La Croix-Rouge internationale (CICR) tente, elle, d'arracher un accord pour évacuer les blessés piégés à Homs, dont la journaliste française Edith Bouvier et le photographe britannique Paul Conroy.
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A priori, les négociations ont un peu avancé. «L'évacuation n'aura pas lieu dimanche car il est trop dangereux d'envoyer la nuit des ambulances de Damas à Homs pour chercher les blessés. Il faudra le faire vraisemblablement demain lundi», a affirmé le porte-parole du CICR à Damas Saleh Dabbakeh. Un diplomate occidental a confirmé de la capitale syrienne qu'une «ouverture avait été réalisée dimanche mais qu'effectivement c'était trop tard pour aller les chercher car il fait nuit».
Nouvelle journée meurtrière
Au moins trente personnes, en majorité des civils, ont été tuées ce dimanche dans le pays dont nombre dans cette ville rebelle, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH). Plusieurs obus sont tombés sur le quartier de Baba Amr, où sont toujours bloqués les deux journalistes occidentaux blessés. «La veille, près de 100 personnes ont été tuées dans les violences en Syrie, dont 72 civils tués par les troupes régulières et 23 membres des forces du régime lors d'affrontements avec des déserteurs», selon l'OSDH qui précise que ces violences ont fait plus de 7 600 morts en 11 mois de révolte.
Une main tendue vers les alaouites
Le Conseil national syrien (CNS) principale coalition de l'opposition syrienne, a tendu «la main (aux alaouites, ndlr) pour construire un Etat de droit et de citoyenneté» en assurant : «Le régime ne réussira pas à nous pousser à nous entre-tuer». La communauté alaouite, à laquelle appartient Bachar al-Assad , est une branche de l'islam chiite dont les membres détiennent les postes-clés du pouvoir en Syrie. Elle représente 12% de la population syrienne, estimée à 22 millions d'habitants, en majorité des musulmans sunnites. Les druzes et chrétiens sont aussi minoritaires en Syrie.. «Les alaouites ont été et restent toujours une composante importante du peuple syrien. Ils continueront à bénéficier de leurs droits à l'instar des autres confessions de notre patrie comme les chrétiens, musulmans et autres», promet toutefois le CNS.
Bachar al-Assad refuse l'ampleur de la contestation
Pendant ce temps, la télévision d'Etat diffuse ce dimanche des images de Syriens - plus de 14 millions étaient appelés à voter - dans des bureaux de vote de différentes villes en affirmant qu'«un grand nombre de votants s'y rendent pour déposer leur bulletin dans les urnes». Les électeurs doivent se prononcer sur le texte dont la mesure la plus spectaculaire est le remplacement de l'article 8 de la Constitution de 1973. Il stipule que le parti Baas «est le dirigeant de l'Etat et de la société» par une disposition instaurant le «pluralisme politique».
Dans cette nouvelle loi fondamentale, le chef de l'Etat garde d'importants pouvoirs puisque c'est lui qui choisit le Premier ministre, indépendamment de la majorité parlementaire, et peut dans certains cas rejeter des lois. L'article 88 prévoit que le président ne peut être élu que pour deux septennats, mais l'article 155 précise que ces dispositions ne s'appliqueront qu'à partir de la prochaine élection présidentielle prévue en 2014, ce qui permet en théorie à Bachar al-Assad de rester au pouvoir encore 16 ans.
Refusant d'admettre l'ampleur de la contestation, le pouvoir se targue de l'appui de son peuple pour venir à bout de la révolte assimilée à du «terrorisme» mené par des «gangs armés à la solde de l'étranger».


