Serge Dassault le 17 octobre 2013 lors d'une convention de l'UMP. © Maxppp - Christophe Morin
Suspect numéro 1 dans une tentative d'assassinat à Corbeil-Essonnes (Essonne), Younès Bounouara, proche de l'ex-maire Serge Dassault, s'est rendu ce mercredi. Il va pouvoir s'expliquer devant la justice sur ce règlement de comptes perpétré sur fond de rumeurs et soupçons d'achat de votes.
Proche de l'ex-maire de Corbeil-Essonnes Serge Dassault, Younès Bounouara avait à plusieurs reprises indiqué son intention de se rendre aux autorités. Par l'intermédiaire de son avocat mais également par voie de presse. Mercredi, il a tenu sa parole. Suspect numéro 1 dans une tentative d'assassinat perpétrée sur fond de rumeurs et soupçons d'achat de votes, il a été cueilli à sa descente d'avion à l'aéroport de Roissy, près de Paris, en provenance d'Algérie.
Les hommes de la direction régionale de la police judiciaire (DRPJ) de Versailles lui ont immédiatement signifié son mandat d'arrêt. Il était en fuite depuis le 19 février, date à laquelle il a tiré en plein Corbeil-Essonnes à trois reprises sur Fatah Hou, le blessant très grièvement. Aujourd'hui tiré d'affaire, ce boxeur amateur reste marqué physiquement et psychologiquement par ce que la justice a qualifié de tentative d'assassinat.
Younès Bounouara doit désormais être présenté aux juges du tribunal d'Evry en charge du dossier, en vue d'une probable mise en examen dans les prochaines heures. Si sa responsabilité sur les faits reprochés ne fait guère de doutes - il a agi en plein jour, à la vue et au su de nombreux témoins et a raconté la scène dans un entretien à l'hebdomadaire Le Point -, les dessous de ce règlement de comptes suscitent bien des spéculations.
Au coeur de nombreuses rumeurs
L'homme est en effet présenté comme l'intermédiaire, dans les cités sensibles de Corbeil-Essonnes, de Serge Dassault, maire de la ville de 1995 à 2009. Il est au coeur de nombreuses rumeurs sur un système d'achat de votes qu'aurait mis en place l'avionneur pour assurer la paix sociale dans les quartiers mais également son élection, puis celle de son successeur, Jean-Pierre Bechter.
Ainsi, dans un extrait d'une vidéo clandestine diffusé le 15 septembre par le site d'informations Mediapart, le sénateur UMP Dassault déclare: "Moi, j'ai donné l'argent. Je ne peux plus donner un sou à qui que ce soit", "Moi, j'ai tout payé, donc je ne donne plus un sou à qui que ce soit. Si c'est Younès, démerdez-vous avec lui".
Dans l'interview accordée au Point, M. Bounouara se défend d'avoir participé à un système d'achats de votes. Ce chef d'entreprise concède cependant avoir reçu de l'argent de l'élu dans le cadre d'un marché public estimé à près de 1,7 million d'euros.
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Auditionné pendant plus de quatre heures, le 14 octobre, par le trio de magistrats instructeurs en charge de ce dossier criminel, Serge Dassault a été placé sous le statut de témoin assisté pour "complicité de tentative d'assassinat". Une qualification "infamante", avait estimé un proche.
Parmi la pléiade d'enquêtes liées à Corbeil-Essonnes et à M. Dassault, une information judiciaire a été ouverte à Paris en mars 2013 pour corruption, abus de biens sociaux, blanchiment et achat de votes présumés aux élections municipales, entre 2008 et 2010.

