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Taïwan s'immisce dans la crise sino-japonaise

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Taïwan s'immisce dans la crise sino-japonaise

Le Monde.fr avec AFP | <time datetime="2012-09-25T07:53:40+02:00" itemprop="datePublished">25.09.2012 à 07h53</time> • Mis à jour le <time datetime="2012-09-25T09:46:46+02:00" itemprop="dateModified">25.09.2012 à 09h46   </time>
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<figure class="illustration_haut"> Un garde-côte japonais s'approche d'un navire taïwanais près des îles Senkaku (Diaoyu en chinois) le 25 septembre 2012. </figure>

Six navires des gardes-côtes taïwanais accompagnés de dizaines de bateaux de pêche sont entrés mardi 25 septembre dans les eaux territoriales japonaises au large des îles revendiquées par Taïwan ainsi que par la Chine, ont annoncé les gardes-côtes nippons. "Des dizaines de navires de pêche sont entrés dans nos eaux, accompagnés par six bateaux des gardes-côtes taïwanais", a expliqué un porte-parole des gardes-côtes japonais.

Certains des garde-côtes taïwanais transportent des troupes d'élite armées. D'après un responsable des gardes-côtes japonais cité par l'agence Jiji, les bateaux de pêche arborent des drapeaux et banderoles, dont l'une affiche : "Nous jurons de défendre les Diaoyutai", le nom taïwanais des îles Senkaku. "Ils ne semblent pas pêcher", a ajouté ce responsable nippon.

<figure class="illustration_haut"> Cette vue aérienne montre la présence de navire de gardes-côtes japonais, de marins taïwanais et de gardes-côtes taïwanais dans les eaux japonaises proches des îles Senkaku (Diaoyu en chinois). </figure>

Ces navires font partie d'une flottille d'une cinquantaine de bateaux de pêche escortés d'une dizaine de garde-côtes qui a quitté l'île de Taïwan lundi, afin d'affirmer la souveraineté de Taipei sur l'archipel des Senkaku. Lorsqu'ils sont arrivés à proximité des eaux territoriales japonaises, les garde-côtes nippons ont prévenu ces bateaux taïwanais qu'ils ne devaient pas aller plus loin. Mais un garde-côte taïwanais a répondu par radio : "Ce sont les eaux de la République de Chine [nom officiel de Taïwan] et nous sommes ici de plein droit". La limite des eaux territoriales s'étend à 22 kilomètres au large des îles.

LES NAVIRES CHINOIS PATROUILLENT

Ce groupe d'îles inhabitées, situé à 200 kilomètres au nord-est de Taïwan et à 400 km à l'ouest d'Okinawa, au sud du Japon, est à l'origine d'une forte montée de tension entre le Japon, qui les contrôle, et la Chine et Taïwan. Outre les garde-côtes japonais et les différents navires de Taïwan, cinq navires chinois croisaient près de la zone, à la limite des eaux territoriales japonaises.

 

Quatre bateaux de surveillance maritime et un navire de l'administration des pêches chinois voguaient à proximité vers 7 heures (minuit, heure de Paris), ont précisé les gardes-côtes japonais. La veille, deux bateaux de surveillance maritime chinois avaient vogué pendant sept heures dans les eaux territoriales nippones près d'Uotsurijima, la plus grande des cinq îles de l'archipel. Deux navires chinois de l'administration des pêches étaient aussi brièvement entrés dans ces eaux.

Lire : Incursion de trois navires chinois dans les eaux japonaises

Outre leur indéniable valeur stratégique, ces îles pourraient receler des hydrocarbures dans leurs fonds marins. La tension a brusquement grimpé au début de septembre, lorsque le gouvernement japonais a racheté trois d'entre elles à leur propriétaire privé nippon. Pékin avait immédiatement décidé d'envoyer des navires vers le petit archipel, tandis que démarrait une semaine de manifestations antijaponaises, parfois violentes, à travers la Chine.

Ces manifestations ont rassemblé des dizaines de milliers de personnes dans des dizaines de villes, dont Pékin, jusqu'à la mi-septembre, contraignant de grands groupes japonais, notamment automobiles, à provisoirement stopper leur production totalement ou partiellement en début de semaine dernière. Les autorités chinoises ont finalement sifflé la fin de ces protestations de rue, tout en restant sur la même ligne quant au fond du contentieux territorial.

MISE EN GARDE DE LA CHINE

La Chine a ainsi décidé dimanche de "repousser" une cérémonie qui devait marquer le 40e anniversaire de la normalisation des relations entre la Chine et le Japon, initialement prévue le 27 septembre. Pour tenter de faire baisser la tension, le Japon a envoyé lundi à Pékin son vice-ministre des affaires étrangères, Chikao Kawai.

Mais, mardi, la Chine a mis en garde le Japon. "La Chine ne tolérera jamais aucun acte unilatéral du Japon qui porterait atteinte à sa souveraineté territoriale", a averti le vice-ministre des affaires étrangères, Zhang Zhijun, selon un communiqué diffusé sur le site Internet du ministère. "Le Japon doit renoncer aux illusions, entamer une réflexion et prendre des mesures concrètes pour réparer ses erreurs, revenir au consensus et aux accords conclus par les dirigeants de nos deux pays", a-t-il poursuivi. Pour le diplomate chinois, les prétentions japonaises sur l'archipel de mer de Chine orientale représentent une "grave remise en cause des faits historiques et de la jurisprudence internationale".

</article> Incident diplomatique entre la Corée du Sud et le Japon à propos d'autres îles

La Corée du Sud a refusé l'entrée d'un navire militaire japonais dans un de ses ports durant des exercices militaires conjoints avec l'Australie et les Etats-Unis, une information de presse rapidement démentie par Séoul. Selon la télévision publique japonaise NHK, Tokyo a protesté auprès de Séoul après ce refus qualifié d'"extrêmement grossier" par un diplomate cité par un quotidien nippon.

Ces manœuvres navales quadripartites, qui ont lieu pratiquement tous les ans depuis 2003, sont censées se dérouler mercredi et jeudi, et leur objectif est de fournir une réponse coordonnée à de possible trafics d'armes de destruction massive, selon des responsables de la défense japonaise. Le ministère sud-coréen a précisé qu'il avait "finalement été convenu [entre les deux pays] que le navire japonais se rendrait directement du Japon sur la zone des manœuvres sans faire escale" à Busan.

Depuis la mi-août, les relations entre la Corée du Sud et le Japon sont tendues, à la suite de la visite du président sud-coréen sur des îles revendiquées par Tokyo en mer du Japon. Pour Séoul ces îles qu'elle contrôle s'appellent "Dokdo", pour Tokyo il s'agit de "Takeshima". Tokyo n'a pas digéré la visite du président Lee Myung-bak sur ces îles peu peuplées ni ses déclarations exigeant de l'empereur du Japon, Akihito, des excuses solennelles pour les atrocités commises par les forces  japonaises pendant l'occupation.

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