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François Hollande s'est exprimé sur la Syrie le 27 août 2013. Kenzo Tribouillard/AP/SIPA
</aside>Une action militaire en Syrie se rapproche. Mardi, le président de la République, François Hollande, a déclaré qu'une décision serait prise «dans les prochains jours et que la France «est prête» à intervenir militairement aux côtés des Américains pour «punir» le régime du président Bachar al-Assad d'avoir «gazé des innocents». Alors que la guerre civile a fait plus de 100.000 victimes, il semble que l’attaque chimique perpétrée le 21 août dans la banlieue de Damas, responsable de plusieurs centaines de victimes, ait poussé la communauté internationale à passer à l’action, sans attendre les résultats de la mission d'enquête de l’ONU sur place.
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Et contrairement au Mali où Paris avait eu un accord unanime des membres permanents du Conseil de sécurité de l’Onu, la France pourrait s’engager aux côté des Etats-Unis sans l’aval du Conseil de sécurité.
Protéger les civils
Mais difficile d’obtenir son feu vert face au véto de la Russie et de la Chine. «Les Syriens paient aujourd’hui le prix de ce qui s’est passé en Libye il y a deux ans», analyse Pascal Boniface, directeur de l'Institut de relations internationales et stratégiques (IRIS). La Chine et la Russie avaient eu alors le sentiment de s’être fait berner par les Occidentaux, qui avaient outrepassé la résolution onusienne en cherchant à renverser Kadhafi. La France espère néanmoins une coalition la plus large possible avec la participation de pays arabes ou de la Turquie.
Pour passer en force, François Hollande invoque notamment la responsabilité de protéger les civils, définie en 2005 par l'Assemblée générale des Nations Unies, et le risque de propagation du conflit à l’ensemble de la région. Mais, peu de chance d’une intervention terrestre. «Aucun pays ne veut s’y risquer. Le risque de bourbier en Syrie est trop grand», confirme Pascal Boniface.
Et après?
«L’option envisagée aujourd’hui repose plutôt dans des frappes à partir de missiles tirés à distance, ou peut-être même des frappes aériennes. Toutefois, une interrogation demeure: une fois cette intervention menée, que se passera-t-il? Certes, ces frappes peuvent affaiblir le dispositif militaire de Bachar Al-Assad, mais elles ne le renverseront pas, ce qui ne sera pas suffisant», s’inquiète Pascal Boniface. «Il serait surprenant qu’il n’y ait pas de tentatives de représailles contre des intérêts français dans la région», prévient Bruno Tertrais de la Fondation pour la recherche stratégique.
De son côté, la classe politique française semble circonspecte. Silence radio à la tête du PS et de l’UMP. Au Front national, si le vice-président Florian Philippot refuse ce qu'il appelle une «diplomatie de cowboys», l'ancien ministre centriste François Bayrou a lancé «un appel pressant à la prudence». Le président du MoDem préconise d'attendre des preuves certaines» du caractère chimique de l'attaque, et la certitude qu'elle a bien été commanditée par le régime de Damas.