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Syrie : un petit espoir d'évacuation sanitaire lundi

Publié le 26.02.2012, 08h32 | Mise à jour : 19h05

Les forces syriennes bombardaient sans répit dimanche la ville rebelle de Homs et menaient des opérations sécuritaires dans de nombreuses autres villes du pays pour étouffer la révolte, au moment où le régime organisait un référendum sur une nouvelle Constitution, selon une ONG.

Les forces syriennes bombardaient sans répit dimanche la ville rebelle de Homs et menaient des opérations sécuritaires dans de nombreuses autres villes du pays pour étouffer la révolte, au moment où le régime organisait un référendum sur une nouvelle Constitution, selon une ONG.
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Les forces syriennes continuent de bombarder Homs, pilonnée sans répit depuis trois semaines, au moment où le régime organise un référendum sur une nouvelle Constitution. La secrétaire d'Etat américaine a exhorté dimanche l'armée syrienne à placer l'intérêt du pays avant la défense du régime «illégitime» de Damas, et invité ceux qui le soutiennent encore à l'abandonner «car il va tomber», tandis que l'opposition syrienne tend la main aux alaouites, communauté du Bachar al-Assad,

  
La Croix-Rouge internationale (CICR) tente, elle, d'arracher un accord pour évacuer les blessés piégés à Homs, dont la journaliste française Edith Bouvier et le photographe britannique Paul Conroy.  
Elle a repris ce matin les négociations avec l'opposition et les autorités, et espère aussi rapatrier les dépouilles de la reporter américaine Marie Colvin et du photographe français Rémi Ochlik, tués mercredi dans un bombardement.

A priori, les négociations ont un peu avancé. «L'évacuation n'aura pas lieu dimanche car il est trop dangereux d'envoyer la nuit des ambulances de Damas à Homs pour chercher les blessés. Il faudra le faire vraisemblablement demain lundi», a affirmé le porte-parole du CICR à Damas Saleh Dabbakeh. Un diplomate occidental  a confirmé de la capitale syrienne qu'une «ouverture avait été réalisée dimanche mais qu'effectivement c'était trop tard pour aller les chercher car il fait nuit».

Nouvelle journée meurtrière

Au moins trente personnes, en majorité des civils, ont été tuées ce dimanche dans le pays dont nombre dans cette ville rebelle, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH). Plusieurs obus sont tombés sur le quartier de Baba Amr, où sont toujours bloqués les deux journalistes occidentaux blessés. «La veille, près de 100 personnes ont été tuées dans les violences en Syrie, dont 72 civils tués par les troupes régulières et 23 membres des forces du régime lors d'affrontements avec des déserteurs», selon l'OSDH qui précise que ces violences ont fait plus de 7 600 morts en 11 mois de révolte.

Une main tendue vers les alaouites

Le Conseil national syrien (CNS) principale coalition de l'opposition syrienne, a tendu  «la main (aux alaouites, ndlr) pour construire un Etat de droit et de citoyenneté» en assurant : «Le régime ne réussira pas à nous pousser à nous entre-tuer». La communauté alaouite, à laquelle appartient Bachar al-Assad , est une branche de l'islam chiite dont les membres détiennent les postes-clés du pouvoir en Syrie. Elle représente 12% de la population syrienne, estimée à 22 millions d'habitants, en majorité des musulmans sunnites. Les druzes et chrétiens sont aussi minoritaires en Syrie.. «Les alaouites ont été et restent toujours une composante importante du peuple syrien. Ils continueront à bénéficier de leurs droits à l'instar des autres confessions de notre patrie comme les chrétiens, musulmans et autres», promet toutefois  le CNS.


Bachar al-Assad refuse l'ampleur de la contestation

Pendant ce temps, la télévision d'Etat diffuse ce dimanche des images de Syriens - plus de 14 millions étaient appelés à voter -  dans des bureaux de vote de différentes villes en affirmant qu'«un grand nombre de votants s'y rendent pour déposer leur bulletin dans les urnes». Les électeurs doivent se prononcer sur le texte dont la mesure la plus spectaculaire est le remplacement de l'article 8 de la Constitution de 1973. Il stipule que le parti Baas «est le dirigeant de l'Etat et de la société» par une disposition instaurant le «pluralisme politique».

Dans cette nouvelle loi fondamentale, le chef de l'Etat garde d'importants pouvoirs puisque c'est lui qui choisit le Premier ministre, indépendamment de la majorité parlementaire, et peut dans certains cas rejeter des lois. L'article 88 prévoit que le président ne peut être élu que pour deux septennats, mais l'article 155 précise que ces dispositions ne s'appliqueront qu'à partir de la prochaine élection présidentielle prévue en 2014, ce qui permet en théorie à Bachar al-Assad de rester au pouvoir encore 16 ans.

Refusant d'admettre l'ampleur de la contestation, le pouvoir se targue de l'appui de son peuple pour venir à bout de
la révolte assimilée à du «terrorisme» mené par des «gangs à la solde de l'étranger».
 

LeParisien.fr

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