Suivi quotidien, flash d'actualités touchant l'économie,culture,environnement, société, politique,poésie, l'international.
Thomson Angers a vécu. Avec elle disparaît la dernière usine de production en Europe du groupe français de matériel de télécommunications et audiovisuel Technicolor. Sa filiale angevine, qui emploie 350 salariés, a en effet été placée en liquidation judiciaire jeudi par le tribunal de commerce de Nanterre sans poursuite d'activité, a indiqué l'avocat du comité d'entreprise, Jean-Pierre Bougnoux.
Malgré une forte mobilisation locale, aucune offre de reprise n'a été présentée pour l'usine de fabrication de décodeurs numériques de Technicolor, à l'issue de la date limite fixée au 1er octobre par le tribunal de Nanterre. Au moins deux projets de reprise d'activité industrielle avaient été étudiés depuis le placement en redressement judiciaire de l'usine d'Angers le 1er juin dernier, dont celui du groupe électronique angevin Eolane qui visait à créer à terme une unité de production de composants photovoltaïques de nouvelle génération, avec la reprise de 80 salariés.
Jean-Claude Antonini, le président PS de l'agglomération d'Angers, avait indiqué mercredi dernier que la collectivité locale était prête à racheter le site industrielet l'outil de production de Technicolor. Et vendredi, la ministre déléguée aux PME, Fleur Pellerin, avait assuré aux salariés de Thomson Angers que France Télécom s'était engagé pour un plan de charge intermédiaire d'un an, afin de favoriser la concrétisation d'un projet de reprise.
D'où la colère que manifestaient jeudi quelque 250 salariés de Technicolor devant leur usine d'Angers. Dans un silence de plomb, ils ont mis le feu à un tas de palettes sur le boulevard passant devant l'usine et y ont jeté solennellement leurs blouses blanches. « Nous sommes en colère, depuis des mois. On a voulu nous embarquer, nous faire croire des choses et au bout du compte il n'y a rien du tout. Le but de Technicolor, c'était de faire semblant », a déclaré lors de la manifestation une représentante de l'intersyndicale CGT-CFDT-CFE/CGC, Martine Guilbert.
Les salariés ont annoncé leur intention d'occuper le site pour obtenir de Thomson des primes supralégales de licenciement, négociables durant deux semaines. « On va rester dans cette usine, on ne va pas la lâcher: on a 15 jours pour mettre la pression sur Technicolor », a déclaré Mme Guilbert.