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Par Alain Barluet Mis à jour <time class="updated" datetime="05-03-2013T20:32:00+02:00;">le 05/03/2013 à 20:32</time> | publié <time datetime="05-03-2013T19:31:00+02:00;" pubdate="">le 05/03/2013 à 19:31</time> lien

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Trois semaines après l'essai nucléaire, le troisième depuis 2006, réalisé par Pyongyang, la péninsule coréenne est à l'épicentre d'un regain de tensions. Aussitôt condamné par l'ONU, le test du 12 février a ouvert la voie à de longues tractations entre l'ambassadrice américaine aux Nations unies, Susan Rice, et son homologue russe, Vitali Tchourkine, en vue d'un projet de résolution renforçant les sanctions contre la Corée du Nord. Ce texte, examiné depuis mardi par le Conseil de sécurité réuni en urgence par sa présidence russe, pourrait être adopté «d'ici la fin de la semaine», laissait-on entendre à New York.
Cette initiative a coïncidé mardi avec un nouveau coup de menton de la Corée du Nord, qui s'est dite prête, via son agence de presse officielle, à dénoncer l'armistice de 1953, qui avait mis fin aux trois années de guerre meurtrière avec le Sud, si les manœuvres militaires annuelles menées par les États-Unis et la Corée du Sud depuis le 1er mars ne cessaient. Une rhétorique inédite, très menaçante, revenant pour le régime nord-coréen à dire qu'il pourrait ne plus se sentir lié par la suspension de facto des hostilités avec le Sud.
Le projet de résolution dévoilé mardi accroît la pression déjà mise sur Pyongyang pour l'inciter à abandonner son programme nucléaire et ses provocations. Sous chapitre VII de la charte des Nations unies, ce qui suggère des moyens contraignants, le texte alourdit et élargit les sanctions, notamment en ce qui concerne l'inspection et la confiscation des cargaisons de marchandises interdites ainsi que les restrictions de financement qui touchent déjà dix-sept entités nord-coréennes, notamment des banques et des sociétés de courtage.
Comme souvent, cette poussée de fièvres s'accompagne de signaux contradictoires. Fin février, Kim Jong-un accueillait pour deux jours dans sa capitale un hôte américain très médiatique, Dennis Rodman, ex-basketteur star de la NBA. Qualifiant le dirigeant nord-coréen d'«ami pour la vie», le sportif américain (2,35 mètres, cheveux teints et piercings faciaux…) en a aussi profité pour délivrer un témoignage aux allures d'appel au dialogue: «Kim Jong-un n'attend qu'une seule chose, un appel d'Obama», a-t-il dit à la chaîne ABC. Un message peut-être adressé à John Kerry, qui, lui aussi, se déclarait en 2009 favorable au dialogue avec Pyongyang. «En même temps, vis-à-vis de l'intérieur, Kim joue le durcissement pour asseoir son influence auprès des militaires», analyse un bon observateur.
Sur cet échiquier, le rôle de la Chine s'avère capital. En lien avec Washington, Pékin lance une mise en garde supplémentaire à son allié nord-coréen, sans sauter le pas qui consisterait à le lâcher. «Cela arrange toujours la Chine d'avoir un État tampon et un État client», relève une source proche du dossier.
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