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Syrie : onze personnes tuées par les forces de sécurité près de Damas
LEMONDE.FR avec AFP | 27.07.11 | 13h13 • Mis à jour le 27.07.11 | 15h29
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L'UE demande au président Assad, au pouvoir à Damas, de "changer de cap".REUTERS/BENOIT TESSIER
Au moins onze personnes, dont un enfant de sept ans, ont été tuées par balle mercredi dans la ville de Kanaker, près de Damas, par les forces de sécurité syriennes, a indiqué une organisation syrienne de défense des droits de l'homme.
"Les forces de sécurité ont perquisitionné des maisons mercredi à l'aube. Lors de cette opération, onze personnes ont été tuées et plus de 250 ont été arrêtées", a affirmé Ammar Qourabi, président de l'Organisation nationale des droits de l'homme. M. Qourabi a envoyé une liste des noms des victimes à l'AFP.
L'opération sécuritaire à Kanaker, une ville de 25 000 habitants, a été "menée avec l'appui d'un bulldozer et des chars de l'armée" et a "visé des personnes entre 15 et 40 ans", a indiqué M. Qourabi, précisant qu'"au moins 11 véhicules ont transporté les personnes arrêtées".
Selon le militant, "l'opération à Kanaker est un acte de vengeance, car les habitants de la ville ont joué un rôle dans l'acheminement de provisions à la ville de Deraa [Sud]", assiégée par l'armée et qui "subit des coupures d'eau, d'électricité et d'Internet".
Deux figures de l'opposition syrienne arrêtées
LEMONDE.FR avec AFP | 28.07.11 | 13h51 • Mis à jour le 28.07.11 | 14h17
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Sur cette photo, prise d'un téléphone mobile et relayée par Shaam News Network, des manifestants protestent contre le régime syrien dans la banlieue de Damas Maadamiya, mardi 19 juillet 2011. Sur le portrait de Bachar Al-Assad, on peut lire : "Pars. Nous n'avons pas confiance. Tu partiras et nous resterons car la Syrie est nôtre. Assez de l'injustice et des morts."AP
Les forces de sécurité ont arrêté, mercredi, deux opposants syriens connus, Adnan Wehbé et Nizar al-Samadi, membres du comité national de coordination pour le changement démocratique en Syrie, a indiqué l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH) dans un communiqué (en arabe). Le sort des deux hommes "reste inconnu".
L'OSDH condamne par ailleurs "la poursuite des campagnes d'arrestations arbitraires d'opposants politiques, de militants de la société civile et des droits de l'homme et de manifestants pacifistes malgré la levée de l'état d'urgence".
D'après l'Observatoire, Adnan Wehbé est l'un des dirigeants du parti de l'Union socialiste arabe démocratique et Nizar el-Samadi est une personnalité islamique connue dans la ville de Douma, près de Damas.
Un comité de coordination qui rassemble des partis politiques et plusieurs personnalités de l'opposition a été mis en place fin juin dans le cadre du changement démocratique en Syrie.
En Syrie, le multipartisme est autorisé mais les arrestations continuent
LEMONDE.FR avec AFP | 25.07.11 | 19h09 • Mis à jour le 27.07.11 | 13h23
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Le multipartisme est une revendication essentielle de l'opposition en Syrie, où le parti Baas tient les rênes du pouvoir depuis 1963.AFP/JEWEL SAMAD
Le gouvernement syrien, qui avait promis fin avril une série de réformes portant notamment sur les lois électorales et celles relatives à la presse, a adopté un projet de loi autorisant le multipartisme pour "permettre l'alternance", d'après l'agence officielle Sana qui a diffusé l'information dans la nuit de dimanche à lundi.
Le multipartisme faisait partie des principales revendications de l'opposition, où le parti Baas tient les rênes du pouvoir depuis 1963. Le mouvement de l'ancien président Hafez Al-Assad, père de Bachar, actuel chef de l'Etat, est, selon la Constitution, "le dirigeant de l'Etat et de la société".
D'autres formations politiques pourront désormais exister à ses côtés, à condition de respecter la déclaration universelle des droits de l'homme, de ne pas reposer sur des bases religieuses ou tribales et de ne pas être issus d'une organisation ou d'un parti non syrien, selon Sana. De même, "les organes du parti ne doivent comporter aucune formation militaire ou paramilitaire, publique ou secrète" et leurs principes, objectifs et sources de financement doivent être clairement établis, explique l'agence.
CAMPAGNE D'ARRESTATIONS
Les diverses réformes annoncées par les autorités – dont la levée de l'état d'urgence le 21 avril – n'ont pas calmé les manifestants qui défilent régulièrement depuis le 15 mars et réclament désormais la chute du régime. Les marches hostiles au pouvoir se sont poursuivies dimanche soir, en particulier à Damas, où l'armée a procédé à de nombreuses arrestations dans différents quartiers, en bouclant certains, désormais totalement isolés.
Lundi matin, l'armée, appuyée par des chars, s'est déployée dans de nombreux quartiers de Homs, dans le centre du pays, théâtre de violences qui ont fait une cinquantaine de morts depuis une dizaine de jours. La ville est désormais inaccessible, ont précisé des militants.
La campagne d'arrestations, intense dimanche dans les quartiers damascènes de Roukn Eddine et de Qaboune, s'est poursuivie dans la nuit à Hajar Al-Assouad et à Sahnayah, autres quartiers de la capitale, selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), basé à Londres. Lundi matin, plus de 300 avocats se sont rassemblés au palais de justice de Damas pour réclamer la libération de leurs confrères arrêtés ainsi que des prisonniers d'opinion.
DEUX RESPONSABLES LIMOGÉS
La répression ne fait "aucune différence entre les jeunes et les vieux", a dénoncé le chef de l'organisation nationale pour les droits de l'homme, Ammar Qurabi, affirmant par exemple qu'un garçon de 7 ans avait été arrêté il y a trois jours à Deraa, berceau de la révolte dans le sud du pays. Le boxeur Mahmoud Al-Kader ainsi que Mohammad Tahhan, membre de l'Union des auteurs arabes, figureraient également parmi les personnes arrêtées.
Bachar Al-Assad, visiblement déterminé à poursuivre la répression en dépit des réformes politiques annoncées, a remplacé dimanche le gouverneur de Deir Ezzor (est), où 550 000 personnes avaient manifesté vendredi contre le régime. Il s'agit du deuxième responsable régional limogé en juillet après Ahmad Khaled Abdel-Aziz, gouverneur de Hama, démis de ses fonctions au lendemain d'une manifestation qui avait réuni plus de 500 000 personnes contre le régime, selon des militants.
Depuis le 15 mars, la répression de la révolte populaire en Syrie a fait près de 1 500 morts civils, entraîné l'arrestation de plus de 12 000 personnes et l'exode de milliers d'autres, selon des organisations de défense des droits de l'homme.
Berlin en contact avec l'opposition syrienne
Sur le plan diplomatique, l'Allemagne a annoncé lundi avoir eu des contacts avec des membres de l'opposition syrienne à Berlin et en Syrie, ainsi qu'avec le régime à Damas. Le nouveau chargé de mission du ministère des affaires étrangères pour le Proche-Orient, Boris Ruge, s'est rendu deux fois en Syrie, où il a rencontré des représentants des autorités et de l'opposition ces dernières semaines, selon le ministère. Berlin est une des premières capitales à faire état de ses contacts avec l'opposition, qui s'est déjà réunie à plusieurs reprises en Turquie.