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LEMONDE.FR avec AFP | 16.08.11 | 17h45 • Mis à jour le 16.08.11 | 18h11

Photo tirée d'une vidéo amateur montrant les troupes syriennes en train de prendre position dans la ville côtière de Lattaquié, le mardi 16 août 2011 .AP
Le port de Lattaquié est toujours sous le feu. Après les pilonnages de plusieurs quartiers sunnites de la ville côtière, lundi, les forces de sécurité syriennes ont sillonné la zone toute la journée de mardi 16 août. A la mi-journée, les organisations de défense des droits de l'homme ont dénombré 4 morts. La veille, l'offensive en avait fait 18.
Depuis dimanche, 30 personnes au total auraient été tuées à Lattaquié au cours d'une offensive qui a vu l'intervention de navires de guerre. C'est la première fois que la marine entre en action depuis le début de la révolte mi-mars, a indiqué l'OSDH. De son côté l'Organisation de libération de la Palestine (OLP) a déclaré qu'elle condamnait "vivement les opérations des forces syriennes contre le camp de Raml à Lattaquié et les déplacements de sa population".
BARRICADES EN CIMENT
Selon l'agence des Nations unies pour les réfugiés palestiniens (UNRWA), plus de la moitié des 10 000 réfugiés palestiniens du camp de Raml à Lattaquié ont dû fuir après les tirs des forces de sécurité syriennes. L'UNRWA a réclamé un accès immédiat au camp.
Le quotidien syrien Al-Watan (proche du pouvoir) a affirmé ce mardi que Lattaquié était "sous contrôle" de l'armée après que celle-ci "a arrêté des dizaines d'hommes armés lors d'une opération compliquée". Le quotidien précise que "les hommes armés avaient érigé des barricades en ciment et posé des mines pour empêcher les troupes d'avancer". Le président Assad, pour sa part a, à plusieurs reprises, qualifié les manifestants de hors-la-loi ou de groupes terroristes.
PRÈS DE 1 800 CIVILS TUÉS EN CINQ MOIS
La Turquie a annoncé, mardi en fin de journée, qu'elle allait établir une zone-tampon à sa frontière avec la Syrie. C'est en tout cas ce qu'affirme la chaîne de telévision CNN Türk. Car un responsable gouvernemental a déclaré qu'il n'avait, pour sa part, aucune information à ce sujet.
Lundi, le chef de la diplomatie turque, Ahmet Davutoglu, a fait savoir à Bachar Al Assad que les opérations militaires contre les civils devaient cesser immédiatement et sans conditions, le prévenant qu'il s'agissait du "dernier mot" d'Ankara. "Si ces opérations ne cessent pas, il n'y aura plus rien à dire quant aux mesures qui seraient prises", avait-il ajouté sans fournir de précisions. Les autorités turques, naguère alliées au président Assad, ont exhorté ce dernier à mettre fin aux violences et à entreprendre des réformes face aux manifestations de rue.
En cinq mois de révolte, près de 1 800 civils ont été tués en Syrie, selon un décompte de l'OSDH. Sur les deux premières semaines du mois d'août, depuis le début du ramadan, 260 morts, dont 14 femmes et 31 enfants ont été dénombrés par les comités de coordination, qui organisent les manifestations.