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La France et la Grande-Bretagne ont annoncé, jeudi 30 août, des millions d'aides financières supplémentaires pour les Syriens, avant une réunion au Conseil de sécurité de l'ONU sur la crise humanitaire qui frappe des millions de civils.
L'opposition syrienne a profité de cette réunion du Conseil pour lui redemander une zone d'exclusion aérienne et des corridors humanitaires face à une situation humanitaire de plus en plus dramatique et à des combats terribles qui ont fait jeudi soixante-dix-sept morts, dont quarante-six civils, parmi lesquels des femmes et des enfants. La réunion du Conseil, jeudi soir à New York, vise à lancer un "appel à la conscience mondiale et à la mobilisation" humanitaire, ont dit des sources diplomatiques.
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Les ministres français et britannique des Affaires étrangères, Laurent Fabius et William Hague – les deux seuls ministres des membres permanents du Conseil à cette réunion – ont annoncé des aides supplémentaires respectives de "5 millions d'euros", venant s'ajouter aux 20 millions déjà annoncés par Paris, et de 3 millions de livres en plus des 27,5 millions déjà débloqués par Londres. Cette nouvelle enveloppe, a précisé M. Fabius, ira "en priorité aux zones libérées" en Syrie, c'est-à-dire sous contrôle de l'opposition armée. Quant à la contribution britannique, une partie est destinée aux Syriens dans leur pays, le reste aux réfugiés dans les pays voisins.
ZONES TAMPONS
Le président syrien, Bachar Al-Assad, a déjà rejeté l'idée de zones tampons pour protéger les réfugiés et MM. Fabius et Hague ont reconnu faire face à des "difficultés considérables" pour les mettre en place, tout en "n'excluant aucune option". Le Conseil national syrien (CNS), principale coalition de l'opposition, a appelé l'ONU à "imposer une zone d'exclusion aérienne" et des "zones tampons" et à créer des corridors humanitaires pour acheminer de l'aide à "près de 2,5 millions de déplacés et de réfugiés à l'intérieur et à l'extérieur de la Syrie". "Le CNS considère que si le Conseil de sécurité ne prend pas des mesures sérieuses pour arrêter les massacres et les crimes du régime, cela serait comme s'il abandonnait son rôle de garant de la paix mondiale et de protecteur des peuples contre les génocides", selon un communiqué. D'autant que les combats ne connaissent aucun répit.
L'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH) a fait état pour jeudi d'au moins quarante-six civils, vingt et un soldats et dix rebelles tués. A Damas, le directeur de l'hôpital militaire Techrine a déclaré que quarante-sept membres des forces gouvernementales avaient péri mercredi, portant à huit mille le nombre de morts dans leurs rangs depuis le début de la révolte, en mars 2011. L'OSDH avait fait état dans son dernier bilan de près de six mille cinq cents membres des forces de l'ordre tués, sur plus de vingt-cinq mille morts.
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Les rebelles ont également affirmé avoir abattu un avion de l'armée dans le Nord-Ouest. D'après le colonel Afif Mahmoud Sleimane, chef du conseil militaire rebelle pour la province d'Idleb, des "centaines de rebelles" ont attaqué l'aéroport d'Abou el-Zouhour et abattu un appareil MIG à l'arme automatique peu après son décollage et "brûlé onze avions MIG dans cet aéroport que nous contrôlons désormais totalement".
VIOLENTS COMBATS À DAMAS
L'armée a ensuite bombardé la zone d'Abou el-Zouhour, tuant au moins vingt civils, dont huit enfants et neuf femmes, selon l'OSDH. Des vidéos diffusées sur YouTube sous le titre "le massacre d'Abou el-Zouhour" montrent des civils, dont certains armés, cherchant des corps sous des décombres et découvrant des cadavres, et s'écriant alors : "O Dieu, ne vois-tu pas ce qui se passe?" Il était impossible de vérifier ces informations de source indépendante compte tenu des restrictions imposées dans le pays.
Longtemps à l'abri des violences, Damas est le théâtre de violents combats depuis juillet. Les opérations de l'armée visent actuellement la ceinture est de la capitale, où sont retranchés les rebelles, selon un commandant rebelle à Damas. A Alep, deuxième ville du pays où se joue une bataille cruciale, l'armée a bombardé plusieurs quartiers rebelles, tuant au moins quatre civils, selon l'OSDH. Comme chaque fin de semaine, des militants hostiles au régime ont lancé un appel à manifester vendredi, sous le slogan "Daraya, une flamme qui ne s'éteindra jamais", en référence à cette localité près de Damas où plusieurs centaines de corps ont été retrouvés après une offensive de l'armée la semaine dernière.
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