L'essentiel
• Les pourparlers entre la Russie et les Etats-Unis se poursuivent à Genève autour de la question du contrôle des armes chimiques syriennes. John Kerry et Sergueï Lavrov se réunissent à nouveau.
• L'ONU a confirmé avoir reçu de Damas une demande d'inscription à la Convention sur les armes chimiques, qui en interdit l'usage. Un article du Wall Street Journal affirmant que la Syrie disperse actuellement son arsenal jette le doute sur cette initiative saluée par Vladimir Poutine.
• Sur le terrain, l'ONG Human Rights Watch accuse le régime syrien d'avoir procédé à de multiples exécutions sommaires dans des villages, évoquant un bilan de 248 morts au minimum.
20h45. Plusieurs centaines de milliers de personnes sont «prises au piège» des combats dans les environs de Damas, selon l’ONU qui appelle à une trêve pour les secourir et les évacuer. Dans un communiqué, la responsable des opérations humanitaires de l’ONU Valerie Amos se déclare «extrêmement inquiète quant aux informations selon lesquelles plus de 500 000 personnes sont prises au piège dans la banlieue rurale de Damas» et manquent d’eau, de vivres et de médicaments. La situation est particulièrement dramatique dans la localité de Moadamiyet al-Sham, près de Damas, où 12 000 habitants restent bloqués après que la majorité de la population a fui.
19h30. François Hollande et les chefs des diplomaties saoudienne, jordanienne et des Emirats arabes unis appellent à «renforcer le soutien international à l’opposition démocratique» en Syrie, à l’issue d’un entretien à l’Elysée. «Ils sont convenus de la nécessité de renforcer le soutien international à l’opposition démocratique pour lui permettre de faire face aux attaques du régime (syrien) dont l’obstination fait le jeu des mouvements extrémistes et menace la sécurité régionale et internationale», déclare la présidence française dans un communiqué.
18h30. Assad a «commis de nombreux crimes contre l’humanité», selon Ban Ki-moon.
18h25. Le rapport de l’ONU va confirmer l’utilisation d’armes chimiques, annonce Ban Ki-moon. Le secrétaire général de l’ONU, qui s’adressait à des journalistes, a cependant précisé qu’il n’avait pas encore reçu le rapport en tant que tel. «Je pense que le rapport va conclure de manière accablante que des armes chimiques ont été utilisées, même si je ne peux pas le dire publiquement pour l’instant avant de recevoir ce rapport».
18 heures. L'attaque chimique du 21 août, attribuée au régime syrien, a été détectée le jour même par la Direction du renseignement militaire (DRM), affirme le ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian. «Grâce à nos services de renseignements, nous disposons de moyens à cent pour cent français pour apprécier la situation en Syrie et décider de notre politique», ajoute-t-il.
15 heures. La chaîne France24 diffuse des vidéos attestant de la présence en Syrie d'officiers iraniens encadrant les militaires loyalistes du régime de Damas. On y voit des textes écrits en arabe et en persan, ainsi que des officiers s'exprimant dans les deux langues avec l'accent iranien.
14 heures. L’ONU presse Kerry et Lavrov de faire pression sur le régime syrien pour que celui-ci laisse entrer dans le pays une mission d'enquête sur les violations des droits de l'homme.
12h15. L’opposition exprime des «doutes sur la volonté réelle» de Bachar al-Assad d'adhérer à la Convention sur les armes chimiques (CIAC). «Les promesses faites par le régime syrien ne sont que de nouvelles tentatives pour tromper la communauté internationale et l'empêcher de punir ses crimes», estime-t-elle dans un communiqué. Pour la Coalition nationale de l’opposition syrienne, «il ne peut y avoir de progrès que si la communauté internationale décide de contraindre le régime syrien à respecter ses engagements selon un calendrier précis et lui signifie qu’une action militaire reste d’actualité s’il ne coopère pas».
11h10. Les Etats-Unis et la Russie ont décidé de se retrouver à New York fin septembre pour essayer de fixer une date pour la conférence de paix sur la Syrie, annonce John Kerry. «Nous allons nous retrouver à nouveau à New York autour du 28 septembre (...) pour voir s’il est possible de trouver une date pour la conférence», a déclaré le secrétaire d’Etat américain après sa réunion avec Sergeï Lavrov et Lakhdar Brahimi. Ce futur entretien se déroulera en marge de l'Assemblée générale de l'ONU.
10h50. L’agence officielle syrienne Sana indique subir, avec d’autres sites d’informations du gouvernement, des attaques électroniques compliquant l’accès à ses pages. Citant l’Association syrienne de l’informatique, l’agence précise que l’accès à certains de ses services a été affecté par ces cyber-attaques dont elle n’a pas déterminé l’origine. Les autorités syriennes avaient déjà fait état dans le passé d’attaques électroniques contre des sites officiels, en affirmant qu'«elles faisaient partie de l’agression contre la Syrie».
10h10. Le quotidien russe pro-Kremlin Izvestia propose au président américain Barack Obama de publier une tribune sur la Syrie après celle de Vladimir Poutine au New York Times, qui a provoqué une polémique aux Etats-Unis. Alexandre Malioutine, rédacteur en chef d’Izvestia qui a publié en août une interview exclusive du président syrien, Bachar al-Assad, s’est adressé au Département d’Etat américain avec une telle proposition, rapporte vendredi l’agence de presse publique Itar-Tass.
10 heures. Sergueï Lavrov et John Kerry ont une réunion ce matin à Genève avec l’émissaire spécial des Nations unies pour la Syrie, Lakhdar Brahimi, avant la reprise de leurs discussions sur le contrôle de l’arsenal chimique syrien, jugées à ce stade «bonnes et constructives» par le secrétaire d’Etat américain.
Lakhdar Brahimi (photo Reuters) est chargé de la préparation d’une conférence internationale dite Genève 2 pour rechercher une solution politique au conflit syrien. Sa mission est totalement dans l’impasse depuis des mois faute de consensus international. Sa dernière réunion tripartite avec hauts diplomates russes et américains remonte à juin, à Genève, et elle n’avait débouché sur aucun résultat concret. Lakdar Brahimi a eu un entretien jeudi avec John Kerry.
9h45. Pour Vladimir Poutine, la décision de Damas de rejoindre la Convention sur l’interdiction des armes chimiques doit être saluée comme un «pas important» vers le règlement de la crise syrienne.
7h30. Dans un rapport publié à Beyrouth, l’organisation humanitaire Human Rights Watch (HRW) affirme que les forces du régime syrien ont exécuté au moins 248 personnes dans deux villages de la province côtière de Tartous les 2 et 3 mai dernier. Elle a estimé que le bilan était probablement beaucoup plus élevé et qualifié ce massacre de «l’une des exécutions sommaires les plus massives depuis le début du conflit en Syrie» il y a deux ans et demi, en demandant qu’il soit imputé au régime en place.
7 heures. La Syrie a commencé à disséminer son arsenal chimique sur une cinquantaine de sites différents, dans le but de compliquer la tâche de ceux appellés à les contrôler, affirme vendredi le Wall Street Journal. Le journal, qui cite des responsables américains anonymes, affirme qu’une unité militaire spécialisée, l’unité 450, déplace depuis des mois, y compris la semaine dernière, ces stocks d’armes chimiques, qui dépassent le millier de tonnes, selon des experts. En dépit de cette stratégie, les services de renseignement américain et israélien pensent toujours savoir où se trouvent l’essentiel de ces stocks d’armes chimiques, ajoute le quotidien américain.

Le ministre des Affaires étrangères américain, John Kerry, et son homologue russe, Sergueï Lavrov, à Genève, hier. (Photo Reuters)
Jeudi soir. Le chef de la diplomatie américaine, John Kerry, et son homologue russe, Sergueï Lavrov, donnaient hier la mesure des obstacles à surmonter. «Nous allons travailler pour parvenir à un accord de principe afin de résoudre une fois pour toutes le problème des armes chimiques en Syrie, via l’adhésion de la Syrie à la Convention sur l’interdiction des armes chimiques [...]. Nous partons du principe que le règlement de ce problème rend toute frapppe sur la Syrie inutile», estimait Lavrov lors d’une conférence de presse commune. Mais son homologue américain se montre beaucoup moins catégorique, assurant que l’armée américaine «maintenait la pression» sur Damas. «Les déclarations du régime syrien ne sont pas suffisantes à nos yeux et c’est pourquoi nous sommes là pour travailler avec les Russes.» Aux espoirs affichés par Sergueï Lavrov de concrétiser leurs attentes respectives, John Kerry a opposé un scepticisme peu diplomatique : «Vous voulez que je vous crois sur parole ? C’est un peu tôt pour cela.»
<figcaption>Ban Ki-moon le 4 septembre 2013à son arrivée à Saint Petersbourg pour le G20. (Photo -. AFP)</figcaption></figure>