Des blindés et des transports de troupes ont pris position lundi pour la première fois dans le quartier de Midane, proche du centre de la capitale syrienne Damas, rapportent une ONG et des militants. «C'est la première fois qu'il y a des blindés et des transports de troupes à Midane. Avant, les forces de l'ordre étaient dépêchées pour réprimer les manifestations, aujourd'hui, il y a des soldats engagés dans des combats», a indiqué Rami Abdel Rahmane, directeur de l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).
Selon un habitant de Jaramana, sur la route de l'aéroport international dans le sud de Damas dimanche soir la ville était «un véritable champ de bataille, des roquettes et des tirs ont été entendus dans les localités situées sur la route de l'aéroport jusqu'aux premières heures du matin». Un autre habitant à Tadamoun a indiqué ne pas pouvoir quitter son quartier, à cause des combats. Selon Abou Moussab toutefois, «beaucoup d'habitants de Tadamoun ont quitté ce quartier populeux, aux rues étroites pour trouver refuge chez des membres de leur famille».
Une «guerre civile» pour la Croix-Rouge
Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) a de son côté estimé que les combats en Syrie constituaient désormais une situation de guerre civile et souligné à l'intention de toutes les parties que le «droit international humanitaire doit s'appliquer». Les troupes du régime ont lancé une offensive sans précédent pour tenter de reprendre le contrôle de quartiers périphériques du sud, de l'ouest et de l'est de la capitale favorables aux opposants. Selon des militants, toutes les routes reliant Damas à sa province ont été coupées.
«Ce sont les premiers combats de ce genre à Damas. Le 15 juillet marque un tournant dans le révolution syrienne», a affirmé lundi un militant de Damas se présentant sous le nom d'Abou Moussab, joint par Skype. La capitale était jusqu'à présent ultra-sécurisée et contrôlée principalement par la quatrième division du premier corps d'armée dirigée par Maher al-Assad.«La révolution s'étend et resserre l'étau autour du régime dans des zones où il se sentait à l'abri de la colère du peuple», avait réagi l'opposition dimanche.
«Damas vous ne l'aurez jamais»
Des militants ont évoqué dimanche des «chars entrant dans le quartier Tadamoun et des affrontements». «Les bombardements au mortier ont repris aux premières heures du matin à Tadamoun», ont indiqué les Comités locaux de coordination (LCC, opposition). En outre, selon les LCC, de violents combats entre l'armée et l'Armée syrienne libre (ASL, essentiellement composée de déserteurs) «ont lieu dans les quartiers de Kafar Soussé et Jobar», dans l'ouest et l'est de Damas.
Le quotidien al-Watan, proche du régime, titrait lundi à l'adresse des opposants, «Damas vous ne l'aurez jamais». «Les forces de sécurité aidées par l'armée attaquent depuis 48 heures les groupes terroristes qui tentent de se retrancher dans les quartiers périphériques», affirme le journal.
La Russie accuse l'Occident de «chantage» sur la Syrie
La Russie a accusé lundi les Occidentaux d'exercer un «chantage» pour la forcer à accepter des sanctions contre le régime syrien, avant de recevoir le médiateur international Kofi Annan dont elle oppose le plan de paix à toute forme d'ingérence. «On nous dit, si vous ne donnez pas votre accord à une résolution fondée sur le Chapitre VII de la Charte de l'ONU (qui prévoit la possibilité de sanctions, ndlr), alors nous refuserons de prolonger le mandat des observateurs», a-t-il ajouté.
«Nous ne soutenons pas Bachar al-Assad, nous soutenons ce sur quoi nous nous sommes tous mis d'accord : le plan de Kofi Annan, la résolution du Conseil de sécurité et le communiqué de Genève» le 30 juin sur un processus de transition en Syrie, a insisté M. Lavrov. M. Lavrov doit s'entretenir lundi soir avec Kofi Annan, qui sera reçu mardi par le président russe Vladimir Poutine.

