François Hollande visite aujourd’hui une prison immense : la Chine. Un laogaï à la mesure de la démesure du pays : 1 000 camps qui abritent plus de 7 millions de Chinois. Politiques et de droits communs. Un grand nombre sans jugement ou condamnés après des parodies de justice. La Chine est une dictature et revendique sans vergogne son «modèle politique». Mais, de ce goulag Hollande ne dira pas un mot. Depuis son arrivée à l’Elysée, le Président a remisé les droits de l’homme au magasin des accessoires. Bouteflika patron d’une Algérie sous la coupe des militaires et des services secrets est le meilleur de ses amis. Pas un mot sur la réalité du régime durant son dernier voyage fait littéralement main dans la main avec le président algérien. Même mansuétude à l’égard de Poutine qui met en prison les Pussy Riot, harcèle ses opposants et fait passer à tabac les journalistes osant critiquer le tsar.
L’Elysée défend ses silences au nom de la priorité donnée à l’économie et juge grandiloquentes et inefficaces les postures et incantations droit-de-l’hommistes. Le Président a tort. L’Allemagne de Merkel montre que l’on peut à la fois faire du commerce avec Pékin et défendre une certaine idée de la justice. Comment peut-on réclamer la liberté pour les Syriens ou les Tunisiens et la refuser aux Chinois ou aux Algériens ?
La France et sa diplomatie gagneront à défendre les Etats de droit toujours et partout. Publiquement.