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Qu’il pleuve, qu’il vente, qu’il canicule, il n’y a qu’une chose qui ne change pas dans la première semaine du Tour de France : ça chute. Ça tombe devant, derrière et au milieu. Lundi 6 juillet, lors de la troisième étape, qui a vu le peloton traverser la Belgique, c’est tombé sur le côté.
course neutralisée apres cette chute pic.twitter.com/y4ND1sFxsd
C’est tombé si vite et si fort que le peloton s’est arrêté pour panser ses plaies, que Fabian Cancellara a déjà perdu son maillot jaune et que Tom Dumoulin, qui pensait bien le récupérer, a abandonné. Au sommet du mur de Huy, qu’il connaît mieux que sa Catalogne natale, Joaquim Rodriguez, 36 ans et toujours aussi explosif, s’est imposé devant Chris Froome.
Le Britannique, vainqueur du Tour de France 2013, a même endossé le maillot jaune bien plus tôt qu’il ne le pensait. Tony Martin, deuxième à une seconde, a encore raté le plus beau des maillots à cause des bonifications (tous les classements sont ici).
Outre l’avantage psychologique, Chris Froome a pris du temps à ses adversaires : Tejay Van Garderen, Vincenzo Nibali et Nairo Quintana sont à 11 secondes ; Alberto Contador, à 18. Ajoutez à cela six secondes de bonification et on peut parler de la plus belle opération d’un sujet de sa Majesté en Belgique depuis le duc de Wellington à Waterloo il y a deux siècles.
Les Français eux, ont, vont être contents de retrouver leurs routes : Romain Bardet a peiné dans le mur (36 secondes déboursées) et Thibaut Pinot, lâché dans l’avant-dernière côte du parcours, perd à nouveau une minute et demie. Le leader de la FDJ voulait gagner un podium dans les Alpes, il l’a perdu au Bénélux.
La course neutralisée
Aussi passionnantes furent les trois minutes d’ascension du mur de Huy, c’est dans la banlieue de Namur et sur une route plate et droite qu’a eu lieu le gros du spectacle de cette troisième étape. Peu après 16 heures, une chute d’une violence rare a amené les organisateurs du Tour à prendre la décision, rarissime, de neutraliser la course une dizaine de minutes, à 53 kilomètres de l’arrivée.
Les coureurs ont évité le pire, certains manquant de peu de percuter à pleine vitesse un pylône. Le maillot jaune, Fabian Cancellara, emporté dans la chute, en a souffert, et n’a pas pu défendre ses chances à l’arrivée.
Cette chute, provoquée par une collision entre William Bonnet (FDJ) et un coureur qui se rabattait devant lui, a entraîné quatre abandons immédiats : Bonnet ; le Néerlandais Tom Dumoulin (Giant-Alpecin), troisième du classement général ; l’Australien Simon Gerrans (Orica-GreenEDGE) ; et le Russe Dmitry Kozontchuk (Katusha). Mais la liste des blessés ne s’arrête pas là.
Les organisateurs ont justifié l’arrêt du peloton par la nécessité de soigner les nombreux blessés. « Les quatre ambulances et les deux véhicules de médecins étaient bloqués pour les soigner. Il n’y avait plus aucune ambulance pour s’occuper des 120 coureurs jusqu’à la fin de la course », a expliqué Christian Prudhomme, directeur de la course, après l’étape.
C’est la cinquième fois dans l’histoire du Tour de France que la course est neutralisée, la dernière remontant à 1998, lorsque les coureurs avaient, d’eux-mêmes, posé pied à terre pour protester contre le traitement qui leur était réservé après l’affaire Festina.
Et demain, les pavés
Dans un premier temps, Christian Prudhomme, directeur de la course (ci-dessous en train de s’envoler), a demandé aux coureurs de ralentir, puis, constatant qu’il était difficile de contenir ces quelque deux cents coureurs survoltés, leur a demandé de mettre pied à terre.
Emmène-nous Christian. #TDF2015
Une fois le peloton regroupé, il a grimpé en convoi, à vitesse modérée, la côte de Bohissau, première ascension du Tour, neutralisée elle aussi. Cette décision établit un dangereux précédent, remarquait le patron de l’équipe Etixx-Quick Step, Patrick Lefévère, sur Twitter.
I will remember this. Every crash we will waiting during the #tourdefrance
Et l’événement de lancer un débat : faut-il neutraliser la course à chaque chute ? A chaque chute du maillot jaune ? A chaque chute de Fabian Cancellara, le porte-parole du peloton, qui avait lui-même fait neutraliser — officieusement — une étape du Tour de France en Belgique, en 2010, en raison des conditions climatiques ?