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Syrie : l'évacuation des journalistes blessés de nouveau reportée

Syrie : l'évacuation des journalistes blessés de nouveau reportée

le 26 février 2012 à 09h36 , mis à jour le 26 février 2012 à 17h42

Dossier : Révolte en Syrie

Les discussions ont de nouveau échoué dimanche, pour évacuer les victimes piégées à Homs, parmi lesquelles la journaliste française Edith Bouvier. l'évacuation pourrait avoir lieu lundi. Les bombardements sur la ville continuent tandis que les Syriens sont appelés aux urnes.

Les négociations de la Croix-Rouge internationale avec les autorités et les opposants syriens ont de nouveau échoué dimanche en vue d'évacuer les blessés du quartier rebelle de Baba Amr à Homs toujours pilonné par l'armée syrienne.  "L'évacuation n'aura pas lieu dimanche car il est trop dangereux d'envoyer la nuit des ambulances de Damas à Homs pour chercher les blesés. Il faudra vraisemblablement le faire demain lundi", a précisé le porte parole du CICR. Samedi, près de douze heures de discussions n'avaient pas permis  l'évacuation des personnes ayant un besoin urgent de soins. 

Parmi elles, figurent la journaliste française du Figaro Edith Bouvier, qui avait appelé à l'aide la veille dans une vidéo diffusée sur Internet (Voir la vidéo : Appel de la journaliste française blessée en Syrie : la vidéo ), et le photographe britannique indépendant Paul Conroy, tous deux blessés dans le bombardement qui a coûté la vie à l'Américaine Marie Colvin, grand reporter du Sunday Times, et au photographe français de l'agence IP3 Press Rémi Ochlik, mercredi. Leurs corps devaient également être évacués. Une évacuation qui devient "médicalement urgente" selon Claude Guéant. "Il est urgent que les parties en présence arrivent à un accord afin que nous puissions rappatrier [Edith Bouvier] en un lieu où elle sera soignée dans les meilleures conditions", a indiqué dimanche le ministre de l'Intérieur, affirmant que Paris "met tout en oeuvre" pour parvenir à rapatrier la journaliste du Figaro.

Dimanche, les forces syriennes ont tué un civil dans la province de Deraa, alors que le régime organisait un référendum sur une nouvelle Constitution, maintenant de larges prérogatives au chef de l'Etat  tout en supprimant la prééminence au parti Baas au pouvoir depuis un  demi-siècle. Dans le même temps, à Homs (centre), dévastée par plus de trois semaines de bombardements sans relâche, plusieurs obus sont tombés sur le quartier antirégime de Baba Amr, où sont toujours bloqués deux journalistes occidentaux blessés, a précisé l'OSDH. Des explosions ont également secoué les quartiers de Karm al-Zeitoun, et  des tirs intensifs sont entendus dans les quartiers de Bab Sbaa et Hamidiyeh à Homs, selon l'OSDH. En outre, plusieurs explosions ont secoué la ville de Deir Ezzor (est), où  les forces de sécurité menaient de nouvelles perquisitions à la recherche de militants antirégime, selon l'ONG. Neuf personnes ont été arrêtées. De même à Hama (centre) et Idleb (nord-ouest), le bruit des explosions et des tirs était entendu par intermittence.

Dans le même temps, les Syriens étaient appelés aux urnes. En jeu? Le vote d'un référendum en faveur d'une nouvelle Constitution, qui autorise le pluralisme politique. Bachar al-Assad a été voté en compagnie de son épouse (Voir la vidéo :  Syrie : Assad vote pour son référendum ). "Une parodie de démocratie" selon l'opposition.

Les "amis de la Syrie" pour un arrêt immédiat des violences

Vendredi, les 70 pays et organisations présents à la première conférence des "amis de la Syrie" à Tunis ont appelé le régime de Bachar al-Assad à "cesser immédiatement toute forme de violence" pour permettre l'accès de l'aide humanitaire. Ils se sont également engagés à "prendre des mesures pour appliquer et renforcer les sanctions sur le régime". Le groupe "prend note de la demande faite par la Ligue arabe au Conseil de sécurité de l'Onu pour former une force conjointe arabe et des Nations unies de maintien de la paix (...) et a décidé de poursuivre les discussions sur les conditions du déploiement d'une telle force". Problème : sur le strict plan du droit international, rien ne peut obliger le régime à accepter de telles demandes si elles ne sont pas formulées par le Conseil de sécurité. Or l'attitude de la Russie et de la Chine empêchent le vote d'une telle résolution contraignante.

Parmi les sanctions proposées, figurent "l'interdiction de voyage des membres du régime, le gel de leurs avoirs, l'arrêt de l'achat des hydrocarbures syriens, la réduction des liens diplomatiques avec le régime syrien". Les 60 pays "amis de la Syrie" ont aussi reconnu officiellement le Conseil national syrien comme "un représentant légitime des Syriens qui cherchent un changement démocratique pacifique" et l'encourage à former un groupe "représentatif" incluant toutes les sensibilités politiques. Ils se sont aussi engagés à fournir "un soutien effectif" à l'opposition, sans toutefois apporter plus de précisions. La Tunisie et le Qatar ont aussi plaidé en faveur de la création d'une "force arabe" dans le cadre de la Ligue arabe. La France a estimé que cette force devait auparavant obtenir "le feu vert" du Conseil de sécurité. Hillary Clinton a assuré, samedi, que la réunion avait été "très satisfaisante". De son côté, la Chine, absente à Tunis tout comme la Russie, s'est félicitée que la conférence ait permis de "rejeter toute intervention étrangère".

Marie Colvin tuée alors qu'elle récupérait ses chaussures pour fuir

La correspondante de guerre américaine Marie Colvin, décédée mercredi dernier lors d'un bombardement dans la ville rebelle de Homs, a été tuée alors qu'elle tentait de récupérer ses chaussures pour prendre la fuite, a annoncé dimanche le Sunday Times. Marie Colvin et d'autres journalistes avaient laissé, comme le veut la coutume, leurs chaussures à l'entrée du bâtiment abritant le centre de presse improvisé des rebelles dans la ville insurgée, a poursuivi le journal. Les journalistes se trouvaient au rez-de-chaussée de l'immeuble lorsque les étages supérieurs ont été atteints par des roquettes, poursuit le Sunday Times dans le premier récit complet de l'attaque au cours de laquelle sa correspondante et un confrère français ont trouvé la mort. Alors que personne n'avait été touché par l'explosion des roquettes, Marie Colvin s'est précipitée dans l'entrée du bâtiment afin de récupérer ses chaussures pour prendre la fuite. A l'arrivée sur le seuil, une nouvelle roquette toucha la façade du bâtiment, ensevelissant la journaliste américaine et le photographe de guerre français Remi Ochlik, a encore indiqué le journal dominical. La mère de la journaliste disparue, Rosemarie Colvin, a par ailleurs indiqué à CNN que sa fille serait probablement enterrée en Syrie, affirmant que les tentatives des sauveteurs pour récupérer sa dépouille étaient trop risquées.

le 26 février 2012 à 09:36
 
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