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L'asile s'est invité vendredi à la promenade proposée par la conseillère fédérale Simonetta Sommaruga à la presse le long de l'Aar. Pas question de priver tous les requérants d'asile de piscine, que ce soit à Bremgarten (AG) ou ailleurs, a-t-elle précisé pour tenter d'apaiser la controverse entourant le nouveau centre en Argovie.
Une petite demi-heure de marche de long de l'Aar de la fosse aux ours au jardin botanique, des canapés légers et des discussions détendues avec les correspondants parlementaires à Berne. La conseillère fédérale n'a pu profiter de l'ambiance prévue initialement.
La polémique fait rage depuis des jours. Un accord passé entre la Confédération et la commune de Bremgarten restreint la liberté de mouvement des requérants. Ces derniers n'ont pas le droit de pénétrer dans les installations scolaires et sportives du lundi au vendredi de 07h00 à 18h00 sans l'accord des autorités, mais aucune sanction n'est prévue s'ils passent outre.
La presse étrangère s'en mêle
Mais un plan intégré à l'accord a laissé penser que beaucoup d'autres lieux publics comme les églises, le casino ou la mairie faisaient partie des zones interdites. Evoquant un malentendu, le directeur et les porte-parole de l'Office fédéral des migrations (ODM) ont tenté d'éteindre l'incendie, mais sans succès. La presse étrangère a mis de l'huile sur le feu en parlant d'apartheid.
La cheffe du Département de justice et police ne pouvait rester silencieuse. Les droits fondamentaux des requérants d'asile peuvent-ils être limités pour répondre aux craintes de la population? «Je dis clairement non, ce n'est pas admissible», a déclaré la ministre.
«Les droits fondamentaux sont les mêmes pour tout le monde et ils ne sont pas négociables». Il n'y aura pas d'interdiction générale préventive de piscine pour les requérants, que ce soit à Bremgarten ou dans une autre commune de Suisse. Rien ne le justifie et une base légale fait défaut, a-t-elle ajouté.
Mesure d'organisation
Selon la socialiste, les restrictions convenues ne sont d'ailleurs pas des interdictions, mais une «mesure d'organisation». «Il est judicieux que l'ODM puisse régler avec une commune l'utilisation des installations scolaires et sportives durant les heures de classe.» Pour les autres bâtiments, les règles sont identiques pour tous.
La Confédération doit trouver des hébergements pour les demandeurs d'asile et peut nouvellement ouvrir des centres sans autorisation de la commune. Mais elle est en contact avec les communes pour prévenir les conflits. Selon Mme Sommaruga, les accords comme celui passé avec Bremgarten sont dès lors tout à fait «judicieux et adaptés».
Mis en service lundi, l'hébergement dans les locaux militaires de Bremgarten peut accueillir jusqu'à 150 requérants d'asile. Berne prévoit de l'utiliser à cette fin durant trois ans maximum. Ce n'est pas la première fois que la liberté de mouvement des demandeurs est restreinte: les pensionnaires des centres de Nottwil (LU) et Alpnach (OW) n'ont pas non plus accès à l'ensemble de la commune.
Tradition au Conseil fédéral
C'est la deuxième fois que Simonetta Sommaruga invitait la presse à une promenade estivale au bord de l'Aar. L'an dernier, elle avait sciemment évité l'asile pour aborder des thèmes moins sous les projecteurs des médias.
Le ministre de la défense Ueli Maurer a lui l'habitude de convier les médias à des ballades enneigées entre Noël et Nouvel an. Légendaires également, les grandes enjambées aux côtés de l'ancien conseiller fédéral valaisan Pascal Couchepin sur l'Ile Saint-Pierre, sur le lac de Bienne.
(ats/Newsnet)

L'Office fédéral des migrations (ODM) justifie les périmètres d'interdiction contestés en vigueur au centre national pour requérants de Bremgarten (AG). Le directeur de l'ODM Mario Gattiker rappelle que seules les zones autour des écoles et celles réservées aux activités sportives leur sont interdites sans l'accord de la commune.
Les bibliothèques, les places communales et les églises leur sont en revanche pleinement accessibles, précise Mario Gattiker mercredi dans diverses interviews à la presse alémanique. Plusieurs médias ont colporté des erreurs à ce propos en raison d'un mauvais plan de zone attaché à l'accord passé entre l'ODM et la commune de Bremgarten, explique-t-il.
Les restrictions pour les installations scolaires et sportives sont valables de 07h00 à 18h00 en semaine. Mais les requérants peuvent utiliser celles-ci si la commune l'a autorisé au préalable, déclare le directeur de l'ODM.
Avec ces dispositions, le centre tient compte des préoccupations de la population locale. «Nous voulons juste éviter que beaucoup de requérants se rendent en même temps à la piscine», poursuit M.Gattiker.
Droits fondamentaux respectés
L'activité scolaire et récréative de la population doit être prioritaire. «Il faut des règles du jeu afin que la vie quotidienne entre les requérants et les habitants se passe de manière ordonnée et si possible sans conflit». Selon Mario Gattiker, ces règles respectent les droits fondamentaux des personnes.
Aucune sanction n'est prévue si des demandeurs d'asile ne s'y tiennent pas. «Les sanctions ne sont légales qu'en cas de menace de l'ordre et de la sécurité publics. L'utilisation d'aires sportives n'est pas suffisante, tant que la personne s'y comporte correctement», poursuit le directeur de l'ODM. Les requérants du centre seront en tout cas informés sur les restrictions.
Le centre national de Bremgarten a ouvert ses portes en début de semaine. Il offre 150 places et son fonctionnement est prévu pour trois ans.