevé samedi une explosion
soudaine du nombre d’abonnés aux comptes Twitter du Premier ministre et de la candidate PS à Paris, soupçonnant une manipulation qui pourrait toucher d’autres responsables politiques. Le compte
Twitter d’Anne Hidalgo a enregistré plus de 50.000 nouveaux abonnés dans la nuit de vendredi à
samedi, ce qui a conduit ses collaborateurs à dénoncer une «manipulation extérieure» visant à gonfler artificiellement le nombre d’abonnés de la candidate socialiste aux municipales à Paris. «Une
progression d’une telle ampleur ne peut être due qu’à une manipulation extérieure», a estimé
la responsable numérique de la campagne de Mme Hidalgo, Clémence Pène, dans un communiqué.
Twitter, Facebook, YouTube... l’achat, contre quelques euros, d’abonnés, de vues ou de «j’aime» est
une pratique courante sur internet où une multitude de sites proposent ce service en sachant que
l’influence sur les réseaux sociaux se mesure à la popularité des comptes ou des publications. Mais
il est également techniquement possible d’acheter des abonnés et de les destiner à des comptes tiers,
a indiqué à l’AFP un bon connaisseur des réseaux sociaux.
«Ce n’est pas la première fois que le compte @Anne_Hidalgo subit de telles manoeuvres. Nous
n’avons jamais pratiqué et nous dénoncerons systématiquement l’achat de faux followers», souligne
Mme Pène, qui a alerté les services de Twitter France et souhaite que «ce problème soit réglé rapidement». «Nous remercions les 120.000 personnes bien réelles qui suivent tous les jours
l’actualité d’Anne Hidalgo sur Twitter», ajoute-t-elle, sans émettre la moindre hypothèse sur les
auteurs de la manipulation présumée.
Emile Josselin, conseiller internet et réseaux sociaux du Premier ministre Jean-Marc Ayrault,
également touché par cette explosion soudaine du nombre d’abonnés, a ironisé sur son compte
Twitter : «Merci aux 60.000 (!!) followers Brésiliens ou hispanophones qui ont suivi @jeanmarcayrault, @FrancoisFillon, @SLeFoll cette nuit. #manip». Dans un deuxième tweet, il s’est interrogé sur
une éventuelle manipulation «venue de l’extrême droite» afin de discréditer les hommes politiques
ayant supposément acheté des abonnés. Le cabinet du Premier ministre a indiqué avoir également
alerté Twitter France.
D’autres personnalités politiques, comme Ségolène Royal, Stéphane Le Foll, François Fillon ou
Jean-François Copé auraient été victimes du même phénomène sur leur compte Twitter, soulignait
ce samedi le Lab d’Europe 1.
